« Marie-Antoinette était condamnée d'avance »

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Auteur de plusieurs biographies best-sellers (Talleyrand, Fouché), Emmanuel de Waresquiel décrit avec brio le choc qu'a représenté le procès de Marie-Antoinette. Ce procès, écrivez-vous, est bien plus que celui d'une reine... Emmanuel de Waresquiel. Oui, c'est le procès des imaginaires, le choc brutal de deux mondes -- l'Ancien Régime et la République -- qui coexistent mais se haïssent. C'est aussi le procès d'une revanche sociale, où les « petits » parlent aux « grands » avec le sentiment de leur être enfin égaux. Au fond, juger la reine ne suffit pas. Le procès est aussi celui d'une femme. De pouvoir, donc perverse. D'une débauchée et d'une mère qu'on accuse d'inceste. C'est enfin celui d'une étrangère, la « putain autrichienne », la traîtresse. Contrairement au procès de son mari, qui avait eu droit au vote des députés, elle est jugée comme une prisonnière de droit commun. On lui dénigre le droit d'être reine, on l'humilie gratuitement. Pourquoi tant d'acharnement ? Elle est haïe depuis longtemps. Aux yeux des révolutionnaires, la déchéance physique de Marie-Antoinette, prématurément vieillie, renvoie à la noirceur de son âme. En salissant la mère, la Terreur inaugure un autre type de régicide : c'est le principe dynastique qui est mis à bas. Après avoir tué le roi, ils tranchent, à travers Marie-Antoinette, le cordon ombilical de l'hérédité monarchique. Elle était condamnée d'avance. Comment fait-elle face ? Avec un courage qui bluffera jusqu'à ses ennemis, et une détermination absolue. Je n'ai pas spécialement de sympathie pour cette femme enfermée dans son monde, mais de l'empathie et de l'admiration, oui ! Alors qu'elle a été abandonnée de tous, y compris de l'Autriche, elle cesse enfin de fuir. Ses prisons n'ont pas été seulement celles où l'a enfermée la Révolution. Versailles aussi. ...

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