Mariano Rajoy va adoucir l'austérité avec un peu de relance

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UN PEU DE RELANCE EN VUE EN ESPAGNE
UN PEU DE RELANCE EN VUE EN ESPAGNE

par Sarah Morris et Fiona Ortiz

MADRID (Reuters) - Le gouvernement espagnol est en train de préparer un ensemble de mesures fiscales destinées à soutenir la croissance de l'économie sans remettre en cause la priorité donnée à la réduction du déficit.

Le président du gouvernement, Mariano Rajoy, dont la popularité est au plus bas dans les enquêtes d'opinion, devrait présenter ce plan le 20 février, pour tenter de regagner la confiance des électeurs qui l'ont porté au pouvoir fin 2011.

A l'époque, il avait promis de réduire les déficits et de vaincre la défiance des investisseurs, des objectifs atteints, certes, mais la récession n'a fait que s'amplifier depuis, portant le taux de chômage à 26% fin 2012 et décourageant la consommation.

Les ventes au détail, en recul pour le trentième mois d'affilée, ont ainsi chuté de 10,7% en décembre par rapport au même mois de 2011 selon des statistiques officielles publiées mardi.

Elles souffrent notamment du relèvement de la TVA entré en vigueur en septembre et de la baisse des traitements des fonctionnaires. Une politique que les mesures prévues pour février devraient infléchir sans la remettre en cause.

"Il s'agit d'un plan de micro-politiques, concentré sur des secteurs précis", a souligné une porte-parole de Mariano Rajoy.

Elle a refusé d'en préciser le contenu et le coût mais elle a assuré que "d'aucune manière il ne fragilise notre engagement à réduire le déficit".

Le plan inclura des incitations fiscales pour les PME exportatrices, le développement d'un marché des billets de trésorerie pour les petites entreprises en quête de financements et une nouvelle ligne de crédit pour les entreprises, selon la presse.

DÉBAT AVEC MERKEL

La ministre du Travail, Fatima Banez, a déclaré à des journalistes lundi que les femmes de moins de 35 ans et les hommes de moins de 30 ans qui souhaitent créer une entreprise bénéficieraient d'une importante exonération de cotisations sociales ramenant celles-ci de 250 à 50 euros par mois.

La semaine dernière, lors d'un déplacement en Amérique du Sud, Mariano Rajoy a déclaré que le déficit public espagnol, qui devrait avoir atteint près de 7% du produit intérieur brut (PIB) en 2012, empêchait son pays d'investir.

Il a aussi annoncé la prolongation de la prime à la casse automobile de 2.000 euros par véhicule de plus de 12 ans, une mesure qui coûtera 150 millions d'euros.

Le Fonds monétaire international (FMI) et les dirigeants de plusieurs pays américains ont critiqué ces dernières semaines la priorité accordée à l'austérité budgétaire dans la plupart des pays de la zone euro, estimant qu'elle ne faisait qu'amplifier la récession.

De son côté, Mariano Rajoy a appelé les pays les plus solides de la zone euro, comme l'Allemagne, à faire davantage pour stimuler la croissance, un appel qui n'a pas rencontré de réel écho à ce jour.

Il a abordé la question lors d'un entretien avec la chancelière Angela Merkel la semaine dernière au Chili et prévoit de le faire de nouveau lors du sommet Allemagne-Espagne le 4 février à Berlin, a précisé sa porte-parole lundi.

En 2012, le gouvernement Rajoy a engagé pour environ 20 milliards d'euros d'économies budgétaires et l'effort prévu cette année devra être de même ampleur pour assurer la poursuite réduction du déficit.

Cette politique d'austérité a contribué à faire reculer les coûts de financement de la dette espagnole, tout comme l'aide de 40 milliards d'euros promise aux banques du pays par l'Union européenne.

Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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