Marge de manoeuvre limitée pour Rome dans la crise avec l'Egypte

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    par Crispian Balmer 
    ROME, 12 avril (Reuters) - L'Italie n'ira pas jusqu'à mettre 
en péril ses relations commerciales avec l'Egypte pour obtenir 
justice après l'assassinat d'un de ses ressortissant, en 
février, au Caire, mais pourrait tenter d'obtenir l'appui de 
Bruxelles et de ses partenaires européens, dit-on dans les 
milieux diplomatiques.      
    Giulio Regeni, un étudiant âgé de 28 ans qui travaillait sur 
les mouvements sociaux en Egypte, a disparu au Caire le 25 
janvier, jour anniversaire du soulèvement de 2011. Son cadavre 
portant des traces de torture a été découvert le 3 février au 
bord d'une route dans un faubourg de la capitale.  
    Rome, qui dénonce le manque de coopération des autorités 
égyptiennes, dont les services de sécurité sont soupçonnés 
d'être impliqués, a rappelé vendredi son ambassadeur en Egypte 
pour consultations, afin d'examiner les mesures à mettre en 
oeuvre pour faire toute la lumière sur cet "assassinat barbare". 
  
    Si la situation devait en rester là, le gouvernement de 
Matteo Renzi pourrait déconseiller l'Egypte aux touristes 
italiens et suspendre les échanges culturels, ce qui ne serait 
pas sans risques.  
    "Je ne pense pas que l'Italie puisse mettre les liens 
commerciaux en danger dans le climat économique actuel", estime 
Silvia Colombo, membre de l'Institut romain des affaires 
internationales.  
    Selon l'office égyptien des statistiques, elle était l'an 
dernier le quatrième partenaire commercial de l'Egypte, mais 
d'autres n'hésiteraient pas à prendre sa place en cas 
d'aggravation de la crise diplomatique. 
    Au-delà de l'enjeu commercial, l'Italie, comme ses alliés 
occidentaux, a besoin de l'appui du Caire pour régler la crise 
migratoire et le conflit libyen.  
    Pour l'ancien ambassadeur Sergio Romano, devenu 
éditorialiste du Corriere della Sera, "le gouvernement ferait 
mieux de porter cette affaire au niveau européen".  
    Federica Mogherini, porte-parole de la diplomatie 
européenne, a promis l'aide de l'UE pour permettre à Rome 
d'"obtenir la vérité" sur le décès de Giulio Regeni, sans 
préciser la forme de cette aide.  
    Le gouvernement italien, dit-on au ministère des Affaires 
étrangères, pourrait demander à ses 27 partenaires de l'Union 
d'exprimer leur préoccupation dans un communiqué commun. 
    Le président français François Hollande est attendu la 
semaine prochaine au Caire, où il devrait signer de gros 
contrats, notamment dans le secteur de la défense.     
 
 (Avec Ola Noureldin au Caire et Robin Emmott à Bruxelles, 
Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Tangi 
Salaün) 
 
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