Marée de drapeaux catalans dans les rues de Bruxelles pour "réveiller" l'UE

le , mis à jour à 19:05
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Des indépendantistes catalans manifestent à Bruxelles, le 7 décembre 2017 ( AFP / Emmanuel DUNAND )
Des indépendantistes catalans manifestent à Bruxelles, le 7 décembre 2017 ( AFP / Emmanuel DUNAND )

"Europe réveille-toi!" : des dizaines de milliers de Catalans pro-indépendance ont manifesté jeudi à Bruxelles pour interpeller l'UE, accusée de s'être rangée au côté de Madrid dans la grave crise politique qui secoue l'Espagne depuis deux mois.

Les manifestants étaient 45.000, selon un comptage de la police de Bruxelles, soit plus du double de l'estimation avancée la veille par les deux associations indépendantistes organisatrices.

Le président catalan Carles Puigdemont, destitué par Madrid après une tentative de sécession, s'est félicité de ce succès, dans une courte prise de parole à l'arrivée du cortège.

"Est ce que vous avez déjà vu quelque part dans le monde une manifestation comme celle-ci pour soutenir des criminels ? Non!", s'est exclamé le dirigeant indépendantiste, exilé en Belgique pour échapper aux poursuites judiciaires en Espagne.

Carles Puigdemont, le président destitué de la Catalogne salue les indépendantistes catalans qui manifes
Carles Puigdemont, le président destitué de la Catalogne salue les indépendantistes catalans qui manifestent à Bruxelles, le 7 décembre 2017 ( AFP / EMMANUEL DUNAND )

Il est inculpé avec une douzaine de dirigeants et d'élus indépendantistes d'avoir préparé pendant deux ans une tentative de sécession, en ignorant la loi et les décisions de la justice espagnole, notamment en organisant un referendum d'autodétermination reprimé par la police le 1er octobre.

Ce rassemblement était convoqué à deux semaines des élections régionales du 21 décembre en Catalogne, où M. Puigdemont est à nouveau candidat.

"On est venu demander à l'Europe de se réveiller et de voir qu'en Espagne il n'y a pas de démocratie", a expliqué à l'AFP Montserrat Mante, 73 ans, venue de Badalona, près de Barcelone.

"Il faut que les pays de l'UE forcent un peu (le chef du gouvernement espagnol Mariano) Rajoy au dialogue et à accepter le résultat d'un référendum quel qu'il soit", ajoute cette retraitée, coiffée d'un bonnet en laine pour affronter le vent froid.

Des indépendantistes catalans manifestent à Bruxelles, le 7 décembre 2017
Des indépendantistes catalans manifestent à Bruxelles, le 7 décembre 2017 ( AFP / Emmanuel DUNAND )

Les indépendantistes disent redouter la réaction de Madrid s'ils venaient à remporter les élections.

La foule, noyée sous une marée de drapeaux indépendantistes catalans --rayures jaune et rouge et étoile blanche sur fond bleu- s'est élancée peu avant midi (11H00 GMT) pour s'arrêter trois heures plus tard, toujours dans le quartier des institutions européennes.

"La démocratie? On la défend quand ça nous va bien", pouvait-on lire sous un portrait du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Les indépendantistes lui reprochent de s'être rangé au côté du gouvernement espagnol, qui a pris le contrôle de la Catalogne et destitué l'exécutif régional après la déclaration unilatérale d'indépendance du 27 octobre.

Une autre banderole établissait un parallèle entre l'attitude du chef du gouvernement Mariano Rajoy, en 2017, et celle de l'ex-dictateur espagnol Franco au début de la Guerre civile en 1936, interrogeant en anglais: "C'est ça les valeurs de l'UE ?"

- 'Des électeurs en visite' -

Des indépendantistes catalans manifestent à Bruxelles, le 7 décembre 2017
Des indépendantistes catalans manifestent à Bruxelles, le 7 décembre 2017 ( AFP / EMMANUEL DUNAND )

Globalement, l'ambiance était bon enfant dans le cortège, d'où s'échappaient parfois des airs de bombarde traditionnels. La couleur jaune, symbolisant le soutien aux séparatistes "prisonniers politiques", était omniprésente.

Le numéro deux de la Commission européenne, Frans Timmermans, interrogé par la presse, a évoqué l'attitude "très positive" et "très déterminée" des manifestants.

Mais il a rappelé les lignes rouges de Bruxelles, affirmant que "ce qui n'est pas permis dans l'Etat de droit, c'est de simplement ignorer la loi".

A Madrid, la vice-présidente du gouvernement conservateur espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, a souligné que les indépendantistes catalans qui font appel à l'Union européenne "n'hésitaient pas à la critiquer quand elle ne les soutient pas" et a ironisé sur la campagne électorale de M. Puigdemont.

"Habituellement, a-t-elle dit, les candidats en campagne vont chercher les votes des électeurs, cette fois il semble que quelques électeurs de M. Puigdemont ont dû aller lui rendre visite".

Carles Puigdemont et ses quatre ex-ministres réfugiés en Belgique ont annoncé mercredi leur intention d'y rester "pour l'instant". Madrid a retiré les mandats d'arrêt européens qui les visaient mais il seraient arrêtés s'ils retournaient en Espagne.

Profitant de jours fériés en Espagne, les manifestants avaient rallié la capitale de l'Europe en avion, en bus, mais aussi en camping-car ou en voiture. Alors que les hôtels de Bruxelles ont été pris d'assaut, certains ont trouvé un toit chez l'habitant, dans des familles flamandes ou wallonnes.

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  • Berg690 il y a une semaine

    scred +1

  • scred il y a une semaine

    Jean 648 forcé les gens aux mariage c'est le divorce garanti. comme je l'avais dis à l’époque tous ce que l'on cherche a unir par la force, finit par se désunir. il y a juste à espérer que cela ne soit pas dans la douleur. L' Europe en fermant les yeux ou à vouloir conserver cette union, en prend le chemin.

  • Pienegro il y a une semaine

    Leur drapeau ressemble étrangement à celui de Cuba non?

  • jean-648 il y a une semaine

    L'Europe unie, c'est le paix, l'Europe dissoute c'est la guerre. C'est au même prix sur la carte du menu.

  • schrett il y a une semaine

    Les corses ont plus de maturité politique, ils militent pour une autonomie tout à leur avantage. Les catalans ont 10a de retard. Les Basques ont su négocier habilement leur statut.

  • bordo il y a une semaine

    Et pour M3182284 qui a bien raison, la Catalogne ressemble effectivement au Venezuela, mais sans le pétrole. D'ailleurs pourquoi accueillir en Europe des gens assez radins pour dire qu'ils ne veulent pas payer pour l'Andalousie ? Pourquoi paieraient-ils alors pour la Creuse, la Sicile ou la Pologne ? Ces nationalistes-gau-chistes rappellent des souvenirs pestilentiels.

  • M7163258 il y a une semaine

    "L’Europe c'est dissoudre et non rassembler." ma berguette c'est vous qui miner l'Europe et qui êtes gaga devant les dictateurs et les assemblages souverainiste nationaliste et ultra gauche! Le mélange type qui a fondé le fascisme Italien de Mussolini et Français (de Jacques Doriot)

  • chrimes il y a une semaine

    ah bon , c'était pas pour johny ?

  • M3182284 il y a une semaine

    L’espagne C’Est l’eurOpe. La catalogne c’est le Venezuela

  • bordo il y a une semaine

    Au compteur des indépendantistes : 2 655 ont quitté la Catalogne.