Marchés : « Tout nuage n'enfante pas une tempête » (Amplégest)

le
5

Les investisseurs continuent de douter de l'économie américaine et chinoise, faisant de l'Europe une ''victime collatérale'', affirme Amplégest.
Les investisseurs continuent de douter de l'économie américaine et chinoise, faisant de l'Europe une ''victime collatérale'', affirme Amplégest.

Les marchés ne parvenaient toujours pas à trouver de direction claire jeudi 4 février, alternant les passages dans le rouge et dans le vert depuis le début de la journée. Dans ce contexte, la société de gestion Amplégest fait le point sur les sujets qui troublent les investisseurs.

Le mois de janvier 2016 restera pour les marchés financiers un épisode difficile, marqué par une montée du pessimisme et de la volatilité. Il vient après une fin d’année 2015 qui avait déjà vu un repli marqué des indices. On sait que les catalyseurs de cette baisse sont la situation en Chine et la chute excessive des prix du pétrole. Face à cette situation, nous sommes conduits à nous interroger sur notre scénario macro économique.

Et si les marchés avaient raison et nous annonçaient une inflexion importante de l’économie mondiale ?

La première question porte naturellement sur l’économie américaine. L’Amérique se dirige-t-elle vers une récession en 2016 ? Précisons tout d’abord qu’il n’y a jamais eu de récession précédée d’un contrechoc pétrolier. Pourtant les tenants de cette thèse précisent que le pays est déjà en recul industriel et que cela débouchera, inéluctablement, sur un recul global. L’investissement restera faible, le marché de l’emploi se retournera et la consommation ne pourra continuer à être la locomotive de l’économie.

Leurs opposants rétorquent que l’industrie ne représente qu’une petite partie du PIB. Les services restent dynamiques et rien n’indique qu’ils seront impactés. La hausse des salaires devrait pérenniser une consommation solide, d’autant plus que la hausse récente du taux d’épargne donne des marges de manoeuvre. L’immobilier est par ailleurs toujours très dynamique.

Pour trancher, nous ne voyons pas à ce stade d’éléments qui nous conduisent à changer notre scénario : un ralentissement oui, mais pas de récession. En revanche, la baisse des marges des sociétés, et une évolution du partage de la valeur ajoutée en faveur du salarié, nous incitent à la prudence sur les actions américaines.

L’autre débat porte sur la Chine. Il est d’autant plus compliqué que la fiabilité des statistiques est faible et que les interprétations sont diverses. Nous persistons à penser que la Chine est en bas de cycle économique. La tendance est à la stabilisation, avec tous les moyens étatiques déployés vers cet objectif. La transformation du modèle économique chinois est un exercice périlleux, sans grande visibilité, provoquant d’importantes erreurs de communication du gouvernement. Il est logique qu’il suscite des interrogations, voire des fantasmes. Le vrai risque, à nos yeux, est une dévaluation plus importante du yuan (non voulue par les autorités mais déclenchée par la spéculation) qui pourrait entraîner une guerre des changes préoccupante.

L’Europe, comme souvent, devient une victime collatérale de cette situation. Au moment où l’économie redémarre, avec des perspectives favorables pour les sociétés et une BCE très proactive, les marchés décrochent dans le sillage de leurs voisins américain et chinois. Les dernières statistiques nous incitent toujours à considérer notre continent comme la zone privilégiée de nos investissements en 2016.

Notre scénario central, en dépit de la récente tourmente boursière, n’a pas évolué : ralentissement aux USA, stabilisation en Chine, reprise modérée en Europe. Les cygnes noirs, comme le terrorisme, les flux migratoires, le brexit, les problèmes de gouvernance en Europe… nous incitent toutefois à la plus grande vigilance.

Les secousses boursières que nous vivons depuis plusieurs mois nous ont conduits à protéger davantage nos portefeuilles. Nous sommes peu présents sur le marché obligataire en raison du rapport rendement risque peu favorable. La gestion alternative et le cash ont, en revanche, bien joué leur rôle protecteur.

« Tout nuage n’enfante pas une tempête » disait Shakespeare. Rallions nous à sa sagesse tout en restant sur le pont.

Emmanuel Auboyneau, gérant associé chez Amplégest et Xavier d’Ornellas, gérant associé, pôle gestion flexible chez Amplégest

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • JUFRABRE il y a 10 mois

    La pluie tombe, les spéculateurs spéculent et les petits porteurs quittent la bourse.... Tout va bien ;-)

  • M2286010 il y a 10 mois

    bambino, il faut lire les articles avant de les commenter. La citation est de Shakespeare...qui n'était pas chinois (pour info:il est mort maintenant...).

  • jbambini il y a 10 mois

    Quand les éléphants se battent, c'est toujours l'herbe qui est écrasée

  • tttt9 il y a 10 mois

    Le contraire existe aussi; l'effet papillon : Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?

  • unknown9 il y a 10 mois

    -20% depuis mi 2015 cela ne s'appelle pas un "nuage"