Marchés-Premier reflux des pétrodollars en 18 ans - BNP

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LONDRES, 3 novembre (Reuters) - Les pays exportateurs de pétrole vont cette année retirer des "pétrodollars" des marchés financiers internationaux pour la première fois en près de deux décennies, montre une étude de BNP Paribas. Le cours du baril de Brent a chuté de 23% depuis le début de cette année, qui devrait être la deuxième à enregistrer une baisse du prix de l'or noir depuis 2002 et interrompre ainsi des années de manne financière pour les grands pays exportateurs comme l'Arabie saoudite, la Russie, le Nigeria ou l'Angola. Une grande partie du produit de leurs exportations se retrouvait sur les marchés financiers internationaux contribuant à soutenir les cours des actifs et à maintenir de bas coûts de financement au travers des mécanismes de recyclage des pétrodollars. Cette année, les pays exportateurs de pétrole devraient toutefois être emprunteurs nets sur les marchés de capitaux pour un montant de 7,6 milliards de dollars. A titre de comparaison ils étaient exportateurs nets de capitaux pour un montant de 60 milliards de dollars en 2013 après 248 milliards en 201é, selon les calculs effectués par BNP Paribas. Graphique sur les flux de pétrodollars et leurs origines depuis 1997 : http://link.reuters.com/few33w Le recyclage des pétrodollars a atteint un pic de 511 milliards de dollars en 2006, selon BNP Paribas. "Au pic, environ 500 milliards de (pétro)dollars étaient recyclés via les marchés financiers. Cela va être la première année depuis longtemps que les exportateurs d'énergie vont siphonner des capitaux", a dit David Spegel, responsable de la recherche sur les dettes souveraines et d'entreprises émergentes chez BNP Paribas. Les exportateurs de pétrole retirent désormais des liquidités des marchés financiers plutôt qu'ils n'en apportent, ce qui pourrait entraîner une hausse des coûts de financement pour les Etats, les entreprises et in fine les ménages, l'argent se faisant plus rare. Spegel reconnait que les montants nets retirés sont faibles. Mais il ajoute: "Ce qui est intéressant, c'est qu'ils retirent plutôt qu'ils n'apportent des capitaux qui font bouger la liquidité mondiale. Si les cours du pétrole continuent de baisser dans les années à venir, les producteurs d'énergie auront besoin de plus de capitaux, même pour simplement rembourser leurs dettes obligataires." Le renversement est largement le fait de la Russie et des ex-pays soviétiques dont BNP Paribas estiment qu'ils ont retiré 57 milliards de dollars des marchés de capitaux internationaux. Les entreprises russes ont été écartées des marchés financiers internationaux du fait des sanctions imposées par les pays occidentaux dans le cadre de la crise ukrainienne. Elles doivent de plus en plus se reposer sur leur trésorerie et in fine sur des financements de la banque centrale pour le remboursement de leur dette extérieure. (Chris Vellacott, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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