Marchés : « Les vents contraires semblent se dissiper » (BFT IM)

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Les fondamentaux économiques s'améliorent et expliquent la disparition progressive des craintes des investisseurs depuis plusieurs semaines, affirme Michael Aflalo.
Les fondamentaux économiques s'améliorent et expliquent la disparition progressive des craintes des investisseurs depuis plusieurs semaines, affirme Michael Aflalo.

Les marchés restent volatils mais les fondamentaux économiques semblent commencer à s’améliorer par rapport au début d’année. Les indicateurs d’activité retrouvent des couleurs aux Etats-Unis et la surabondance d’offre de pétrole pourrait se tarir, explique Michael Aflalo (BFT IM).

Malgré de régulières rechutes, à l’instar de celle du jeudi 17 mars en matinée ou du jeudi 10 mars en soirée, les indices boursiers semblent continuer à reconquérir progressivement le terrain perdu en début d’année, au cours duquel les doutes avaient envahi les investisseurs.

Les marchés reviennent en effet de loin. « Le 11 février dernier, le marché des actions de la zone euro affichait une performance négative de pratiquement 18% et les spreads de crédit sur l’indice "high yield" de la zone euro touchaient quasiment 500 points de base [5%]. Depuis, les marchés ont repris quelques couleurs » rappelle Michael Aflalo, Directeur des Gestions chez BFT Investment Managers, dans une note d’analyse des marchés diffusée jeudi 17 mars.

Les indicateurs économiques américains s’améliorent

Depuis, les craintes économiques se sont partiellement résorbées. « On a pu constater une accalmie [sur les marchés] après la mi-février, principalement due à une remontée du cours du pétrole et à des statistiques macroéconomiques plus optimistes en provenance des Etats-Unis », explique-t-il.

« Concernant le pétrole, le marché a interprété positivement le fait que d’importants pays producteurs aient annoncé le gel de leur production, à la condition que d’autres fassent de même » rappelle le Directeur des Gestions de BFT IM. Une nouvelle réunion devrait d’ailleurs avoir lieu le 17 avril prochain entre l’Opep et certains pays non-membres de l’organisation pour convenir d’une poursuite du gel de la production, voire d’un abaissement de celle-ci pour retrouver un meilleur équilibre entre l'offre et la demande d'or noir.

Les indicateurs relatifs à la conjoncture économique des Etats-Unis, moins commentés que les fluctuations du pétrole, ont également beaucoup participé à l’accalmie de la situation après avoir mis le feu aux poudres en janvier. « Après un début d’année marqué par plusieurs statistiques en retrait, les chiffres de l’économie américaine ont retrouvé le chemin de la hausse. A titre d’illustration, l’indice des surprises économiques de Citi est passé de -55 en février à -10 environ plus récemment », remarque Michael Aflalo.

D’autres indicateurs significatifs se sont retournés en territoire positif après avoir inquiété lors des mois précédents, à l’instar de l’indice « Empire State » (indice manufacturier) de la Fed de New York. Lundi dernier, cet indicateur est repassé en territoire légèrement positif après avoir campé en territoire largement négatif depuis le mois d’août 2015. C’est sans parler de l’inflation, qui poursuit son come back depuis quelques mois. L’inflation « core », excluant l’impact des prix du pétrole, a atteint 2,3% en rythme annuel aux Etats-Unis au mois de février, même si l’inflation « brute », incluant la variation des prix du pétrole, reste quant à elle plus faible (1% en rythme annuel).

BFT IM a renforcé son exposition aux marchés actions

Pour BFT IM, cette évolution positive du contexte économique global est une raison pour prendre de nouveau davantage de risques sur les marchés.

« Sur les marchés actions, après avoir assez sensiblement abaissé notre exposition au cours des six premières semaines de l’année, nous avons progressivement repris du risque pour nous repositionner autour de l’exposition de début janvier. Nous avons conservé un biais défensif via une exposition aux futures sur dividendes et aux valeurs moyennes et nous avons diversifié notre allocation géographique en renforçant l’exposition aux actions américaines et en introduisant des actions britanniques et émergentes. De plus, nous avons mis en place des postions relatives favorisant l’Italie et l’Espagne au détriment [des autres pays] du marché européen », détaille le Directeur des Gestions de BFT IM sans donner de noms de valeurs.

« Sur les marchés obligataires, nous avons continué de renforcer notre positionnement sur les taux d’intérêt. Nous avons ainsi ajouté de la sensibilité à nos portefeuilles au travers d’emprunts d’Etats français et italien, tant pour équilibrer les risques que pour profiter des baisses de taux attendues après l’intervention de la Banque Centrale Européenne », termine Michael Aflalo, qui affiche un optimisme à toute épreuve.

L’augmentation des montants de rachats d’actifs mensuels de la part de la BCE, annoncée le 10 mars dernier, pourrait en effet tirer à la baisse les taux du marché obligataire, même si ceux-ci sont déjà historiuement faibles. Pour rappel, sur le marché obligataire, lorsque les taux baissent, la valeur des obligations déjà cotées augmente. Les effets exacts du « QE » sur le marché obligataire restent néanmoins incertains : on avait assisté en avril-mai 2015, soit moins de deux mois après le lancement du plan de rachats d’actifs de la BCE, à une brutale remontée des taux obligataires à cause d’une hausse des anticipations d’inflation en zone euro, qui s’était révélée éphémère.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • ccondem1 il y a 10 mois

    L'éco US s'améliorerait au lendemain de l'annonce de la révision à la baisse du PIB 2016 US par la poule blanche de la FED herself !!! ;-)