Marchés : les ETF (trackers) sont de plus en plus utilisés par les investisseurs

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Les trackers français ont enregistré une forte collecte au premier trimestre, à l'inverse des OPCVM.
Les trackers français ont enregistré une forte collecte au premier trimestre, à l'inverse des OPCVM.

La collecte sur les ETF (trackers) de droit français a progressé de 5,1 milliards d’euros au cours du premier trimestre, accompagnant la hausse des marchés boursiers européens. À l’inverse, la gestion dite « active » a connu une décollecte de 4,1 milliards d’euros en France sur la même période.

L’organisme EuroPerformance, dont le rôle est de suivre la collecte d’épargne sur les différents véhicules d’investissement de droit français, a publié en fin de semaine dernière des données riches d’enseignements sur les choix d’investissements en France.

La gestion « passive » séduit les investisseurs

« Sans conteste, ce début d’année aura vu les ETFs prendre le dessus sur la gestion active », affirme ainsi EuroPerformance dans son communiqué de presse. « Toutes classes d’actifs confondues, les ETFs réalisent un formidable début d’année, enregistrant un peu plus de 5,1 milliards d’euros de collecte », alors que les fonds français gérés par des professionnels (Sicav et FCP notamment) ont au contraire enregistré une décollecte de 4,1 milliards d’euros.

Pour rappel, la « gestion passive » désigne le fait d’investir son épargne sur les marchés financiers à travers l’achat d’ETF (trackers), répliquant de manière mathématique la performance d’un indice boursier (éventuellement avec un effet de levier x2) ou la performance d’un panier d’actions appartenant à un secteur d’activité donné.

La « gestion active », au contraire, désigne le fait de placer son argent dans des fonds gérés par des investisseurs professionnels. Ces derniers peuvent afficher différents buts, au contraire de la « gestion passive », en essayant par exemple de battre régulièrement la performance moyenne du marché (ce qui est difficile), ou d’avoir une performance de long terme moins volatile que les indices boursiers.

EuroPerformance rend ainsi compte du fait que les investisseurs ont davantage eu tendance, au premier trimestre, à vouloir profiter de la performance des indices boursiers à travers des trackers sans passer par l’intermédiaire de gérants de fonds. Cela vient nourrir le débat apparu ces dernières années sur l’avenir de la gestion active face au développement des ETF de tous types, formant en quelque sorte des véhicules d’investissement « low cost » (bénéficiant de frais très réduits), et mieux diversifiés qu’une Sicav ou un FCP.

De nouveaux trackers apparaissent pour répliquer les performances obligataires

Toutefois, « sur la classe Obligataire, […] l’offre d’ETFs est loin de rivaliser avec celle de la gestion traditionnelle », relativise EuroPerformance. Pourtant, la tendance pourrait bientôt s’inverser. En effet, après les trackers indiciels et sectoriels basés sur les marchés Actions, on voit désormais l’apparition de nouveaux trackers répliquant la performance des marchés obligataires.

L’idée : permettre aux investisseurs d’accéder aux performances des marchés d’obligations « investment grade » (faible risque, faible rendement) ou « high yield » (haut risque, haut rendement) sans avoir à investir directement dans ces actifs ni à en diversifier soi-même les émetteurs.

Lyxor en tête du marché français des ETF en termes de collecte

Lyxor s’affiche comme un fleuron français en la matière. La société de gestion a par exemple lancé sur le marché le 23 avril dernier un nouveau tracker baptisé « Lyxor High Yield BB », répliquant la performance d’un panier d’obligations d’entreprises notées « BB » par les agences de notation. Relativement risquées, les obligations « BB » font ainsi partie de la catégorie « high yield », signifiant un rendement relativement élevé en contrepartie d’un risque de défaut également plus élevé qu’avec les titres « investment grade ».

Au début du mois d’avril, Lyxor avait déjà lancé un tracker baptisé « Lyxor Euro Investment Grade Lowest Rated Govt », répliquant la performance des obligations souveraines « long terme » (échéance > 25 ans) de pays européens relativement risqués, s’affichant dans le bas de la catégorie « investment grade ».

Aucune surprise, donc, à voir Lyxor en tête de la collecte d’épargne sur le segment des ETF dans le rapport d’EuroPerformance. L’organisme affirme ainsi : « les gammes du gestionnaire Lyxor AM raflent la mise, avec une collecte de l’ordre de +3,8 milliards d’euros. Ses concurrents Amundi et THEAM enregistrent des résultats respectifs de +880 millions d’euros et de +699 millions d’euros » sur le premier trimestre. « Les actifs gérés en ETFs de droit français rassemblent désormais 64,8 milliards d’euros », estime ainsi la même source.

La raison : éviter les taux bas des obligations les mieux notées

La multiplication des trackers sur des obligations relativement risquées s’explique par l’environnement de taux très bas, qui rend les obligations les mieux notées très peu attractives, alors que les obligations de notation intermédiaire peuvent encore offrir des rendements un peu plus élevés.

Attention toutefois pour les investisseurs : ceux-ci doivent être conscients que les obligations de la catégorie « high yield » sont globalement considérées comme des investissements spéculatifs.

X. Bargue

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