Marchés : « les banques centrales ont épuisé leurs cartouches » (SwissLife AM)

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Les marchés européens pâtissaient une nouvelle fois de la rechute des marchés chinois et des cours du pétrole mardi.
Les marchés européens pâtissaient une nouvelle fois de la rechute des marchés chinois et des cours du pétrole mardi.

Les marchés européens étaient de nouveau orientés à la baisse mardi matin, le CAC40 perdant 1,02% à 4.267 points à 11h, après avoir perdu plus de 2% en début de séance. Le Dax allemand perdait pour sa part 0,79% à la même heure, tout comme le FTSE 100 qui perdait 1,44% à 10h45. Les raisons de cette rechute sont les mêmes qu’en début d’année : Chine et pétrole.

Chine : « le problème de fond n’est pas résolu »

Mardi, les marchés chinois ont perdu 6,42% à Shanghai et 7,12% à Shenzhen, l’indice phare CSI 300 ayant pour sa part abandonné 6,02%.

En Chine, « le problème de fond n’est pas résolu » commente Eric Bourguignon, directeur gestion taux chez SwissLife Asset Management. Aucun indicateur économique n’a pourtant été publié, qui aurait pu déclencher cette rechute. Le mouvement baissier de mardi traduit selon lui « une persistance du malaise » autour de la conjoncture économique chinoise, qui affecte les marchés depuis l’été dernier. Pourtant, ce malaise semblait s’être légèrement apaisé au cours des derniers jours, les marchés chinois ne s’étant plus fait remarquer depuis plusieurs séances.

Le mouvement de rechute des indices chinois s’est accompagné d’une légère dévaluation du yuan face au dollar, à 6.5821 CNY pour 1 USD. La dévaluation de la monnaie chinoise est un sujet très sensible sur les marchés financiers depuis août dernier.

Pétrole : le flou persiste

Le pétrole, qui avait rebondi en fin de semaine dernière, est pour sa part repassé sous les 30 dollars/baril mardi, perdant plus de 2% vers 9h20 avant de connaître un léger rebond depuis le début de la matinée. À 10h, le WTI s’échangeait à 29,65 dollars/baril, tandis que le Brent européen s’échangeait à 29,89 dollars/baril. Le flou domine largement sur les seuils de prix ainsi que sur le moment à partir duquel les prix du pétrole pourraient un jour ou l’autre rebondir significativement et se stabiliser.

« Il faut être très humble sur le sujet du pétrole », reconnaît Eric Bourguignon, qui souligne qu’il est impossible d’anticiper de manière précise les évolutions à venir des prix du brut. « Il y a aussi des enjeux politiques derrière tout ça », et le marché est ainsi « pollué par des éléments qui ne sont pas d’ordre purement économique et financier », précise-t-il.

Certes, « il y a des surplus du côté de l’offre de pétrole, mais ils ne sont pourtant pas considérables », analyse Eric Bourguignon. Pour ce dernier, la chute des prix qui s’observe en début d’année est excessive mais le moment du « retour à l’équilibre » est totalement imprévisible.

Les banques centrales « ont un peu épuisé leurs cartouches »

Les banques centrales américaine (Fed) et japonaise (BoJ) parviendront-elles à calmer les esprits mercredi et vendredi prochains, alors que toutes deux se réunissent à l’image de la BCE la semaine dernière ? Difficile à dire. « Les banques centrales sont dans un certain désarroi », explique Eric Bourguignon. « Elles sont déjà allées très loin en termes de baisse des taux et ont désormais moins de marges de manœuvre ».

La Fed, en particulier, a très peu de leviers à activer à court terme pour rassurer les investisseurs. « Il est difficile pour elle de s’engager dans un cycle de remontée des taux dans ce contexte de stress de marché, mais en même temps, le fait de rabaisser tout de suite ses taux serait une façon de renier sa précédente décision ». En somme, « les banques centrales ont un peu épuisé leurs cartouches », résume-t-il.

Les banques centrales ont poussé les agents économiques à s’endetter au cours des dernières années grâce à leurs taux très faibles, mais ce sont désormais les éventuels excès de dettes du secteur pétrolier qui inquiètent de nouveau les investisseurs. Il sera difficile de sortir de ce cercle vicieux en l’absence de rebond des cours du pétrole.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • luc00115 il y a 10 mois

    La solution aux dettes c'est l'arrêt de la manipulation des cours de l'or et par conséquent une dévaluation de toutes les devises vis-à-vis de celui-ci. Cette dévaluation permettra aux nations de combler leurs dettes en créant de la monnaie sans s'endetter.

  • indyta il y a 10 mois

    ineglités,paradis fiscaux..etc c est ca le cancer de la mondialisation;et si on regarde a la loupe, tous les acteurs prendront le retour de manivelle dans la tr0nche un jour ou l autre;nul ne sera a l abri!on constate des aujourdhui les premices en Chine..

  • indyta il y a 10 mois

    et au final, c est quoi la bonne question? c est comment repondre face a ces inegalités?deja, onn aura fait un grand pas.

  • indyta il y a 10 mois

    le probleme de la mondialisation, CE SONT LES INEGALITES entre les pays,sociales,financieres,etc;alors,, on peut toujours repondre a coté de la plaque,eh bien le resultat sera toujours le meme,Piketti a fait un exposé intelligent a ce sujet..lire l Express d il y a peu.

  • indyta il y a 10 mois

    bah oui..mauvaise reponse a ..rien...

  • angel001 il y a 10 mois

    C'est bon, maintenant que l'article est publié, tout peut remonter.

  • ppsoft il y a 10 mois

    Allez, payons maintenant très cher et de façon forcée l’assainissement des systèmes monétaire et financier qu'aucun politique n'a eu le courage de mettre en avant depuis 2008. La fuite en avant, au bout d'un moment, ça se paie au prix fort.