Marchés : le potentiel de hausse serait encore fort (Axa IM)

le , mis à jour à 17:50
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Les marchés boursiers européens seraient encore attractifs selon Axa Investment Managers.
Les marchés boursiers européens seraient encore attractifs selon Axa Investment Managers.

Pour Axa Investment Managers, les marchés boursiers européens ont encore un fort potentiel d’appréciation d’ici la fin de l’année. Avec le soutien de la BCE, tout devient possible.

Après un premier trimestre 2015 exceptionnel pour les marchés boursiers européens, les investisseurs ne cessent de se poser des questions sur la soutenabilité de ce mouvement. Faut-il rester investi, voire surpondérer encore les actions, ou au contraire oser « shorter » le marché en prévoyant une baisse des indices européens ? L’équipe d’Axa Investment Managers apporte des réponses.

« Don’t fight the ECB »

Pour Serge Pizem, responsable de la gestion multi classe d’actifs chez Axa IM : « il y a encore du potentiel » sur les marchés d’actions. Le mot d’ordre dans la période actuelle serait le suivant : « Don’t fight the ECB » (« N’allez pas à l’encontre de la BCE »), allusion à l’adage « Don’t fight the Fed » qui prévalait ces dernières années aux Etats-Unis. En résumé, tant que la Banque centrale est à la manœuvre, les marchés sont haussiers, et il faut en profiter.

Assiste-t-on pour autant à la formation d’une bulle susceptible de se dégonfler dès la fin du plan de relance de la BCE l’année prochaine ? Non, affirme toujours Serge Pizem : « il ne faut pas oublier que les entreprises européennes ont fait des efforts importants de restructuration depuis la fin 2008 pour rester rentables même en période de croissance zéro ». La fin du soutien de la BCE, attendu pour septembre 2016, pourrait ainsi n’avoir qu’un faible effet négatif sur la trajectoire de profitabilité des grandes entreprises.

Attention à l’excès d’optimisme

Malgré ce fort parti pris « bullish », Maxime Alimi, économiste au sein d’Axa IM, relativise tout de même : « Le regain d’optimisme des marchés contraste avec l’automne 2014, incitant à la prudence ». L’économiste est revenu en détails sur les perspectives des grands Etats européens, évoquant notamment ses doutes sur les perspectives économiques de la France, qui a encore besoin de réformes structurelles ambitieuses (voir l’article : France : « les réformes n'ont pas l'envergure nécessaire pour faire la différence »).

L’économiste tempère toutefois sa propre prudence. Certes, il serait tentant de remarquer une certaine similitude, sur le plan boursier, entre le début d’année 2015 et le début d’année 2014. En effet, les deux premiers trimestres de l’année 2014 avaient été soutenus en Europe par une hausse des prévisions de croissance, qui s’étaient finalement révélées trop optimistes à partir de l’été et de l’automne. La deuxième moitié de l’année 2014 avait ainsi été marquée par un effacement total des performances de la première moitié. Mais l’histoire ne se répète pas toujours, et surtout, cette fois-ci, la BCE est véritablement à la manœuvre pour redynamiser plus concrètement l’économie européenne. L’optimisme pourrait donc rester de mise.

Serge Pizem préfère en revanche sous-pondérer les obligations européennes. « Les taux demeurent loin des fondamentaux » relève-t-il, et les rendements associés aux primes de risques seraient devenus trop faibles pour être intéressants.

Etats-Unis : toujours solides malgré les dernières statistiques

Par ailleurs, malgré les récentes inquiétudes liées au dollar fort, l’équipe d’Axa IM reste confiante vis-à-vis du dynamisme économique d’outre-Atlantique.

Certes, « l’économie a ralenti depuis la fin 2014, la météo pesant à nouveau sur l’activité ». Mais « cependant, la dynamique sous-jacente reste bonne et le moteur de la consommation privée s’appuie sur des bases solides », affirme Maxime Alimi, qui rappelait également que « le marché du travail a quasiment retrouvé son niveau d’avant-crise ».

Taux directeurs de la Fed : vers une hausse paisible

Impossible de penser à la conjoncture américaine sans penser à l’évolution de la politique monétaire de la Fed. Sur ce point, Axa IM estime que la Banque centrale américaine fera tout pour que le relèvement des taux soit très progressif de manière à ne pas engendrer une baisse des marchés boursiers. Après une succession de plans de « quantitative easing » très ambitieux, on verrait mal la Fed brusquer le marché en se montrant trop restrictive sur sa politique de taux, relevait ainsi l’économiste d’Axa IM.

Selon ce dernier, la première hausse des taux serait plutôt pour septembre 2015. Surtout, « la normalisation devrait être beaucoup plus graduelle que dans les cycles précédents » précisait-il. Le niveau des taux directeurs devrait ainsi, à moyen/long terme, rester à un niveau bien plus faible que celui atteint en 2007.

À ce sujet, nous avions publié lundi un article sur le fait que le plus important, pour les investisseurs, est précisément de connaître la cible à long terme du rehaussement des taux américains. À l’heure actuelle, cette cible reste très floue (lire l’article).

Xavier Bargue

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  • alainccc le lundi 27 avr 2015 à 19:05

    Avec le soutien de la BCE, tout devient possible , la bulle peut encore enflée enflée , avec tous ces milliards fictifs jetés par la BCE aux banques . Par contre lors de l'effondrement , la note sera payée par les milliards réels détenus par les français , comptes livrets assurance vie ....

  • lopez69 le mardi 14 avr 2015 à 18:32

    En toute logique 100% sur l'année, bravo Supermario!

  • pierry5 le mardi 14 avr 2015 à 17:15

    Lehman Brother qui est volé en faillite, Fanny Maé, Fortis, Dexia, ING etc. que l'on a du sauver à coût de milliards, ont dit la même chose début 2008 et se sont retrouvé avec des centaines milliards de dérivés sans valeur.

  • TurbHaut le mardi 14 avr 2015 à 16:58

    Ainsi , la FED agit pour le marché, pas pour l'économie. C'est donc bien la queue qui remue le chien, en ce moment !