Marchés : « Le "Junk rally" touche-t-il à sa fin ? »

le , mis à jour à 18:35
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Les statistiques économiques américaines se sont légèrement dégradées au cours de la semaine dernière. Le Dow Jones semble une fois de plus plafonner aux alentours des 18.000 points.
Les statistiques économiques américaines se sont légèrement dégradées au cours de la semaine dernière. Le Dow Jones semble une fois de plus plafonner aux alentours des 18.000 points.

Le CAC40 a enregistré quatre séances de baisse la semaine dernière. L’indice semble buter sur les 4.600 points, et le Dow Jones sur les 18.000 points. Lyxor s’interroge sur l’éventuelle fin du mouvement haussier enregistré en bourse depuis le 11 février, qualifié de « junk rally ».

Sur les marchés boursiers, « la semaine dernière n’a pas été aussi réjouissante que les précédentes » résume David Ganozzi, gérant du fonds Fidelity Patrimoine, dans une note de marché hebdomadaire diffusée lundi 9 mai.

L’emploi américain a déçu

« Bien que contrastées, plusieurs publications économiques ont mis en lumière l'absence de redressement des fondamentaux. Les données macroéconomiques ont continué de dépeindre un environnement de croissance mondiale poussive, sans accélération ni ralentissement », commente pour sa part l’équipe de recherche multi-actifs de Lyxor, dans une note de marché également diffusée lundi.

Une « déception est venue de l’ISM manufacturier qui, à 50,8 points (contre 51,8 points en mars), fait ressortir une décélération de l’activité industrielle sur le mois écoulé », commente David Ganozzi de Fidelity. Mais aux Etats-Unis, ce sont surtout les chiffres mensuels du chômage, publiés vendredi, qui ont été jugés mauvais.

« La plupart des éléments du rapport mensuel sur les créations d’emplois a déçu, avec un chômage remontant à 5,0% [contre 4,9% auparavant], seulement 160.000 créations d’emplois dans le secteur non agricole [et] un taux de participation en légère baisse, à 62,8% [de la population en âge de travailler], soit la première baisse en neuf mois (…). Le ralentissement s’est concentré dans les secteurs du commerce et de la construction », explique pour sa part la société de gestion Legg Mason dans une note de marché diffusée lundi.

« Seuls rayons de lumière : les créations d’emploi dans le secteur manufacturier ont finalement augmenté, alors qu’elles étaient attendues en territoire négatif, et les salaires ont augmenté de 2,5% en glissement annuel, légèrement au-dessus des attentes » ajoute la même source.

Les marchés obligataires ont quant à eux encore profité du sentiment que la Fed n’augmentera pas ses taux directeurs avant un certain temps. « La probabilité d’une hausse des taux de la Fed en juin, reflété sur les marchés, est tombé de 10% à 4%, avec des chutes correspondantes pour juillet, septembre et novembre », commente Legg Mason.

Le "Junk rally" touche-t-il à sa fin ?

Prenant du recul sur l’évolution récente des marchés, Lyxor commente : « Depuis le début du mouvement haussier initié mi-février, la plupart des gérants ont dû faire face à un environnement particulièrement pesant. En effet, un contexte macroéconomique binaire, associé à des valorisations onéreuses, a entretenu une forte incertitude chez les investisseurs, les empêchant de prendre des positions très risquées ».

Du 11 février jusqu’à la fin du mois d’avril, « Le rebond s'est largement fondé sur le regain d'optimisme à l'égard de la reprise chinoise et mondiale, tandis que les marchés tablaient sur un statu quo de la Fed en matière de taux. Nous pensons que cet équilibre reste précaire » poursuit Lyxor, qui qualifie ce rebond de « junk rally ».

« Les politiques monétaires demeurent cruciales pour nombre d'actifs, celle de la Fed en particulier. Les réunions, les minutes et les commentaires des banques centrales sont à l'origine de rotations fréquentes du prix des actifs, qui ne facilitent pas les opérations d'arbitrage. La récente déception causée par la BoJ en a encore apporté la preuve » ajoute la même source.

« Dans ce contexte, la plupart des gérants d'actifs (traditionnels et alternatifs) ont hésité à participer au mouvement haussier, conservant des positions défensives. De ce fait, leurs rendements font de plus en plus pâle figure par rapport à ceux des indices de référence, avec une pression croissante quant à la génération d’alpha ».

La "génération d'alpha" désigne dans la théorie boursière la surperformance (création de valeur) qu'un gérant parviendra à dégager par rapprt à la moyenne du marché grâce à la qualité de ses analyses.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • psteels il y a 7 mois

    merci faites_c pour la lecon de bourse et la bonne tranche de rire

  • v.gehres il y a 7 mois

    Sous entendu : cela arrange les gérants, il faut que le marché baisse puisqu'ils ont raté le train précédent avec des positions trop défensives. Dans le texte "leurs rendements font de plus en plus pâle figure par rapport à ceux des indices de référence".... !!!

  • M6162927 il y a 7 mois

    cravete de drogue amoors ?

  • M6162927 il y a 7 mois

    on s'en tape encore un caharabia pouir ds rendre interrresant oins on pihge e ki dsient plus ya des gens qui ecoutenet

  • M6162927 il y a 7 mois

    moi ausi je touche a ma fin donc je fais quoi demain a 8h58 ?

  • M6162927 il y a 7 mois

    Oauis

  • paristhi il y a 7 mois

    Très bonne analyse de faites-c

  • faites_c il y a 7 mois

    "La "génération d'alpha" désigne dans la théorie boursière la surperformance (création de valeur) qu'un gérant parviendra à dégager par rapport à la moyenne du marché grâce à la qualité de ses analyses." La génération d'alpha étant très faible cela signifie simplement que les analystes sont des branl..rs qui s'y connaissent pas plus que vous et moi tout en criant très fort qu'ils sont extrêmement compétents!

  • psteels il y a 7 mois

    Qu'est ce que la "génération d’alpha" ?