Marchés : l'incertitude est de retour (Neuflize OBC)

le , mis à jour à 17:15
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Alternance de hausses et de baisses : les marchés sont indécis et Neuflize OBC souligne la résurgence de certains risques.
Alternance de hausses et de baisses : les marchés sont indécis et Neuflize OBC souligne la résurgence de certains risques.

Alors que les marchés européens  hésitent depuis plusieurs semaines sur la direction à suivre, Neuflize OBC souligne la résurgence de certains risques sur les places du Vieux Continent. Malgré cela, la société de gestion reste surpondérée à l’heure actuelle sur les marchés Actions.

« Les chiffres du premier trimestre en Europe, tant du côté des indicateurs économiques que des résultats d’entreprises, ont largement validé les anticipations optimistes du début de l’année », rappellent en premier lieu Didier Duret, directeur de la politique d’investissement chez ABN Amro, et Wilfrid Galand, directeur du conseil en investissement de Neuflize OBC.

Néanmoins, « il faut désormais trouver de nouveaux catalyseurs pour poursuivre cette marche en avant sur des bases solides. L’affaire s’annonce ardue car les trois moteurs de la hausse montrent des signes - relatifs - de faiblesse : les taux d’intérêt sont plus volatils même s’ils restent à des niveaux favorables, le dollar est revenu autour de 1,10 dollars pour un euro tandis que le cours du pétrole se rapproche de nouveau des 65 dollars le baril ».

Obligations sous-pondérées, mais actions européennes toujours surpondérées

Rappelant également le contexte incertain autour de la Grèce et de la croissance américaine, les deux auteurs poursuivent : « Dans ce cadre, le principal danger est de se laisser porter par les flux en espérant que l’élan du marché permette d’effacer les obstacles. Nous préconisons à l’inverse une démarche active de diversification entre et à l’intérieur des principales classes d’actifs. Dans cette optique, nous restons prudents sur les obligations, qui peuvent évoluer dans le même sens que les actions et qui sont volatiles ».

Malgré cette prudence, Neuflize garde une certaine confiance dans les actions européennes. « Nous apprécions toujours les actions, en particulier en zone euro, en raison des perspectives économiques intéressantes sur le Vieux Continent, en début de cycle de reprise. A titre de diversification, nous ne négligeons pas les sociétés de taille moyenne, souvent plus préservées des mouvements brutaux des flux internationaux de capitaux ».

Les prises de risques devraient toutefois être limitées à l’heure actuelle, soulignent les auteurs. « Malgré une rémunération faible, nous conseillons de conserver du cash dans les portefeuilles – via des liquidités, des fonds de trésorerie ou des fonds en euros de l’assurance-vie - pour limiter le risque et saisir les opportunités. De même, les instruments à volatilité très faible tels certains fonds diversifiés cherchant à limiter les impacts des mouvements de marché, ont leur place au sein d’une allocation d’actifs diversifiée dans un contexte où l’incertitude, tant économique que politique, est de retour ».

Incertitudes sur les effets de la politique monétaire à long terme

Dans la suite de la note de conjoncture de Neuflize OBC, quelques remarques importantes peuvent être soulignées.

« Aujourd’hui, les marchés sont normalement valorisés et présentent parfois les prémices d’une surévaluation », écrit pour sa part Olivier Raingeard, responsable de la stratégie d’investissement de Neuflize. « La poursuite de l’amélioration des perspectives de croissance de l’économie mondiale s’avèrera donc nécessaire pour justifier une appréciation supplémentaire des différentes classes d’actifs et, en particulier, des actions. Si cette hypothèse constitue notre scenario central, le chemin sera vraisemblablement parsemé de quelques embûches », explique-t-il.

Olivier Raingeard évoque ainsi la probabilité de consolidations passagères : « Les investisseurs seront vraisemblablement amenés à s’interroger de nouveau sur […] les politiques monétaires des banques centrales et sur d’éventuels risques d’ordre politique. Dit autrement, la volatilité devrait faire son retour au cours des prochains mois ».

Le responsable de la stratégie d’investissement de Neuflize s’interroge également sur une éventuelle situation d’« exubérance irrationnelle » des marchés européens, suscitée en début d’année par cette même politique monétaire accommodante. L’expression d’« exubérance irrationnelle » était celle de Robert Shiller (prix Nobel d’économie) à l’époque de la formation de la bulle internet au tournant des années 1990 et 2000.

« L’ampleur des politiques d’assouplissement monétaire menées ces dernières années a sans doute causé des distorsions sur les marchés financiers et la réaction de ceux-ci - et des économies en général - à un retour à la normale (attendu) est incertaine. Une croissance décevante pourrait en outre réveiller les craintes de déflation et raviver la crise de l’euro », relève quant à lui Han de Jong, chef économiste d’ABN Amro.

Ce dernier, malgré les incertitudes relevées à moyen-long terme, reste cependant très optimiste à court terme, affirmant : « les planètes restent alignées : la croissance devrait s’affirmer aux États-Unis tandis que la zone euro fait mieux que prévu. L’inflation faible et les politiques monétaires accommodantes stimuleront la croissance mondiale en 2015 et 2016 ».

X. Bargue

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