Marchés : l'actuelle crise des émergents n'est pas une crise mondiale (JP Morgan)

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La Chine et les émergents sont en difficultés économiques, mais tel n'est pas le cas des Etats-Unis et de l'Europe, affirme Patrik Schöwitz, stratégiste chez JP Morgan.
La Chine et les émergents sont en difficultés économiques, mais tel n'est pas le cas des Etats-Unis et de l'Europe, affirme Patrik Schöwitz, stratégiste chez JP Morgan.

Depuis trois mois, on s’inquiète du ralentissement de l’industrie chinoise et de ses impacts sur les autres économies du monde. Pour Patrik Schöwitz, stratégiste chez JP Morgan, les difficultés asiatiques sont bien réelles, mais leur impact restera réduit en Europe et aux Etats-Unis.

C’est un message prudent mais rassurant qu’envoie JP Morgan lundi 5 octobre dans une note de conjoncture hebdomadaire où s’exprime Patrik Schöwitz, stratégiste « Multi-Asset Solutions » chez JP Morgan.

Selon lui, la Chine et les émergents traversent des difficultés qui nécessitent une forte prudence à leur égard. Pour autant, les Etats-Unis, l’Europe et le Japon ne devraient être que marginalement affectés par cette crise, qui resterait donc « régionale » et non mondiale, contrairement à ce que les investisseurs ont pu craindre cet été.

Une crise des « émergents », pas des pays « développés »

Dans le cadre des actuelles difficultés chinoises, « la croissance du PIB mondial cette année et l’an prochain devrait être de plus en plus tirée par les États-Unis et l’Europe », affirme Patrik Schöwitz.

Le stratégiste estime en effet que « Les difficultés émanant des économies émergentes ne sont pas suffisamment fortes pour entraver les reprises actuellement en cours dans les économies développées. De même, la part de la Chine dans les bénéfices mondiaux s’est accrue régulièrement, mais à 10%, elle est très loin des près de 50% attribuables aux États-Unis et à l’Europe ».

Patrik Schöwitz affiche particulièrement sa confiance dans les fondamentaux de l’économie américaine : « Nous estimons que l’expansion économique actuelle aux États-Unis est suffisamment solide pour résister aux difficultés du monde émergent, et que la croissance satisfaisante qui prévaut dans ce pays va conduire la Réserve fédérale à annoncer en 2015 la première hausse de taux de ce cycle », affirme-t-il.

Surinterprétation du dernier message de la Fed

La question des taux de la Fed reste en effet particulièrement sensible au sein de la communauté financière. Le 17 septembre dernier, la Fed n’a pas relevé ses taux, entraînant de manière contre-intuitive une  baisse assez brutale des marchés actions. « La prudence du message de la Réserve fédérale américaine (Fed) lors de sa réunion de septembre [a] paru confirmer les craintes sur la croissance des économies développées », résume ainsi Patrik Schöwitz. Mais pour lui, ces craintes ne sont pas légitimes.

« Cette décision s’est révélée, à notre avis, trop accommodante, en contradiction avec l’amélioration de la teneur des statistiques américaines. Les marchés ont sur-interprété le message prudent de la Réserve fédérale qui était censé être une police d’assurance contre le risque de propagation à l’économie américaine de la faiblesse des marchés émergents (…), non sa confirmation ».

Prudence, malgré tout, du côté des investissements

Cette confiance se reflète sans surprise dans l’allocation d’actifs de JP Morgan. « Nous continuons de préférer les actifs des marchés développés à ceux des marchés émergents, et nous sommes surpondérés sur les actions américaines, européennes et japonaises », explique ainsi Patrik Schöwitz.

Néanmoins, la prudence domine dans l’actuel contexte volatil des marchés. « Si nous restons surpondérés en actions par rapport aux obligations dans nos anticipations à moyen terme (…), nous avons temporairement réorienté cette approche vers une position neutre. Nous avons de nouveau réduit le risque du portefeuille pour prendre en compte les interrogations accrues concernant la croissance ainsi que les signaux cohérents d’aversion au risque émis par nos modèles quantitatifs », reconnaît le stratégiste.

En somme, JP Morgan affiche sa confiance vis-à-vis des fondamentaux économiques européens et américains, mais préfère, à court terme, s’exposer avec prudence sur les marchés, en attendant que les troubles actuels se calment davantage.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • gadjo92 le mardi 6 oct 2015 à 01:52

    Sont trop forts chez JP...... avec notre pognon. ...mdr

  • olive84 le lundi 5 oct 2015 à 16:35

    mdr mdr mdr... la crise des subprimes n etait pas non plus une crise mondiale...au depart !!