Marchés : JP Morgan AM reste mitigée sur les actions après leur récent rebond

le , mis à jour à 18:15
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Malgré l'attrait retrouvé de nombreux investisseurs pour les marchés émergents, notamment asiatiques, JP Morgan AM conserve sa prudence.
Malgré l'attrait retrouvé de nombreux investisseurs pour les marchés émergents, notamment asiatiques, JP Morgan AM conserve sa prudence.

Depuis trois semaines, les marchés actions évoluent sans direction claire en Europe. Sur l’ensemble du mois de mars, le CAC40 n’a gagné que 0,7%. Aux Etats-Unis, le Dow Jones a en revanche gagné 7%. Face à ces performances inégales, la société de gestion JP Morgan AM reste prudente.

« Rétrospectivement, le premier trimestre peut être clairement scindé en deux phases distinctes », observe Thushka Maharaj, stratégiste chez JP Morgan AM, dans une note de marché hebdomadaire diffusée lundi 4 avril par la société de gestion.

En effet, « [Ce trimestre] a débuté dans un contexte d’aversion généralisée pour le risque provoquée par les inquiétudes sur la croissance mondiale, alimentée plus particulièrement par la perception d’un ralentissement aux États-Unis et en Chine. [Puis] un tournant décisif est survenu après un solide rebond des statistiques de ventes de détail aux États-Unis mi-février, qui a rassuré les marchés sur le fait que l’économie américaine n’était pas confrontée à une récession imminente », rappelle la stratégiste. Celle-ci précise : « le message rassurant des banques centrales et l’amélioration des statistiques sous-jacentes ont rasséréné les marchés et provoqué un rebond des actifs risqués ».

Retour en force des investisseurs sur les marchés émergents

Le rebond des marchés boursiers dans la seconde moitié du premier trimestre 2016 s’explique aussi du fait de la remontée des prix du pétrole. Les craintes relatives à la déstabilisation économique des pays producteurs se sont ainsi réduites. Au point que le mois de mars a été celui du retour en force de la thématique émergente pour certains investisseurs professionnels.

« Les estimations de l’IIF (Institute of International Finance) indiquent que les flux de capitaux non-résidents vers les marchés émergents ont bondi à un pic inédit depuis 21 mois de 36,8 milliards USD en mars : l’Asie émergente a attiré 20,6 milliards USD et l’Amérique Latine 13,4 milliards USD », mentionne Thushka Maharaj.

Ce rebond du pétrole est également corrélé au récent affaiblissement du dollar face aux autres monnaies mondiales. Le dollar faible profite aux exportations américaines mais aussi aux entreprises des pays émergents dont la dette est parfois libellée en dollars. Les indices boursiers américains ont en tout cas applaudi cette nouvelle donne. Le Dow Jones (+7,08% en mars) et le S&P 500 (+6,60% en mars), indices phares de Wall Street, ont largement surperformé les indices boursiers européens (+0,72% sur le CAC40, +1,28% sur le FTSE britannique et +4,95% sur le Dax30 allemand).

Prudence malgré tout

Pour autant, JP Morgan AM ne se laisse pas vraiment emporter par cet enthousiasme qui a permis aux indices boursiers de retrouver des couleurs après leur début d’année chahuté.

Thushka Maharaj explique : « Nous restons prudents quant à notre allocation d’actif. Une vision positive sur le contexte économique n’est pas suffisante pour justifier une opinion positive sur les actifs financiers risqués, compte tenu du niveau déjà élevé des valorisations et des inquiétudes sur le récent rebond ».

« Les prévisions [accommodantes] de la Fed sur les taux d’intérêts sont davantage un palliatif qu’une panacée pour les actifs émergents et les prix de l’énergie. Enfin, les fondamentaux sous-jacents [imprévisibles] vont une fois de plus dominer les marchés. Nous maintenons notre position sous-pondérée sur les marchés émergents par rapport aux marchés développés ».

JP Morgan AM reste favorable aux actions européennes malgré leur sous-performance

En termes d’allocation d’actifs, la stratégiste explique : « La prudence de nos prévisions (…) favorise notre prédilection pour les marchés de qualité comme le marché des actions des États-Unis. Nous sommes également positifs sur les actions européennes par rapport à leurs homologues japonaises, dans la mesure où nous interprétons la politique monétaire de la BCE comme un élément favorable à la demande intérieure. Cette opinion relative est bien placée pour se révéler profitable si la croissance mondiale s’améliore ».

Reste à savoir si la croissance mondiale pourra vraiment s’améliorer dans les mois à venir, alors que depuis le début de l’année, les perspectives de croissance mondiale sont régulièrement abaissées de quelques dixièmes de points par rapport aux prévisions précédentes (FMI, banques centrales).

Les bonnes surprises existent, y compris du côté des émergents : la croissance turque en 2015 a par exemple dépassé les prévisions du FMI. Mais depuis le début de l’année, les perspectives de croissance des pays émergents restent assombries, notamment avec une poursuite de la récession en Russie et au Brésil.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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