Marchés financiers : les 6 risques potentiels

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Marchés financiers : les 6 risques potentiels
Marchés financiers : les 6 risques potentiels

L'année 2013 commence calmement, très calmement... Commence-t-elle trop calmement ? Le VIX, l'indice de volatilité des actions américaines, reflète la perception du risque par les traders. Or il est actuellement au plus bas depuis début ... 2008. Outre le niveau absolu historiquement faible qui signifie que les traders d'options anticipent une faible volatilité des actions dans le mois à venir, la baisse continue depuis plus de 9 mois indique que les opérateurs de marché sont de plus en plus optimistes. Alors, ce calme sur les marchés est-il parti pour durer plusieurs années, comme cela fût le cas au cours des années 2003, 2004 et 2005 après la crise de la bulle internet ? Ou bien est-ce simplement le calme avant la tempête dû à un trop grand optimisme des opérateurs, comme ce fût le cas au cours des mois de janvier et février de l'année passée, quand les LTRO avait donné l'impression, fausse, que la crise des dettes souveraines était sous contrôle ? Il est encore trop tôt pour trancher, mais il faut rester vigilant. Par définition, il est difficile de prédire d'où viendra la prochaine crise. On peut néanmoins essayer de deviner, et même si l'exercice est périlleux, le faire a au moins l'avantage de faire en sorte que l'on reste sur le qui-vive... Dans une étude récente, Deutsche Bank identifie 6 sources de risques pour les marchés financiers. Les voici...

  • Etats-Unis : si les parlementaires ne parvenaient pas à trouver rapidement un accord sur le plafond de la dette, les marchés pourraient à nouveau s'inquiéter. Toutefois, on a vu lors de la discussion sur le Fiscal Cliff de décembre dernier, que les opérateurs sont maintenant habitués à ces négociations qui aboutissent à un accord au tout dernier moment. Ils n'avaient donc pas paniqué. Néanmoins, dans le pire scénario, si aucun accord n'était trouvé, l'Etat pourrait être paralysé quelques jours comme cela avait été le cas en 1995 et 1996 sous la présidence de Bill Clinton avec un Congrès majoritairement républicain. Cela aurait alors un effet néfaste sur le PIB du pays et sans doute aussi sur la confiance des acteurs économiques comme sur celle des investisseurs...
  • Europe : si la zone continue de s'enfoncer dans la récession, les tensions politiques pourraient devenir plus vives tout comme les sentiments anti-européen et anti-euro. On pourrait alors voir un gouvernement hostile à l'Europe remporter les prochaines élections en Italie, comme pourrait le faire craindre la campagne populiste anti-euro et anti-Allemagne lancée par M.Berlusconi si celui-ci n'était pas si loin dans les sondages. L'instabilité politique pourrait également frapper la Grèce et le sentiment anti-Euro le coeur de l'Europe si la France ou l'Allemagne s'enfonçaient dans la récession
  • La croissance mondiale pourrait pâtir d'un choc important dans une région économique. En effet, la croissance est actuellement fragile et est très faible un peu partout dans le monde, bien que légèrement positive au global. Mais il suffirait que soit la Chine, soit les pays émergents ne parvenant pas à se réformer, soit l'Europe se prenant les pieds dans les réformes, soit encore les Etats-Unis encore convalescents, s'enfoncent dans la récession pour que les autres zones soient entrainées à leur tour et que la croissance mondiale soit poussée en territoire négatif...
  • Un vent de panique sur les taux d'intérêt : les cassandres annonçant le krach obligataire du siècle ou l'hyper-inflation du millénaire sont sans doute fatigués de s'égosiller et commencent à comprendre que tant que la croissance ne sera pas de retour, les risques inflationnistes sont illusoires. Surtout, ils commencent à comprendre que le Quantitative Easing n'est PAS de la création monétaire, la masse monétaire M3 ayant progressé seulement modestement au cours des dernières années. Toutefois, les politiques ultra-accommodantes des banques centrales pourraient faire ressurgir ces craintes durant l'année, surtout si des signes d'inflation (comme en Chine actuellement) ou de retour de la croissance au second semestre, se faisaient sentir. Le risque est alors de voir les opérateurs paniquer, et que dans un mouvement de panique ils vendent leurs obligations, faisant violemment remonter les taux... puis baisser les prix des actions...
  • La Chine : la Chine est dans une année cruciale notamment en raison du changement de dirigeants, comme nous l'avions évoqué en début d'année. La croissance devrait rester soutenue mais moins qu'avant et dernièrement des craintes d'inflation refont surface. Mais ce qui est vraiment inquiétant est le niveau des créances douteuses au sein des banques du pays. Si le niveau des créances douteuses venait à augmenter, cela pourrait peser sur le bilan des banques, contraindre l'octroi de crédit aux entreprises et ainsi peser sur la croissance... (cercle vicieux bien connu en Europe...). La Chine est aujourd'hui la deuxième économie mondiale et un ralentissement plus important que prévu de son économie aurait sans aucun doute des effets néfastes à l'échelle mondiale.
  • Le prix du pétrole : si les tensions au Moyen Orient se sont légèrement apaisées ces dernières semaines, on a vu que le conflit au Mali pouvait avoir des répercussions malheureuses assez loin de la zone de conflit. Les tensions en Afrique du Nord et/ou au Moyen Orient sont donc, comme souvent, un risque potentiel qui pourrait pousser les prix du pétrole vers le haut. Surtout que le problème de l'Iran n'est pas réglé et qu'au Venezuela, avec les problèmes de santé d'Hugo Chavez, on pourrait également avoir une période d'instabilité politique néfaste pour les prix de l'or noir. Ce n'est toutefois pas notre scénario central, la production de gaz de schiste aux Etats-Unis et l'augmentation de l'offre, devant permettre de stabiliser les prix. Néanmoins, lorsque l'on catographie des risques, il ne faut pas exclure les pires scénarios...
  • Copyright photo : Photographer rednuht


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