Marchés financiers: "Le capitalisme français subit une dérive financiariste et spéculative" (Jean-Marie Le Pen)

le
0
Boursorama a envoyé 10 questions d'ordre économique à l'ensemble des candidats à la présidentielle.

6) Faut-il plus réguler les marchés financiers (taxes Tobin, taxe carbone...) et réglementer le pouvoir des hedge funds ?

Marie-George Buffet : Oui il faut réguler les marchés financiers et réduire la domination de leurs critères financiers sur les gestions des entreprises avec des mesures telles que la taxe Tobin, l'élargissement de la base de la taxe professionnelle aux actifs financiers, les cotisations sur les revenus financiers au même niveau que celles prélevées sur les salaires,... mais avant tout il s'agit de favoriser un type de financement alternatif favorisant l'emploi, la formation et le développement des capacités humaines plutôt que la rentabilité financière des capitaux.

Jean-Marie Le Pen : Nous considérons que le capitalisme français (et mondial) subit une dérive « financiariste » et spéculative. La finance doit être au service de l’entreprise et non l’inverse ! Nous proposons plusieurs solutions pour limiter la financiarisation de l’économie. Ainsi il faut redéfinir les relations « capital-entreprise » par la création, entre autres, d’un actionnariat de référence stable (par exemple à hauteur de 34%) dans les entreprises : le capital doit retrouver sa vocation initiale, à savoir assurer l’indépendance et la pérennité de l’entreprise. Par ailleurs, comme cela a été demandé par le haut responsable à l’Intelligence économique - mais non mis en place par le gouvernement - nous souhaitons qu’une loi anti-captation (comme aux Etats-Unis) soit votée dans le but de protéger nos grandes entreprises stratégiques de raids financiers éclairs en provenance par exemple de Chine ou d’Inde. Pour réguler, plus généralement les marchés financiers, beaucoup de mesures salutaires (suppression des programmes automatiques d’achat et de vente, etc..) devraient voir le jour... mais ce n’est réalisable qu’au niveau international, avec un accord des acteurs économiques mondiaux.

Ségolène Royal : Les marchés financiers sont indispensables à l’économie française et au financement de nos entreprises. En revanche, c’est le rôle de l’Etat de protéger les agents économiques contre une volatilité excessive de ces marchés. La régulation est donc naturelle et indispensable. Elle doit d’ailleurs se faire tant au niveau national qu’européen. Il en est de même pour les fonds d’investissements : on ne peut pas confondre les fonds qui prennent des risques et financent les entreprises de croissance et les fonds qui spéculent à très court terme sur des titres cotés ou des devises et qui peuvent, s’ils ne sont pas contrôlés, accroître la volatilité et créer des bulles spéculatives. Il faut instaurer une plus grande transparence sur l’activité de ces « hedge funds ».

Dominique Voynet : La crise asiatique dans les années 90, puis la bulle Internet dans les années 2000 ont démontré que les marchés financiers n’assuraient pas la meilleure allocation des ressources possibles et étaient menés, par un principe mimétique, qui conduisait régulièrement à la formation de bulles spéculatives. Il est donc légitime d’introduire dans leur fonctionnement des régulations strictes. La taxe Tobin, la limitation de l’effet de levier des hedge funds... en font partie. Au-delà, je suis favorable à la démocratisation du système financier et en particulier du système boursier dont la privatisation et la concentration actuelle posent problème. Nous avons une démocratie politique, une démocratie sociale, mais pas de démocratie financière. Personne ne contrôle ce que les banques font de l’argent des épargnants. Des réformes importantes mais techniquement simples peuvent être réalisées : par exemple, je propose que toute société de gestion d’actifs des banques qui gère l’épargne de résidents français ait, dans son conseil d’administration, des représentants des syndicats, des ONG, des collectivités locales pour veiller à l’utilité sociale des investissements réalisés.

Olivier Besancenot : Taxe Tobin, oui. Taxe carbone, non car ce sont toujours les mêmes, les consommateurs modestes, qui paient. Il faut interdire les hedges funds.

Philippe de Villiers : Il n’est pas admissible de voir le capital prospérer à la bourse et le travail fuir en Chine.

Lire l'intégralité du questionnaire économique envoyé aux candidats

Nicolas Sarkozy (UMP), François Bayrou (UDF), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), Frédéric Nihous (CPNT), José Bové (Gauche antilibérale) et Gérard Schivardi (Candidat de Maires soutenu par le Parti des Travailleurs) n'ont pas répondu à ce questionnaire.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant