Marchés émergents : Comgest recommande la prudence

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Le PIB de la Chine (en PPA) est passé devant celui des Etats-Unis.
Le PIB de la Chine (en PPA) est passé devant celui des Etats-Unis.

 

La thématique émergente reste difficile à appréhender pour les investisseurs occidentaux. Pour 2015, la prudence et une très grande sélectivité s'imposent selon les recommandations de la société de gestion Comgest.

Le FMI vient de révéler que pour la première fois, le PIB de la Chine venait de dépasser celui des Etats-Unis (17 632 milliards de dollars vs. 17 416 milliards) selon le mode de calcul des parités de pouvoir d'achat (PPA). Si la nouvelle symbolique témoigne du basculement du monde en faveur des pays émergents, des déséquilibres considérables demeurent. Aujourd'hui, les pays émergents pèsent 86% de la population mondiale (14% pour les pays développés) mais la capitalisation boursière émergente ne représente que 10% de la capitalisation boursière mondiale ! L'investissement sur cette zone géographique reste soumise à la forte volatilité des flux de capitaux et de l'évolution des devises locales.  

Spécialiste des pays émergents, la société de gestion Comgest recommande la prudence pour 2015. « Si cette classe d'investissement reste très prometteuse à long terme, des ajustements sont possibles l'an prochain pour nettoyer certains excès » estime Wojcieh Stanislawski, gérant du fonds Magellan chez Comgest. Le fonds affiche une progression de 19% sur un an, contre +13% pour le MSCI Emerging Markets, l'indice de référence. « C'est un portefeuille largement tourné vers le consommateur final des pays émergents : Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud etc.. » estime Wojcieh Stanislawski. Parmi les valeurs entrées en 2014 en portefeuille, le gérant cite l'équipementier télécoms indien Bharti Infratel, le « facebook » russe Mail.ru, le producteur chinois de contenus informatiques Netease ou encore le géant indien de l'informatique Infosys « sorti d'une profonde phase de restructuration après une période de mauvaise gestion ».

La Chine pèse 19% du portefeuille contre 15% pour l'Inde et 14% pour le Brésil fin novembre 2014. En Inde, la faiblesse des infrastructures et la réglementation trop lourde freinent la croissance mais le gouvernement actuel entend mener des réformes assez profondes qui devraient offrir de nouvelles opportunités d'investissement avec des rendements attractifs et soutenir la croissance des bénéfices. Idem en Chine où le ralentissement de la croissance peut être vu comme un assainissement nécessaire en vue de recréer les conditions d'une croissance plus durable : répression de la corruption, hausse des salaires, déréglementation des industries contrôlées par le gouvernement, évolution du système financier etc. Ces réformes devraient entraîner une concurrence plus saine et une transparence accrue. Emil Wolter, gérant du fonds Comest Growth Nouvelle Asie, identifie de son côté trois thématiques : la croissance de la classe moyenne en Asie (China Mobile, Mediatek), le développement des infrastructures (Bharti Infratel, Power Grid of India) et l'émergence d'acteurs asiatiques locaux (Infosys, Tata, Samsonite etc.).

Si les marchés émergents profitent généralement des périodes où le dollar s'affaiblit, le contexte de remontée du billet vert avec la hausse prévisible en 2015 des taux d'intérêts outre-Atlantique n'est pas un élément favorable pour les prochains mois. A plus long terme, la croissance à venir dans les pays émergents ne sera pas aussi forte que celle des quinze dernières années. Pour capter les opportunités de long terme, Comgest cherche donc à identifier les valeurs qui parviendront à dégager la meilleure rentabilité marginale du capital.

J.G

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  • j.sallio le mardi 9 déc 2014 à 20:20

    Nos grands élus nous demande d'être irréprochable face à l'impôt, mais eux s'offre le luxe d'avoir du retard ou d'être en irrégularité. Leur publication de patrimoine est une façon de donner le change.

  • j.sallio le mardi 9 déc 2014 à 20:17

    L'ancien responsable trésorier d'hollande peut en témoigner, si je me souviens bien il doit avoir une entreprise de papeterie aux Caïmans ou dans un des paradis fiscaux. Payer ses impôts en France, ce n'est bon que pour les classes moyennes.

  • j.sallio le mardi 9 déc 2014 à 20:14

    Oui mais si nos rôles du Cac40 déclaraient leurs chiffres d'affaires en France, et que l'imposition n'était pas confiscatoires pour assurer le social de la majorité, nous aurions un rang plus valorisant.Mais comme les 30 dernières années ont vu des prises de décision improductives et en opposition aux devenir de ces entreprises créatrice d'emplois. Elles ont déserté la France pour s'implanter dans les pays émergents ou prendre domiciliation dans les paradis fiscaux. Voilà la réalité.