Marches contre les violences policières faites aux Noirs aux USA

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SÉRIE DE MARCHES CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES À L'ENCONTRE DES AFRO-AMÉRICAINS AUX ÉTATS-UNIS
SÉRIE DE MARCHES CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES À L'ENCONTRE DES AFRO-AMÉRICAINS AUX ÉTATS-UNIS

par Ian Simpson et Lacey Johnson et Jonathan Spicer

WASHINGTON/NEW YORK (Reuters) - Des milliers de personnes ont défilé samedi à Washington, New York et Boston pour protester contre les violences policières, à la suite de la mort ces derniers mois de Noirs non armés tués par des agents blancs.

Selon les organisateurs, les défilés étaient parmi les plus importants de la récente vague de manifestations contre le meurtre de Noirs par des policiers à Ferguson, dans le Missouri, New York et Cleveland notamment.

Les manifestations ont été en général pacifiques. La police a toutefois arrêté 23 personnes à Boston qui tentaient de bloquer une autoroute.

A New York, une personne a été arrêtée après l'agression de deux policiers par des manifestants. Le maire de New York, Bill de Blasio, a condamné les agressions, qualifiées d'inacceptables.

"Ceux qui n'acceptent pas les manifestations pacifiques et incitent à la violence peuvent s'attendre à être immédiatement arrêtés et poursuivis", a déclaré Bill de Blasio qui a été critiqué par les syndicats policiers pour ne pas les soutenir.

A Oakland, en Californie, la police a ordonné aux manifestants de se disperser samedi soir après le pillage d'un magasin d'alimentation. Elle a procédé à 45 interpellations pour vandalisme, refus de se disperser et autres troubles, samedi soir dans cette ville de la baie de San Francisco où des milliers de manifestants étaient descendus dans les rues.

Ce sont les décisions de grands jurys de ne pas inculper, donc juger, les policiers impliqués dans les décès du jeune Michael Brown à Ferguson et du père de famille Eric Garner à New York qui sont à l'origine des manifestations qui agitent les Etats-Unis depuis plusieurs semaines.

A Washington, des milliers de manifestants se sont réunis à Freedom Plaza, à quelques centaines de mètres de la Maison blanche puis ont descendu Pennsylvania Avenue en direction du Capitole, le bâtiment du Congrès.

Les manifestants, parmi lesquels de nombreux parents accompagnés de leurs enfants, criaient: "Mains en l'air, ne tirez pas" et brandissaient des pancartes disant: "Tous les hommes sont créés égaux" et "les vies noires comptent".

Le révérend Sharpton, dont l'organisation National Action Network organisait la marche de Washington, demande au Congrès d'adopter une loi qui permette aux procureurs fédéraux d'être saisis d'affaires impliquant des policiers.

BRUYANTE ET PACIFIQUE

Pour lui, les procureurs locaux, qui collaborent régulièrement avec les policiers et doivent ensuite parfois enquêter sur les mêmes policiers, se retrouvent en plein conflit d'intérêt.

D'autres marcheurs étaient venus de Floride, du Connecticut ou encore de Pittsburgh, selon le site internet des organisateurs qui a chiffré le nombre de manifestants entre 40.000 et 50.000.

Dans le cortège se trouvaient des membres des familles d'Eric Garner et d'Akai Gurley, qui ont été tués par des policiers new-yorkais, mais aussi de Trayvon Martin, abattu par un vigile en 2012 en Floride, ainsi que de Michael Brown.

Samaria Rice, mère de Tamir Rice, 12 ans, tué le mois dernier par un policier à Cleveland, était également présente.

A Boston, une marche rassemblant des centaines de personnes est passée devant prison du comté de Suffolk près de l'entrée d'une autoroute. Les détenus ont applaudi et frappé sur les carreaux des fenêtres de leurs cellules au passage des manifestants.

Ceux-ci ont tenté de traverser les lignes policières près de l'entrée de l'autoroute. La police du Massachusetts a annoncé avoir arrêté 23 personnes pour troubles à l'ordre public.

A New York, la foule était surtout jeune, d'origines ethniques diverses, bruyante et pacifique. Le défilé, qui comptait selon les observateurs 20.000 à 30.000 participants, est parti de Washington Square, dans Greenwich Village, vers la 5e Avenue.

Certains scandaient "Comment épelez-vous 'raciste'? NYPD!", faisant référence à la police de New York. Certains raillaient les policiers qui encadraient le trajet du défilé.

A la fin de la marche, les manifestants ont levé les mains, pour simuler une reddition devant le siège de la police new-yorkaise dans Lower Manhattan.

A Berkeley en Californie, où ont régulièrement lieu des manifestations, des silhouettes en carton de Noirs victimes d'exécutions sommaires et figurant en pendus avaient été accrochées à l'université de Californie.

Elles ont toutes été descendues, a déclaré une porte-parole qui a dit ne pas savoir si ces figures faisaient partie des manifestations ou si elles étaient à connotation raciste.

Vendredi, des rassemblements avec concert de sifflets avaient eu lieu à New York.

(Avec Brian Snyder à Boston; Danielle Rouquié, Guy Kerivel et Eric Faye pour le service français)

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