Marchés : attention à un éventuel durcissement du ton de la Fed mercredi

le , mis à jour à 13:37
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Le siège de la Fed à Washington, D.C.
Le siège de la Fed à Washington, D.C.

Le FOMC, organe de la Fed en charge de la politique monétaire américaine, a commencé à se réunir mardi 26 avril et publiera un communiqué mercredi 27 à 20h, résumant les principales conclusions de ses membres. Attention à un éventuel durcissement du ton de la Banque centrale américaine.

La Fed a théoriquement la possibilité d’annoncer une hausse de ses taux directeurs mercredi 27 avril, mais elle ne le fera pas : un tel scénario irait à contre-courant du discours très « accommodant » de sa présidente Janet Yellen prononcé le mois dernier.

Ainsi, « La banque centrale américaine devrait laisser sa politique monétaire inchangée cette semaine, comme l’anticipent le marché (…) et le consensus des économistes », rappelle le courtier Aurel BGC dans sa dernière note de marché hebdomadaire.

La présidente de la Fed ne prendra pas la parole mercredi, mais les investisseurs les plus réactifs se précipiteront à 20h sur le communiqué publié par la Fed sur son site Internet pour en analyser le moindre mot et tenter d’y déceler d’éventuelles indications sur l’évolution à venir de sa politique monétaire. À ce sujet, « Le discours de la banque centrale [dans son communiqué] devrait évoluer » estime pour sa part Franck Dixmier, gérant obligataire chez AllianzGI.

La Fed a moins de raisons de se montrer accommodante et conciliante

Selon ce dernier, « Dans le contexte de relative stabilisation des prix du pétrole et de moindre inquiétude sur le ralentissement chinois, la Réserve fédérale devrait en effet montrer que les risques globaux  ne sont plus une préoccupation de premier plan, et mettre l’accent sur les perspectives de hausse de l’inflation domestique ».

L’inflation américaine « brute » est revenue à un niveau proche de 1% en rythme annuel d’après les dernières statistiques du « Bureau of Labor Statistics », mais l’inflation "core" (aussi dite "coeur" ou "sous-jacente", notamment hors prix du pétrole) a quant à elle dépassé le seuil des 2% depuis quelques mois. Cet élément est surveillé avec une grande attention par les membres de la Fed, qui pourraient de nouveau envisager de restreindre sans tarder les actuelles largesses monétaires permises par des taux directeurs toujours très faibles (0,25%-0,5%).

Ainsi pour Franck Dixmier, la Fed pourrait « préparer le marché à une éventuelle hausse des taux en juin prochain ; un tel délai lui permettrait de s’assurer du caractère durable de la hausse de l’inflation cœur constatée ces derniers mois, avant de prendre sa décision ».

Défi : ne pas crisper les investisseurs

Sur les marchés actions, la perspective d’une hausse des taux américains n’enthousiasme par les investisseurs. La hausse des taux se répercutera à terme sur les taux d’emprunt des entreprises et augmentera donc les frais financiers dont elles devront s’acquitter, réduisant théoriquement les perspectives de croissance de leur résultat net. Or, les évolutions des marchés actions dépendent principalement des perspectives de résultats futurs des entreprises cotées.

Quant aux marchés obligataires, toute hausse des taux du marché provoque une baisse de la valeur d’échange des obligations déjà en circulation.

Dans ce cadre, la Fed sait qu’elle doit faire très attention à sa communication pour éviter la crispation des investisseurs. « L’exercice est délicat, car la Fed aura à cœur d’éviter que sa communication ne relance trop fortement les anticipations haussières sur les taux, ce qui qui aboutirait à un resserrement de fait des conditions monétaires », souligne Franck Dixmier.

La Fed ne veut pas non plus conserver trop longtemps une politique ultra-accommodante susceptible d’entraîner la formation de bulles sur les marchés actions et surtout obligataires. D’ici la fin de l’année, la Réserve fédérale pourrait ainsi annoncer deux hausses de taux de 0,25% chacune.

À l’heure actuelle, « [Le marché] ne "price" actuellement qu’une seule hausse en 2016, non sans complaisance, car une telle hypothèse parait peu réaliste dans un contexte où l’économie américaine est au plein emploi, où les risques globaux se sont atténués et où l’inflation domestique repart tendanciellement à la hausse », termine le gérant obligataire.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • faites_c il y a 7 mois

    "mais l’inflation "core" (aussi dite "coeur" ou "sous-jacente", notamment hors prix du pétrole)" Aux US aussi, ils ont des pratiques à la limite de l'honnêteté : Tous les paramètres qui gênent sont retirés du calcul!!! C'est bien connu le prix de l'essence n'influe en aucun cas les dépenses des citoyens donc on peut le retire r de l'inflation. C'est comme en France, les impôts et taxes n'impactent en rien le pouvoir d'achat donc on ne compte pas dans l'inflation!

  • trebi il y a 7 mois

    Si une grande partie des prêteurs demandait aux ricains de rembourser leurs dettes, ils ne serait pas en capacité de le faire. La donne des puissances mondiales ayant un peu changée depuis l'arrivée de la Chine, les ricains ne sont plus complètement libre de fixer les conditions du jeu du pouvoir. C'est pour cela qu'ils nous proposent l'accord TAFTA. Ils nous posent leurs conditions pour rivaliser avec de nouveaux concurrents bien plus puissants que l'Europe.

  • oloff il y a 7 mois

    Attention, mamie janet va vous latter, mais quelles prétentions ces ricains ! et nos politiques soumis à la world company , c'est pas brillant tout ça

  • pelochon il y a 8 mois

    américains ou comment faire croire qu'on est les plus forts quand on est complétement ruiné... les plus grands voleurs et menteurs de tous les temps... et le pire est que ça marche, notamment auprès de l'europe. Arf

  • n.e il y a 8 mois

    Le marche ne price guere qu'une hausse de taux en 2016. http://www.cmegroup.com/trading/interest-rates/countdown-to-fomc.html

  • guerber3 il y a 8 mois

    La FED, c' est une institution hors-la-loi, qui ne fera rien parce qu' elle ne peut rien faire...sauf faire croire : une institution de bons-à-rien U.S....!

  • npi6711 il y a 8 mois

    il serait bon ton de ne pas signer l'accord UE-US c'est pas à l'avantage de l'UE.