MARCHES 2015-Préférence pour les actions de la zone euro

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* Groupama AM penche pour les actions américaines * Chute du pétrole favorable aux pays développés * Hausse du dollar favorable à la zone euro par Raoul Sachs PARIS, 22 décembre (Reuters) - La préférence pour les actions de la zone euro dans les stratégies d'allocation d'actifs en 2015 dépasse de peu la préférence pour les actions américaines : les tenants de la zone euro invoquent les politiques ultra-accommodantes des banques centrales européenne et japonaise, tandis que les autres s'appuient davantage sur les fondamentaux économiques. Plusieurs responsables de grandes sociétés de gestion ou de brokers ne manquent pas de rappeler que fin 2013, la quasi-totalité d'entre eux tablaient par exemple sur une forte remontée des taux longs américains et, dans leur sillage, sur une remontée plus modérée des taux longs européens. Or ces taux n'ont jamais été aussi bas qu'en 2014, y compris aux Etats-Unis où, depuis fin octobre, la Réserve fédérale a arrêté un programme d'assouplissement quantitatif (QE) qui aura duré six ans et porté son bilan à quelque 4.000 milliards de dollars. ID:nL5N0SO5QK Echaudés en 2014, les responsables de l'allocation d'actifs assortissent leurs convictions d'une "grande flexibilité" et "grande sélectivité" dans leur mise en oeuvre. Les actifs risqués de la zone euro (actions, dettes des entreprises et dettes souveraines des pays périphériques) vont bénéficier d'un environnement de taux très bas qui sera entretenu par la Banque centrale européenne qui, comme la Banque du Japon, devrait prendre le relais de la Fed via un QE à l'européenne qui doit permettre d'augmenter la taille de son bilan d'environ 1.000 milliards d'euros. ID:nL6N0TL3NX "Nous sommes dans une situation de 'lowflation', c'est-à-dire de faible croissance et de faible inflation, mais de croissance quand même", explique Pascal Blanqué, responsable de l'investissement chez Amundi. "La lowflation est plutôt favorable aux actifs financiers. Ce concept inclut une inflation financière", dit-il, en ajoutant que les actifs japonais et européens sont dans une phase de rattrapage commencée il y a 18 mois avec le retour des grands investisseurs globaux qui avaient déserté l'Europe lors de la crise de la dette souveraine. Ce rattrapage devrait se poursuivre en 2015, selon lui. RISQUES POLITIQUES "La liquidité mondiale, fournie par les banques centrales, va continuer à croître plus vite que le PIB mondial l'année prochaine", estiment de leur côté les analystes de Natixis. "La combinaison d'une inflation basse et de la persistance de taux d'intérêt à long terme bas est globalement positive pour les actions, mais il sera crucial d'être sélectif", ajoutent-ils en préconisant de jouer la zone euro contre les Etats-Unis. La chute des cours du pétrole devrait profiter aux pays développés et peut-être consolider la faible reprise en zone euro, celle-ci devant aussi profiter de la hausse du dollar. Les stratégistes actions de JP Morgan estiment que la zone euro va surperformer les Etats-Unis et que les bénéfices par action (BPA) des deux régions devraient commencer à converger en 2015. Parmi ceux qui, à l'inverse, préfèrent les actions américaines parce qu'ils ne croient pas à cette convergence, Groupama Asset Management affiche une des plus fortes convictions. "La baisse forte et durable du prix du pétrole va bénéficier aux économies développées, les politiques monétaires vont rester très accommodantes voire de plus en plus accommodantes (en zone euro, au Japon mais aussi dans de nombreux pays émergents) et les politiques budgétaires ne pèseront plus sur la croissance comme cela été le cas ces trois dernières années", explique Antoine de Salins, directeur des gestions chez Groupama AM. "Dans cet environnement, les EtatsUnis restent la locomotive de la croissance mondiale", souligne-t-il en tablant sur une performance (dividendes inclus) de 7% des actions européennes et de 12% aux Etats-Unis. "Le marché américain reste attractif parce qu'il est porté par une dynamique bénéficiaire positive des entreprises, ce qui est beaucoup moins le cas du marché européen qui reste dépendant des mesures de soutien des banques centrales", dit-il. La plupart des responsables de la stratégie d'investissement craignent des retombées plus fortes des risques politiques sur les marchés l'année prochaine, notamment en Ukraine, au Moyen-Orient et en zone euro où des élections sont prévues dans plusieurs pays, dont la Grèce qui a amorcé le processus de désignation de son président. ID:nL6N0U61B9 * LE POINT sur la gestion d'actifs FUND/FR (Edité par Dominique Rodriguez)

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