MARCHES 2014-La zone euro, "the place to be" !

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* Nombre de gérants et de brokers parient sur les actions européennes

* Puis sur le crédit HY en euro, classe d'actifs vedette en 2013

* Malgré le discours de la Fed, la fin du QE rend les marchés nerveux

par Raoul Sachs

PARIS, 11 décembre (Reuters) - Banques, sociétés de gestion, intermédiaires, la "planète finance" aborde l'année 2014 sur un thème d'investissement quasi unique : surpondérer globalement les actifs risqués de la zone euro, les actions d'abord, les obligations d'entreprises à haut rendement ensuite.

A quelques nuances près, plusieurs acteurs majeurs des marchés estiment que la croissance sera au rendez-vous l'année prochaine dans les pays développés mais restera faible et demandera à être confirmée.

C'est pourquoi les banques centrales, Banque centrale européenne (BCE) et Banque du Japon en tête, devraient maintenir, sinon amplifier, leurs politiques monétaires déjà très accommodantes - d'autant que le risque d'inflation est quasiment inexistant et pencherait plutôt du côté de la déflation.

Aux Etats-Unis, où la reprise est plus forte mais toujours inférieure à son potentiel, la Réserve fédérale devrait commencer à réduire sa politique dite d'assouplissement quantitatif (QE) sans toutefois inaugurer un resserrement monétaire, via une hausse de son taux directeur (0,25% aujourd'hui).

"CONNU INCONNU"

Selon une enquête Reuters, la Fed devrait commencer en mars à réduire ce programme, qui consiste à acheter 85 milliards de dollars chaque mois d'obligations d'Etat et d'obligations adossées sur des prêts hypothécaires. ID:nL6N0JO44F

Cette sortie du QE a été et sera en 2014 source de volatilité et de nervosité des marchés qui, malgré les messages rassurants de la Fed, craignent des effets inattendus quand elle sera mise en oeuvre.

"Nous sommes dans le 'connu inconnu'", a observé lors d'un point de presse, William De Vijlder, vice-président de BNP Paribas Investment Partners, résumant ainsi le sentiment des marchés à ce sujet. "Ce parcours sera semé d'embûches."

Dans ses choix d'allocation d'actifs 2014, Société générale estime que si, comme elle le pense, la Fed commence en mars à réduire le QE, elle accompagnera sa décision d'"indications prospectives" (forward guidances) qui renforceront la nature accommodante de sa politique monétaire.

SG s'attend par exemple à ce qu'elle abaisse le niveau de taux de chômage à partir duquel elle envisagerait de donner un tour de vis monétaire, le ramenant à 6% contre 7%/7,5% actuellement.

LA BCE PLUS SOUPLE ENCORE

"Aux Etats-Unis, notre scénario de base voit la Fed réduire le QE en mars, son bilan devrait atteindre un sommet en septembre et les premières hausses de taux décidées au troisième trimestre 2015 alors que le taux de chômage approchera de 6%", écrivent les stratégistes de Citigroup dans leur allocation 2014.

"La politique monétaire va probablement rester accommodante dans toutes les économies avancées, et, dans certains cas, nous prévoyons un assouplissement en 2014", ajoutent-ils en précisant qu'ils s'attendent à ce que la BCE ramène son principal taux directeur à zéro au 2e trimestre 2014 contre 0,25% aujourd'hui.

Andreas Utermann, responsable des investissements chez Allianz Global Investors estime que, comme en 2013, "les politiques monétaires accommodantes seront encore le principal moteur des marchés financiers en 2014".

"Les perspectives des marchés d'actions sont positives pour 2014 (...) la sous-performance sur très longue période des actions constitue désormais un argument favorable à un investissement de long terme sur la classe d'actifs. Les actions européennes semblent particulièrement attrayantes en terme de valorisation", a-t-il dit lors d'un point de presse.

Les professionnels constatent que, si les actions européennes ont bien performé en 2013 - moins que les américaines -, elles sont montées sur fond de baisse des bénéfices - bénéfices que le consensus voit progresser de 13% (MSCI Europe) en 2014 contre 10% pour les américaines.

Citi, Société générale, BNP Paribas IP, ou encore ING Investment Managers privilégient les actifs risqués, actions européennes en tête mais aussi le crédit corporate à haut rendement (high yield, HY) qui, depuis 2012, est devenu la vedette des marchés, porté par la recherche du rendement dans un environnement de taux historiquement bas.

Le volume des émissions HY en euro a battu tous les records et devrait atteindre 55 milliards d'euros cette année et augmenter encore de 9% en 2014, selon des estimations des équipes crédit de Société générale.

Globalement d'accord avec le scénario dominant, William De Vijlder n'écarte toutefois pas le risque d'une forte accélération de la croissance mondiale en 2014 et d'une brusque tension sur les taux qui pourraient changer la donne.

(Raoul Sachs, édité par Jean-Michel Bélot)

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