Marché: un rebond hebdomadaire de 2,75% pour l'euro/dollar.

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(CercleFinance.com) - La monnaie unique européenne consolidait ce midi avec mesure le rebond de 3% engrangé la veille face au dollar américain après les annonces jugées décevantes de la BCE. Pour l'heure, l'euro reculait de 0,53% à 1,0870 dollar, restant ainsi proche du point haut de 1,0981 atteint hier. L'euro est ainsi bien parti pour terminer la semaine sur une hausse de 2,75% contre les devises des Etats-Unis et du Japon.

Aux yeux des investisseurs, les annonces effectuées hier par le président de la BCE, Mario Draghi, ont déçu les anticipations. Non pas que rien de neuf n'ait été annoncé : tout d'abord, la BCE a de nouveau abaissé en territoire négatif le taux rémunérant les dépôts des banques commerciales, de - 0,2% à - 0,3%.

Ensuite, le terme estimatif du programme de rachats d'actifs en vigueur depuis le printemps, le 'QE', a été décalé de septembre 2016 à mars 2017 (au plus tôt, et selon ce qui sera nécessaire). D'autres mesures ont aussi été ajoutées dans le cadre du QE, comme le réinvestissement du produit des titres arrivant à échéance, et l'extension des titres éligibles aux dettes de collectivités locales.

Mais après les nombreuses déclarations 'maximalistes' de Mario Draghi et d'autres officiels de la BCE ces dernières semaines, le sentiment de déception est fort : “en l'état, on ne peut pas parler de QE2, mais d'un QE prime (QE')”, commente FXCM.

Lyriques, les cambistes de Société Générale citent le poète anglais Alexander Pope : 'Blessed is he who expects nothing, for he shall never be disappointed' ('Béni soit celui qui n'attend rien, car il ne sera jamais déçu'). Et tel est bien le coeur du problème : peut-être Mario Draghi a-t-il rencontré, au sein du conseil des gouverneurs, une opposition plus franche que prévu.

Ce qui est certain, c'est que la tonalité des déclarations des dernières semaines avait amené les analystes à anticiper une augmentation de volume mensuel consacré au QE de 60 à près de 80 milliards d'euros. Or rien n'a changé de ce côté. C'est probablement la déception la plus marquante des annonces de la veille.

Pour rappel, plus une banque centrale “gonfle” son bilan en rachetant des actifs, plus elle le dégrade et par conséquent, sur le marché des changes, la valeur relative de la devise dont elle a la charge recule. C'est ainsi vraisemblablement la déception sur le montant du QE qui explique l'essentiel du fort rebond enregistré hier par l'euro contre le dollar.

'Mario Draghi avait habitué le marché à toujours annoncer au moins autant, sinon davantage que ce qui était attendu. Une opinion qui désormais est écornée. Il n'a pas pu persuader le conseil des gouverneurs de la BCE d'agir autant qu'il l'espérait', écrit Kit Juckes, de la SG. Mais ce dernier estime aussi que ce n'est là que partie remise et que de nouvelles déceptions sur le font de l'inflation seraient de nature à amener la BCE à agir davantage.

Chez SwissLife Banque Privée, on constate également le contraste entre 'des discours volontaristes et des décisions décevantes' : 'l'impression qui ressort est que les outils dont disposent la BCE s'épuisent'. 'De la même manière, les investisseurs sont fondés à estimer que la décision de réinvestir les fonds reçus en contrepartie des titres en portefeuille arrivés à échéance est un leurre pour tenter de cacher une certaine impuissance', ajoute SwissLife Banque Privée.

Ce midi, la devise européenne corrige également de 0,42% face au yen à 133,49, et de 0,40% à 0,7190, tout en restant neutre face au franc suisse, contre laquelle la variation de la veille était faible (+ 0,51%).

Quoi qu'il en soit, le mois de décembre restera placé sous le signe des banques centrales : il reviendra, le 16 décembre au soir, à la Réserve fédérale américaine de parler. Sa présidente, Janet Yellen, n'a pas caché son intention de relever ses taux directeurs, à l'inverse de la politique actuelle de la BCE.

Cet après-midi, le Bureau of Labor Statistics publiera une donnée économique clé en la matière : les créations de postes aux Etats-Unis en novembre, plus les révisions des chiffres des deux mois précédents. Après 271.000 en octobre, le consensus table sur un chiffre de 200.000 au titre de novembre.

“Si le rapport du mois de novembre est solide, il deviendra acquis à presque 100% que la Fed relèvera ses taux lors de sa dernière réunion annuelle”, pronostique FXCM. Eventualité qui serait de nature à soutenir le dollar.

EG

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