Marché: retour de manivelle pour l'euro jeudi midi.

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(CercleFinance.com) - La monnaie unique européenne perdait jeudi midi de sa superbe face à ses principales contreparties, le marché des changes digérant les dernières rumeurs concernant les banques centrales. Pour l'heure, l'euro se tasse de 0,24% à 1,1181 dollar ainsi que de 0,17% face au yen, à 115,81. Même s'il reste neutre contre la livre (+ 0,01% à 0,8792), toujours pénalisée par le Brexit qui se dessine, et prend 0,18% contre le franc suisse à 1,0939 franc l'euro.

“Finalement la rumeur de 'tapering' (désignation en anglais de la réduction de voilure du programme de rachat d'actifs, ou QE, ndlr) de la BCE n'aura pas eu trop d'impact sur le marché”, constatent ce matin les analystes de Saxo Banque. Si la BCE venait à racheter moins de 80 milliards d'euros d'obligations par mois, comme elle le fait actuellement, elle dégraderait moins son bilan et, par conséquent, la valeur relative de la devise dont elle a la charge, l'euro.

Diffusée mardi soir par l'agence de presse Bloomberg, l'information selon laquelle la BCE réfléchirait à réduire son QE avait tiré l'euro vers le haut. Par la suite, “la rumeur aura finalement été démentie”, indique Saxo Banque. Même si des questionnements demeurent alors que la BCE n'a pas l'air encline à accroître son QE, ni à le prolonger après mars 2017.

En outre, le dollar profite d'un meilleur contexte statistique : on a appris hier qu'aux Etats-Unis, l'indice ISM des services avait grimpé à 57,1 points en septembre, alors qu'il était attendu à 53 points seulement. Dans l'union monétaire européenne, en revanche, on déplore un tassement de l'indice PMI composite de Markit, qui reste cependant (à 52,6) au-dessus de la barre des 50 points séparant l'expansion de la contraction.

L'attention des opérateurs n'épargne pas la Fed, qui doit encore réunir deux fois son comité de politique monétaire d'ici la fin de l'année. Charles Evans, patron de la Fed de Chicago, s'est déclaré plutôt à l'aise avec l'idée d'un “tour de vis” d'ici la fin de l'année. Il prend emboîte ainsi le pas à d'autres 'officiels' de la Fed, comme Loretta Mester (Fed de Cleveland) et Jeffrey Lacker (Fed de Richmond) dans ce que les analystes d'Aurel BGC décrivent comme 'un vol de faucons', l'animal traditionnellement associé aux politiques monétaires restrictives. Autant de déclarations qui plaident, elles aussi, pour l'appréciation de la devise américaine.

Cet après-midi, aux Etats-Unis, les opérateurs se contenteront des inscriptions hebdomadaires au chômage. L'indicateur clé de la semaine se fera attendre jusqu'à demain : il s'agira du rapport mensuel sur l'emploi au titre de septembre que publiera le Bureau of Labor Statistics du ministère du Travail. Le consensus table sur l'annonce de la créations de 175.000 postes dans le secteur privé, contre 151.000 en août. Et sur le maintien du taux de chômage à 4,9%.

EG

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