Marché: recul relatif des pétrolières après Doha.

le
0

(CercleFinance.com) - La réunion de Doha n'aura donc pas permis de trouver un accord entre les 16 pays participants quant au gel de la production pétrolière. Anticipé par certains analystes au regard de l'absence des Etats-Unis et plus encore d'une présence de l'Iran en simple qualité d'observateur, cet échec ne pèse que modérément sur les valeurs liées au secteur de l'or noir.

Vers 14h30, le baril de WTI décroche pourtant de 4,6% à 38,6 dollars et selon Philippe Waechter, Chief economist chez Natixis AM, le seuil des 30 dollars est redevenu d'actualité, considérant que l'écart entre l'offre et la demande ne va pas se réduire rapidement - tant en vrai qu'en anticipations - et que les stocks resteront élevés.

Les pays producteurs et non-producteurs se retrouveront d'ici quelques semaines, mais aucune date n'émerge à ce stade. Partant, une volatilité élevée des prix du baril est à envisager.

Il reste que, pour l'heure, Total, lanterne rouge du CAC 40, ne cède 'que' 1,9%. Les titres Maurel & Prom et CGG lâchent pour leur part 1,3% environ, tandis que Technip et Vallourec s'offrent le luxe d'évoluer en territoire positif (+0,2%).

La question de la participation de l'Iran à la prochaine réunion se pose, mais il semble évident un accord ne peut être signé sans elle. Son absence dans la capitale qatarie est, de l'avis unanime, la raison fondamentale de l'échec d'hier, acté après 6 heures de négociations, et un accord signé sans elle 'aurait consisté pour l'Arabie Saoudite à donner un blanc-seing à Téhéran afin de regagner des parts de marché à son détriment', ce qui était d'autant plus impensable étant donné les fortes tensions entre les 2 pays, expliquaient ce matin les équipes de Saxo Banque.

'Il semble que l'Arabie Saoudite refuse tout accord sans que l'Iran se joigne à la négociation', a corroboré Aurel BGC.

'Riyad a évoqué le fait qu'une augmentation de sa production de pétrole est désormais possible en l'absence d'un accord quant à un gel de production', a pour sa part souligné Sylvain Loganadin, analyste DailyFX pour FXCM. Il en a découlé une pression baissière immédiate sur les cours et, plus largement, une résurgence de craintes d'un écart croissant entre le niveau de demande et d'offre de pétrole.

'Une stabilisation de la production pour les 2 principaux producteurs aurait permis de prendre l'avantage lorsque la production américaine se serait réduite', 'l'écart entre l'offre et la demande aurait alors diminué de façon permanente et les prix seraient remontés', a en outre rappelé Philippe Waechter, bien conscient qu''il est néanmoins rare de trouver un accord de coopération visant à réduire la production'. S'il y a accord, il est de surcroît au moins aussi rare qu'il soit maintenu dans la durée et, pour ce faire, il faut que le marché soit déséquilibré et que le prix et les revenus des pays producteurs aient chuté fortement.

'Généralement, dans ce genre de situation, il y a toujours un pays qui produit un peu plus - cela ne se verra pas -, mais qui in fine fait échouer l'accord', a poursuivi le spécialiste, lequel s'attend donc, on l'a vu, à une rechute des prix du baril.

Une perspective d'autant plus vraisemblable que les investisseurs avaient largement parié sur des discussions concluantes...

(G.D.)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant