Marché obligataire : dans le viseur du Rhino - Semaine du 11 février 2013

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Marché obligataire : dans le viseur du Rhino - Semaine du 11 février 2013
Marché obligataire : dans le viseur du Rhino - Semaine du 11 février 2013

La semaine passée a vu la volatilité faire son retour sur les marchés financiers. Surtout, la dichotomie entre l'optimisme américain et le pessimisme européen se fait plus nette. Aux Etats-Unis, les investisseurs voient la coupe à moitié pleine : de bons résultats d'entreprises, le retour des fusions et acquisitions, des valorisations raisonnables, une croissance économique modeste mais qui s'installe, une politique monétaire accomodante et surtout, après deux années marquées par les tensions, un certain calme ambiant au niveau macro-économico-politique. En Europe en revanche, les tensions politiques en Espagne et en Italie ont raviver les braises de la crise des dettes souveraines. Pas de panique pour le moment, mais en une semaine (en fait, surtout en une journée : celle de lundi), l'eurostoxx 50 a perdu les gains enregistrés depuis le début de l'année.

En Europe, la crise est surtout politique pour le moment, mais on a vu l'importance que le politique pouvait revêtir l'année dernière et les investisseurs se montrent prudents. Mariano Rajoy pourra-t-il résister au scandale de corruption frappant les dirigeants du Parti Populaire ? En Italie, le favori et consensuel Bersani (centre gauche) pourra-t-il résister au retour du roi du foot et de la partouze lombarde, Silvio Berlusconi, qui effraie les investisseurs ? Ce sont les deux questions qui ont occupé les marchés la semaine passée. Il faut toutefois relativiser, les marchés risqués ont consolidé leur avancée et on ne peut pas parler de chute brutale ou de panique pour le moment.

Une autre question en Europe concerne l'OMT dont la création par la BCE l'été dernier est certainement l'un des événements financiers les plus importants de ces dernières années. On a cru au départ que cette invention était faite pour l'Espagne et la question n'était pas si, mais quand, le pays allait demander l'aide (et nous admettons qu'Obliginvest a fait cette erreur également). Toutefois, le premier ministre espagnol a habilement repoussé la demande d'aide, et la seule existence de l'OMT ayant fait baisser les taux espagnols, il est en mesure aujourd'hui de s'en passer.

Par conséquent, il se pourrait bien que l'Irlande et le Portugal bénéficient de l'OMT les premiers, au moment de leur retour sur les marchés obligataires. (et chers lecteurs, il faut que vous l'admettiez, Obliginvest a été l'un des premiers à en parler...).

Enfin, en Europe, les spécialistes essaient de déchiffrer le discours de Mario Draghi... Ce que l'on peut dire c'est que le président de la BCE a insisté sur le fait que l'on reste dans une politique monétaire accommodante bien que le remboursement des LTRO ait réduit la taille du bilan de la banque centrale pour la première fois depuis de nombreux mois. Ensuite, de nombeux commentaires cette semaine ont parlé d'une guerre des changes... ce que l'on peut dire à ce stade c'est que Mario Draghi s'est montré préoccupé par le niveau élevé de l'Euro.

Dans le viseur du Rhino cette semaine

Dernière semaine de calme avant les événements importants de la fin du mois de février (Minutes de la FED, élections en Italie, négociations sur l'Iran...) . Toutefois, on pourra surveiller cette semaine :

Réunion de l'Eurogroupe les 11 et 12 février. On n'attend pas de révélation fracassante de cette réunion, le discours de Mario Draghi jeudi dernier était bien plus attendu. Toutefois, les ministres des finances des pays de la Zone Euro vont s'exprimer sur différents sujets enchore chauds, il faudra donc se méfier d'une petite phrase mal interprétée ou d'un mot plus haut que l'autre. Parmi les sujets du moment sur lesquels ont devrait avoir des déclarations : les taux de change, le MES et la recapitalisation des banques, l'Irlande, Chypre...

Mardi 12 février.

  • Draghi doit s'exprimer devant le parlement espagnol... Mais il a déjà dit qu'il écouterait plus qu'il ne parlerait... Il ne faut donc pas en attendre trop de super Mario qui comme tout le monde a le droit au repos
  • Apple représente plus de 3% du S&P500 et surtout 10% du Nasdaq... le discours de son PDG Tim Cook à la conférence Goldman Sachs devra donc être surveillé au moins du coin de l'oeil si ce n'est écouté d'une oreille
  • Discours d'Obama sur l'état de l'Union... ne pas en attendre trop non plus

Réunion des ministres des finances du G20 et des banquiers centraux les 14 et 15 février. Les investisseurs attendent davantage de cette réunion en ce qui concerne les taux de change. Mais pour le moment, les banquiers centraux semblent jouer l'apaisement : Draghi a déclaré que la volatilité sur les devises était dûe aux décisions macro-économiques et pas à des interventions des banques centrales... la guerre des devises a peut-être commencée en sous-marin, mais pour le moment celle des mots n'est pas engagée...

Les résultats et statistiques économiques. Pas d'événement majeur, la semaine sera donc surtout marquée par la publication des résultats des entreprises... Il faudra surveiller en particulier :

  • mardi 12 : résultats de Faurecia, Barclays, Michelin...
  • mercredi 13 : résultats de Peugeot, Total, ING - au niveau des statistiques, les investisseurs surveilleront les ventes au détail aux Etats-Unis (14h30)
  • jeudi 14 : résultats des banques françaises Société Générale et BNP Paribas (exposées aux dettes souveraines), mais aussi Renault, EDF, Pernod Ricard, General Motors... qui donneront une idée de l'état de l'économie...
  • vendredi 15 : PPR et Commerzbank - Publication de l'Empire Manufacturing aux Etats-Unis

Il nous reste à souhaiter une bonne année à nos amis chinois qui fêtent leur nouvel an à partir d'aujourd'hui. Le marché action chinois sera donc fermé toute la semaine durant les festivités.

Copyright Photo : worradmu/freedigitalphotos.net


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