Marché: nette reprise de la livre sterling cette semaine.

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(CercleFinance.com) - La monnaie unique européenne progressait vendredi midi contre la plupart de ses grandes contreparties sur le marché des changes, en gagnant par exemple 0,82% contre la devise nippone à 118,01, 0,24% contre le dollar à 1,1140, mais en restant neutre face à la livre et au franc suisse. Malgré le statu quo inattendu de la Banque d'Angleterre, la devise britannique a repris cette semaine du poil de la bête.

Sur la semaine, l'euro s'est repris de 6,2% contre le yen, mais ne prend que 0,82% contre le dollar et se replie de 2,25% contre le sterling.

Faisons justement un point spécifique sur la livre sterling qui, après un trou d'air violent dans le sillage du référendum britannique, s'est reprise. Sur la semaine, le sterling a ainsi regagné 8,7% contre le yen, 3,7% face au yuan chinois, 3,2% contre le billet vert américain et 2,3% face à l'euro.

Pour mémoire, de 1,50 dollar la livre le 23 juin, la livre est tombée le 6 juillet un peu en dessous de 1,28 avant de remonter, pour l'heure, à 1,33 dollar. Les conséquences du Brexit commenceraient-elles à être intégrées par les cambistes ? Et ce en dépit de la “déception” causée hier, 14 juillet, par la Banque d'Angleterre (BoE).

Alors qu'elle était attendue au tournant au terme de la première réunion de son comité de politique monétaire depuis le référendum sur le Brexit, le 23 juin dernier, la “vieille dame de Threadneedle Street” est finalement restée l'arme au pied. Il faut dire que la banque centrale britannique se réunira de nouveau le 4 août.

Son principal taux directeur est donc toujours de 0,5%, un seul membre du comité s'étant prononcé pour une réduction à 0,25%. De plus, le montant du programme de rachat d'actifs a été unanimement maintenu à 375 milliards de sterlings. Mais la banque ajoute que “la plupart des membres du comité estiment que la politique monétaire sera assouplie lors de la réunion d'août”.

'Une majorité d'analystes s'attendait à une baisse de taux d'intérêt de la part de la Banque d'Angleterre (BoE). Finalement, nous avons plutôt eu droit à une intervention télégraphiée pour le mois d'août', résume la banque canadienne Desjardins.

Selon ces spécialistes, cette décision inattendue paraît cependant la plus sage : “cette voie apparaît la plus simple à emprunter à court terme. À 0,50%, le taux directeur de référence est nettement plus haut que ses équivalents dans les autres zones monétaires d'Europe”, rappelle Desjardins.

De plus, “on ne connaît pas encore l'ampleur réelle du choc sur la croissance économique. Attendre quelques semaines de plus permettra de mieux évaluer la situation et de mieux s'entendre sur la stratégie d'intervention”.

Enfin, “cela permet aussi à la BoE de conserver ses munitions. La route qui mènera à la sortie de l'Union européenne s'annonce longue et la BoE pourrait avoir besoin d'intervenir à plusieurs occasions pour rassurer les marchés et pour soutenir l'économie”, termine Desjardins. On peut donc s'attendre, début août, à une baisse des taux, puis éventuellement à plus long terme à des mesures non conventionnelles.

Quid des dernières actualités de la Fed, qui réunira son comité de politique monétaire à la fin du mois ? Hier, Dennis Lockhart, patron de la Fed d'Atlanta, a déclaré, résume Aurel BGC, qu'“il est encore trop tôt pour affirmer que les conséquences du Brexit sur les marchés financiers et l'économie mondiale sont limitées. Certes, il ne s'agit pas d'un 'Lehman Moment' sur les marchés mais les effets négatifs du Brexit pourraient durer plusieurs années”.

Une opinion “wait & see” qui est partagée d'autres présidents de Fed régionales et devrait augurer d'une stabilité des taux directeurs.

Par ailleurs, a-t-on appris ce matin dans la zone euro, le taux d'inflation annuel a été confirmé à +0,1% en juin, contre -0,1% en mai, tandis que l'excédent commercial est ressorti à 24,6 milliards d'euros en mai.

Outre les ventes de détail, seront publiés cet après-midi l'inflation et l'indice Empire State, puis la production industrielle, les stocks des entreprises et l'indice mesurant la confiance du consommateur mesuré par l'université du Michigan.

EG

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