Marché: les banques ne parviennent pas à se reprendre.

le
0

(CercleFinance.com) - Après une vaine tentative de reprise ce matin, l'indice sectoriel EuroStoxx Banks des 30 plus importantes valeurs bancaires de la zone euro sous-performait l'indice généraliste EuroStoxx 50 (- 0,6% contre - 0,1%). L'EuroStoxx Banks a perdu plus du quart de sa valeur depuis le début de l'année (- 27%, contre - 14,9%). En cause : le retour d'une certaine 'fragmentation' des marchés financiers de la zone euro, notamment du côté des pays périphériques où le risque politique et financier semble de retour.

La vive correction boursière touche l'ensemble des bancaires de l'Euroland, dont ses zones périphériques. Les banques grecques sont notamment à la peine : en baisse de 10% ce matin, le sous-indice athénien Athex Banks a réduit ses pertes à 6% en milieu de matinée. Mais il s'effondre toujours de 62% depuis le début de l'année. La situation est similaire du côté du Portugal ou encore Italie, et elle n'épargne pas le reste de la zone euro. A Paris, des titres comme BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole ont effacé environ le quart de leur valeur boursière depuis fin 2015. Que se passe-t-il ?

Explication, selon le bureau d'études Aurel BGC : “la mauvaise nouvelle du jour pour les banques est l'écartement des spreads (écarts de taux, ndlr) souverains en zone euro. Au Portugal par exemple, l'écart avec le “dix ans” allemand atteint désormais 315 points de base, un record depuis le début de l'année 2014. Entre le Bund et le “dix ans” espagnol, l'écart dépasse 160 points, un record depuis la fin 2013”.

Rappelons que la divergence des taux souverains des différents pays de la zone euro avait cristallisé, avant l'intervention vigoureuse de la BCE et le fameux “whatever it takes” lancé le 26 juillet 2012 aux marchés par son président Mario Draghi, le risque d'éclatement de l'union monétaire. Puis les mesures exceptionnelles allant de l'abaissement des taux d'intérêt au QE à l'européenne avaient normalisé les “spreads”.

Selon Aurel BGC, “en Europe du sud, du Portugal jusqu'à la Grèce, chaque pays méditerranéen est confronté à une crise ou simili-crise politique. Au Portugal, le gouvernement de gauche est coincé entre sa volonté de respecter ses promesses électorales et les promesses faites à Bruxelles. En Espagne, il n'y a toujours pas de gouvernement et le risque de nouvelles élections législatives, aux résultats incertains, pèse sur le climat des affaires. En Italie, Matteo Renzi ne jouit plus de la popularité des débuts et se retrouve sous la menace du populiste Beppe Grillo et de son 'Mouvement 5 étoiles'. En Grèce, la situation est de nouveau très tendue en raison de l'absence d'accord sur la réforme des retraites entre Athènes et Bruxelles, de la crise des migrants et des violences de rue sur ces deux sujets”, expliquent les analystes.

Se pose de nouveau la question de la soutenabilité financière et budgétaire des Etats périphériques de la zone euro, et avec elle celle de leur solvabilité.

Et Aurel BGC d'ajouter : “les cours des banques grecques, comme National Bank of Greece ou Eurobank, tendent de plus en plus vers zéro après des années de chute libre et de recapitalisations successives.”

Certes, la situation pourrait s'améliorer cette semaine du côté de la réforme grecque des retraites, les discussions devant reprendre. Aurel BGC invite cependant à la prudence : “la stabilité politique de la Grèce parait de nouveau menacée. En effet, Alexis Tsipras dispose d'une courte majorité au Parlement, seulement 3 sièges, mais doit boucler les négociations sur cette réforme avec Bruxelles pour obtenir un débat sur l'allègement de la dette. Or la réforme des retraites passe mal dans l'opinion. Les grèves restent nombreuses en Grèce et des manifestations violentes se sont déroulées à Athènes la semaine dernière.” A suivre.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant