Marché: le point de vue de 3 gérants sur un éventuel Brexit.

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(CercleFinance.com) - C'est LE référendum que toute l'Europe attend. Le milieu de la finance aussi, non sans appréhension. Dans 6 jours, les électeurs britanniques se prononceront sur le maintien ou non de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne (UE), un ensemble qu'elle a rejoint en 1973.

L'euroscepticisme est suffisamment marqué outre-Manche pour que plusieurs sondages donnent depuis quelques jours le camp du 'Brexit' vainqueur. Un choc en perspective même si, comme l'a souligné la banque privée suisse Pictet & Cie ce matin, le parlement pourrait tout à fait revenir sur ce résultat, comme l'avait fait la France après la victoire du 'non' au référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005.

L'établissement helvète souligne par ailleurs qu'en cas de 'Brexit', la Grande-Bretagne aurait encore à choisir entre 2 issues : une adhésion à l'Espace économique européen (EEE) pour une éclipse relativement en douceur ou une sortie 'à la suisse', c'est-à-dire sans adhésion à l'EEE, mais avec la négociation d'accords commerciaux bilatéraux, étant entendu que l'une ou l'autre option instaurerait une période de flou pouvant courir sur 2 ans.

A court terme, une sortie britannique de l'UE ramènerait la croissance de son PIB d'environ 2 à 1,2%, estime également Pictet, qui à moyen terme évalue entre 7,5 et 8% la baisse d'activité en cas de scénario 'suisse', ladite baisse oscillant entre 3,5 et 4% si d'aventure Londres optait pour une adhésion à l'EEE...

De son côté, Edmond de Rothschild AM soulignait il y a quelques jours qu'un 'Brexit' 'constituerait d'autant plus un échec que l'UE a accepté au mois de février dernier de nouvelles concessions vis-à-vis de son partenaire britannique'.

A l'instar de celles de Pictet, les équipes du gestionnaire d'actifs estiment néanmoins que tout dépendra des suites d'une éventuelle décision de sortie, celle-ci scellant quoi qu'il en soit le sort du Premier ministre David Cameron. Selon elles, un 'Brexit' renforcerait probablement, à tout le moins au début, l'euroscepticisme qui alimente la montée des partis populistes.

Par la suite, les conséquences effectives de la sortie britannique, difficiles à quantifier, mais bien réelles sur le plan économique et potentiellement importantes, pourraient néanmoins être dissuasives pour cette partie de l'opinion européenne, tempère toutefois Edmond de Rothschild AM.

AXA IM redoute pour sa part un 'effet domino' au 'Brexit', avec d'autres Etats membres qui seraient tentés de suivre l'exemple britannique et des répercussions imprévisibles pour l'avenir d'une UE qui, à terme, pourrait se retrouver 'balkanisée'. Dans le cas d'une sortie britannique, une montée de l'extrémisme à l'échelle continentale et une méfiance générale alimentant la paralysie politique dans les pays du coeur de l'UE ne peuvent en tout cas être exclues, estime le gérant.

Reste que si le 'Brexit' a eu le vent dans le dos ces derniers jours, le meurtre de la députée pro-européenne Jo Cox hier, qui a suscité une émotion considérable, pourrait infléchir la tendance, juge TrustNet Direct. Réponse dans moins d'une semaine.

(G.D.)

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  • 5701726 il y a 6 mois

    Pourquoi les chambres de compensation en € sont-elles à Londres qui en est toujours à la £ ? Un Brexit aurait le mérite de ne pas faire bénéficier les Britanniques d'avantages pour lesquels ils n'ont eu aucune contribution....