Marché: le dollar profite des paris sur les 'Trumpnomics'.

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(CercleFinance.com) - Jeudi midi sur le marché des changes, la monnaie unique européenne ne savait trop à quel saint se vouer après avoir plus que corrigé de la hausse consécutive aux présidentielles américaines. A mi-séance en Europe, l'euro se tassait de 0,13% à 1,0904 dollar, bien loin du sommet de deux mois de 1,13 dollar atteint dans la nuit du 8 au 9 novembre. Et un centime de moins que sa valeur lorsque Hillary Clinton était donnée gagnante sur Donald Trump.

Si la monnaie unique européenne se reprenait de 0,85% contre le yen, elle restait sans tendance face à la livre sterling comme au franc suisse.

Pour IG, “nous venons d'assister à l'un des spectacles les plus incroyables qu'il nous ait été donné d'observer sur les marchés financiers”. “Le marché s'emballe en jouant la perspective d'une remontée de l'inflation par le biais de la relance budgétaire”, explique le professionnel. Pendant sa campagne, celui qui va devenir le président Trump a notamment évoqué des réductions d'impôts.

“Les baisses d'impôt massives en direction des ménages et, surtout, des entreprises ne sont pas une mauvaise nouvelle pour Wall Street”, commente Aurel BGC. De même, pour les cambistes de Société Générale, “il est généralement admis que le président Trump mettra en place des baisses d'impôts, tout spécialement auprès des entreprises, ce qui sera positif autant pour la croissance que l'inflation”.

De plus, le premier discours modéré prononcé par le futur 45e président des Etats-Unis après sa victoire a plutôt rassuré les marchés financiers. On notera que de plus, le président républicain Trump sera soutenu par un parlement portant les mêmes couleurs politiques que les siennes, ce qui pourrait lui permettre d'agir rapidement. Bref, à en croire IG, les “Trumpnomics” pourraient stimuler la croissance du PIB américain à partir de 2017 et, en conséquence, pousser la Fed à accélérer son processus de normalisation monétaire.

Certains opérateurs pariaient que la Réserve fédérale américaine, mise en cause par Donald Trump pendant sa campagne, surseoira à relever ses taux le 14 décembre. Mais l'indicateur FedWatch du CME incite à penser le contraire : il estime à 71,5% la probabilité implicite d'un “tour de vis” monétaire le mois prochain. Si les 80% dépassés voilà quelques jours ne sont plus de mise, la majorité semble toujours acquise.

D'ailleurs, les taux longs n'ont de cesse de grimper : tombé vers 1,35% au début du mois de juillet après le vote du Brexit, le rendement du T-Bond fédéral à dix ans s'est ensuite tendu au point de dépasser la barre des 2%, ce midi, à 2,06%. Du jamais vu depuis le début de l'année.

Prudence, préconise donc Tangi Le Liboux, du bureau d'études Aurel BGC : “les marchés n'ont pas davantage de visibilité que tout un chacun : la présidence Trump est en effet un saut dans l'inconnu”. Et il ajoute : “si la réaction des indices européens est (...) assez modérée, elle ne doit pas être interprétée comme la preuve que Trump n'est pas l'épouvantail redouté. Nous n'en savons rien à ce stade. Les contre- pouvoirs limiteront son champ d'action, mais sa capacité de nuisance est une inconnue”.

Les spécialistes Changes de SG ne pronostiquent pas autre chose : selon eux, le marché n'a pas fini de changer de position, 'et de loin'. 'De nombreux parlementaires républicains ne seront d'accord pour baisser les impôts que s'ils sont compensés par des mesures d'austérité. Le relance financée par la dette n'a pas vraiment les faveurs du Parti républicain', notent-ils. Et SG de parier sur des tendances “heurtées, marquées par une volatilité plus élevée”.

EG

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