Marché: la tension des taux américains pèse sur l'euro.

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(CercleFinance.com) - Vendredi midi, en ce jour férié du 11 novembre en France, la monnaie unique européenne demeurait sous pression face au dollar américain. Les cambistes sont toujours en train d'évaluer les conséquences économiques de l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. A cette heure, l'euro se tasse de 0,10% à 1,0875 dollar.

La principale devise du Vieux Continent plie de 0,22% face au franc suisse à 1,0722, de 0,52% contre le yen à 115,58 et de 0,8% face au sterling à 0,8611.

Les 1,13 dollar brièvement tutoyés par l'euro après la surprise qu'a constitué l'élection de Donald Trump, dans la nuit de mardi à mercredi, paraissent bien loin. A ce jour, l'euro retombe aux faibles niveaux qu'il a connu fin octobre, et qui d'ailleurs ne sont guère éloignés des points bas touchés début mars.

Schématiquement, la faiblesse de l'euro face au dollar s'explique par les anticipations quant à la politique économique de Donald Trump, si l'on en croit ses promesses de campagnes : le futur 45e président des Etats-Unis s'est engagé à des baisses massives d'impôts pour les entreprises et les ménages. Comme M. Trump jouira de majorités confortables devant les deux chambres du Capitole, il pourrait être en mesure de faire adopter rapidement de telles mesures. Qui auraient un effet positif sur les bénéfices des entreprises, la consommation des ménages, et aussi sur l'inflation.

Ce qui permettrait de doper la croissance des Etats-Unis : rappelons que fin septembre, la Fed prévoyait, après une hausse du PIB de 1,8% en 2016, des taux relativement modestes de 2% en 2017 comme en 2018.

Ce regain potentiel du dynamisme économique des Etats-Unis se traduit par la tension rapide des taux longs : ainsi, l'obligation fédérale (le T-Bond) américaine à dix ans, dont le rendement végétait autour de 1,82% juste avant l'élection, rapporte maintenant 2,15%. Du jamais vu depuis le tout début de l'année.

Et ce d'autant qu'à en croire certains opérateurs, le futur locataire de la Maison blanche pourrait en rabattre sur ses promesses de campagne : “il n'est pas acquis que le président Trump poursuivra la politique protectionniste prônée par le candidat Trump. Même s'il convient de noter que le président des Etats-Unis dispose de l'autorité pour mettre fin aux accords de libre-échange et imposer des droits de douane sans l'accord du Congrès”, peut-on lire ce matin.

Autant de raisons d'anticiper que la Fed poursuivra, le 14 décembre prochain, sa politique de normalisation monétaire et qu'elle relèvera de 0,25-0,50% à 0,50-0,75% son principal taux directeur. L'indicateur FedWatch du CME donne à cette éventualité la probabilité implicite de 71,5%. Or la BCE, elle, ne semble pas prête de relever ses propres taux courts.

EG

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