Marché: la BCE devrait annoncer de nouvelles mesures demain.

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(CercleFinance.com) - Si en décembre, les annonces de la Banque centrale européenne (BCE) avaient déçu les investisseurs, tel ne devrait pas être le cas de la réunion conseil des gouverneur qui se tiendra demain à Francfort. Face à une inflation toujours faible et à des perspectives économiques en demi-teinte, les analystes s'attendent à ce que la BCE assouplisse encore un peu plus sa politique monétaire.

Selon Edmond de Rothschild Asset Management (AM), l'établissement émetteur de la zone euro 'pourrait faire preuve d'imagination' en raison de la faiblesse persistante des anticipations d'inflation découlant notamment du faible niveau du pétrole. Ce qui pourrait donner lieu à l'annonce de 'nouvelles mesures', comme la 'baisse massive des taux directeurs', ou bien des 'mesures de soutien ciblées sur les banques pour éviter qu'une nouvelle diminution des taux ne vienne menacer davantage les perspectives de rentabilité du secteur.'

Ainsi sans doute qu'une extension du programme actuel de rachat d'actifs obligataires, qu'il s'agisse de son échéance, de son montant mensuel (60 milliards d'euros) ou de l'univers d'investissement visé, voire de plusieurs de ces leviers en même temps.

'La mise en oeuvre d'une politique monétaire toujours plus accommodante maintiendra les taux à des niveaux bas sur le Vieux Continent, limitant ainsi le risque d'écartement des 'spreads' (écarts de taux) sur la dette souveraine périphérique', estime encore Edmond de Rothschild AM.

Pour le gestionnaire d'actifs suisse SYZ Asset Management (AM) aussi, 'on peut s'attendre à ce que la BCE prenne des mesures qui viseront à rendre sa politique monétaire encore plus accommodante, et, par ricochet, à affaiblir certainement l'euro.'

Ses anticipations sont proches de celles du consensus, mais SYZ n'exclut pas en plus, en outre, 'une réintroduction des TLTRO (mise à disposition de liquidités aux banques à taux très bas). Cette dernière mesure permettrait certainement aux banques de faire en partie ce que la BCE ne peut ou ne veut pas faire : (r)acheter sur le marché de la dette privée ou des autres actifs plus risqués que les obligations gouvernementales', explique SYZ AM.

Point de vue similaire de la part d'un autre établissement helvétique, Lombard Odier Investment Managers : 'nous prévoyons une baisse supplémentaire des taux d'intérêt. Mario Draghi devrait adopter une stratégie 'dovish' avec une réduction potentielle de 20 points de base. La puissance et la durée des mesures d'assouplissement quantitatif seront décisives et nous nous attendons à une augmentation dans les deux cas.'

Selon Lombard Odier, 'les marchés, et en particulier les Bunds allemands, vont poursuivre leur dynamique de 'japonisation'. Les obligations japonaises à dix ans sont entrées en territoire négatif et il est seulement une question de temps avant que cela arrive en Europe.'

Quid du risque de déception des investisseurs, comme tel avait été le cas après la réunion de la BCE en décembre ? Il semble réduit : pour SYZ AM, après les dernières statistiques, la BCE a “bien plus de raisons d'agir aujourd'hui que lors de son dernier mouvement au début du mois de décembre.'

C'est d'ailleurs aussi l'opinion de la gestion américaine Fidelity : 'le risque est que la BCE déçoive les marchés, mais dans la mesure où elle a déjà commis cette erreur en décembre, elle s'est efforcée de mieux gérer les anticipations à l'approche de la réunion très attendue' prévue demain. A suivre.

EG

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