Marché: l'euro plombé par une Fed plus dure que prévu.

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(CercleFinance.com) - La Réserve fédérale américaine s'est montrée un peu plus “faucon” que prévu hier, ce qui soutient la valeur de la devise américaine face à ses contreparties sur le marché des changes. Après un franc recul de 0,90% hier soir, la monnaie unique européenne perd encore de 1,11% ce midi à 1,0413 dollar ainsi que de 0,67% à 0,8344 livre. Rien à signaler face au yen et au franc suisse.

Comme elle l'avait laissé entendre, la Fed est passée à l'action : pour la deuxième fois depuis mi 2006, et un an après le premier 'tour de vis', elle a relevé hier soir son principal taux directeur de 0,25-0,50% à 0,50-0,75%.

Ce n'est pas tout : la Fed a très légèrement relevé ses prévisions de croissance du PIB américain (de 1,8 à 1,9% en 2016, et de 2 à 2,1% en 2017), et ce alors que le futur président Trump semble sur le point de lancer une relance budgétaire massive largement anticipée par Wall Street.

Quid de l'inflation ? Là encore, l'ajustement à la hausse est des plus modestes : l'inflation PCE attendue par la Fed en 2016 est relevée de 1,3 à 1,5%, mais elle reste inchangée en 2017 (1,9%). De plus, en données centrales ('core'), rien n'a été modifié

Autre élément très suivi par les opérateurs, et mauvaise surprise pour les boursiers : les 'dot charts' permettant de jauger des anticipations des membres du FOMC. Leur lecture permet de constater qu'en date d'hier, la Fed est d'avis de procéder à trois nouvelles hausses de taux l'année prochaine. Or le consensus était plutôt de l'ordre d'un ou deux “tours de vis”.

Quid, enfin, de la conférence de presse de la présidente de la Fed, Janet Yellen ? Chez Aurel BGC, on la résume ainsi : “le discours de Janet Yellen, certes très diplomate, est clair : une relance budgétaire est actuellement une 'mauvaise idée' car elle va accentuer les pressions inflationnistes, augmenter l'endettement public et elle devrait provoquer une hausse plus importante des taux directeurs. Plus de relance budgétaire = plus de hausse des taux directeurs”, résument les spécialistes.

Face à une Fed plus dure qu'attendu, le rendement de l'obligation d'Etat fédérale à dix ans dépasse désormais les 2,60%.

Ce matin sur l'agenda statistique européen, on a appris que l'indice PMI flash composite de Markit dans la zone euro s'est maintenu à 53,9 ce mois-ci en estimation flash, traduisant une croissance solide de l'activité globale dans la région en cette fin d'année. Chez Commerzbank, les analystes n'excluent pas une “bonne surprise” du côté de la croissance de la zone euro au 4e trimestre.

Après la Fed c'est au tour de la Banque d'Angleterre de rendre sa décision de politique monétaire. Aucun changement n'est attendu.

Cet après-midi aux Etats-Unis, les cambistes guetteront l'indice des prix à la consommation pour novembre, les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage, ainsi que les indices d'activité Empire State et Philly Fed.

EG

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