Marché: l'euro grimpe avant la réunion de la BCE.

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(CercleFinance.com) - La monnaie unique européenne se payait le luxe de progresser à quelques heures de la fin de la réunion de la BCE, événement qui incite habituellement à l'attentisme. Ce qui pourrait signaler une révision en baisse, in extremis, des anticipations des opérateurs quant à d'éventuelles actions nouvelles de la part de l'établissement dirigé par Mario Draghi. Pour l'heure, l'euro prend 0,33% à 1,1277 dollar, ainsi qu'environ 0,20% face au yen, au sterling et au franc suisse.

Commençons par les Etats-Unis : que retenir du 'Beige Book', cette compilation des enquêtes de conjoncture des 12 Fed régionales réalisée par celle de San Francisco, qui a publié le tout hier soir ? Les cambistes espéraient pouvoir en tirer des indications quant à la décision que la Fed pourrait prendre au soir de la réunion du comité de politique monétaire qui se terminera le 21 septembre.

Selon les analystes parisiens d'Aurel BGC, le 'livre beige' 'annonce une croissance 'modeste' ou 'modérée' de l'économie américaine. (...), qui cependant “demeure solide. Au final, ce rapport offre peu d'éléments nouveaux', sanctionnent les spécialistes.

Pour Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis AM, 'le 'Beige Book' suggère une évolution modérée de l'activité (...). Les pressions sur les salaires sont plus fortes, mais à un niveau modéré. Il n'y a pas d'élément de rupture qui pourrait inciter la Fed à durcir le ton rapidement.'

Bref, selon CMC Markets France, “la probabilité implicite d'une hausse de taux en septembre est tombée sous les 20%. Sachant que les membres de la Fed ne pourront plus s'exprimer après le 13 septembre, il sera difficile pour eux de guider le marché.”

Plus près de nous, la BCE réunira ce matin son conseil des gouverneurs, ce qui donnera lieu à partir de 14 h 30, à une conférence de presse de Mario Draghi. Inutile d'attendre trop de cette réunion, selon Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique de Saxo Bank : 'Mario Draghi ne sortira pas de lapin de son chapeau', affirme-t-il. Tout d'abord car la situation économique de la zone euro, en dépit des risques de ralentissement, ne l'exige pas.

M. Dembik estime que du côté du QE, son programme de rachat d'actifs obligataires, la BCE pourrait revenir en détail sur les effets de son extension, depuis juin, aux obligations d'entreprises - en plus des obligations publiques qui initialement étaient les seules visées. Il s'agit selon le spécialiste 'd'un grand succès', avec des rachats menés au rythme de sept milliards d'euros par mois.

La BCE devrait cependant laisser la porte ouverte à de nouvelles actions plus tard dans l'année. 'Le scénario le plus probable repose sur une extension de six à neuf mois du QE qui devait initialement se terminer en mars 2017, et sur l'augmentation de la limite de détention par émetteur à 50% contre 33% actuellement. Cela permettrait à la BCE de racheter plus d'obligations souveraines allemandes et ce serait une décision, en outre, cohérente avec l'extension du programme de rachats d'actifs', pronostique Christopher Dembik. Une baisse du taux de dépôts est jugée moins probable.

Même son de cloche chez Aurel : les grandes lignes de la politique actuelle devraient être confirmées tout à l'heure, estiment les spécialistes. Membre du directoire de la BCE, 'Benoit Coeuré a rappelé, à Jackson Hole, que les mesures de politique non-conventionnelles décidées depuis mi-2014 se sont avérées efficaces pour soutenir l'activité économique et éloigner le risque de déflation. Il a néanmoins aussi indiqué que ces politiques ne sont pas exemptes de risques', argumente Aurel BGC.

En conséquence, 'les taux directeurs resteront à leur niveau et les programmes d'achats de titres ne devraient pas être modifiés de manière substantielle. Il est trop tôt pour une telle décision', suppute une note. Selon Aurel BGC, la BCE attendre la réunion du conseil des gouverneurs du 8 décembre pour annoncer de nouvelles mesures.

Pour les cambistes de Société Générale enfin, la BCE aura fort à faire pour ne pas décevoir : 'le marché table sur une extension du programme de rachat d'actifs obligataires, dans le temps, sinon en termes de type d'actifs visés'. Or selon les spécialistes, 'le danger est que la BCE décide de ne pas bouger au terme de cette réunion'. Gare, en ce cas, à la déception - et à l'appréciation relative de l'euro.

EG

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