Marché: l'échec de Doha était prévisible (analystes).

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(CercleFinance.com) - De nombreux analystes ont réagi à l'échec du sommet informel de Doha, qui n'a donc pas abouti à un accord permettant un gel de la production pétrolière. Les prix du baril sont en conséquence en net recul, celui de WTI abandonnant ainsi près de 3% à 39,2 dollars vers 11h20. Simple passage à vide ? Retour durable sous les 40 dollars ? Une certaine volatilité serait en tout cas à attendre sur le front de l'or noir.

Scénario de base des équipes de Saxo Banque, cet échec était selon elles hautement vraisemblable au regard de l'absence de l'Iran à la table des négociations. On voyait mal, en effet, comment un accord aurait pu être signé sans elle. 'Cela aurait consisté pour l'Arabie Saoudite à donner un blanc-seing à Téhéran afin de regagner des parts de marché à son détriment', ce qui était d'autant plus impensable étant donné les fortes tensions entre les 2 pays, résume l'expert.

Annoncée par le ministre qatari de l'Energie, Mohammed ben Saleh al-Sada, l'absence de concorde entre les pays producteurs et non-producteurs a été actée après 6 heures de tractations. 'Il semble que l'Arabie Saoudite refuse tout accord sans que l'Iran se joigne à la négociation', explique pour sa part Aurel BGC, qui souligne en outre qu''aucune date n'a été fixée pour une nouvelle réunion'.

Et le bureau d'études de relayer qu'à court terme, en revanche, selon l'agence d'informations financières Bloomberg qui cite les données de la compagnie publique Petroleum Corp., la production pétrolière du Koweït a chuté à 1,1 million de barils, soit un recul de 60%, suite à une grève de plus de 7.000 salariés. 'Dans ce contexte, Petroleum Corp. a demandé à l'Egypte et à l'Inde d'envoyer ses spécialistes au Koweït afin qu'ils participent aux travaux sur les sites pétroliers', a rapporté Aurel BGC, qui voit dans cette situation un élément de consolidation à brève échéance.

Il n'a en outre pas échappé à Sylvain Loganadin, analyste DailyFX pour FXCM, que 'Riyad a évoqué le fait qu'une augmentation de sa production de pétrole est désormais possible en l'absence d'un accord quant à un gel de production'. De quoi exercer immédiatement une pression baissière sur les cours du baril et, plus largement, relancer les craintes d'une divergence croissante entre le niveau de demande et d'offre de pétrole...

'A Doha, 16 pays producteurs avaient rendez-vous avec pour objectif de stabiliser la production de pétrole. Il n'y avait pas les Etats-Unis et l'Iran n'était là qu'en observateur', rembobine quant à lui Philippe Waechter, chief economist chez Natixis AM, qui a rappelé ce matin que 'le souhait, annoncé depuis la mi-février, était de stabiliser la production de pétrole au niveau de janvier 2016 pour les pays signataires'.

'Une stabilisation de la production pour les 2 principaux producteurs aurait permis de prendre l'avantage lorsque la production américaine se serait réduite', 'l'écart entre l'offre et la demande aurait alors diminué de façon permanente et les prix seraient alors remontés', a ajouté l'expert, bien conscient qu''il est néanmoins rare de trouver un accord de coopération visant à réduire la production'. S'il y a accord, il est de surcroît au moins aussi rare qu'il soit maintenu dans la durée et, pour ce faire, il faut que le marché soit déséquilibré et que le prix et les revenus des pays producteurs aient chuté fortement.

'Généralement, dans ce genre de situationq, il y a toujours un pays qui produit un peu plus - cela ne se verra pas -, mais qui in fine fait échouer l'accord', a poursuivi Philippe Waechter, lequel s'attend à une rechute des prix du baril. 30 dollars est selon lui redevenu un objectif probable, considérant que l'écart entre l'offre et la demande ne va pas se réduire rapidement - en vrai et en anticipations - et que les stocks resteront élevés.

Une faiblesse chronique est donc à prévoir, au moins jusqu'à la prochaine réunion.

(G.D.)

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  • jcbeg il y a 8 mois

    pas de véritable effondrement des cours pour l'instant.......