Marché: indécision de l'euro, encore les banques centrales.

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(CercleFinance.com) - Vendredi midi sur le marché des changes, la monnaie unique européenne est bien partie pour terminer la semaine sur une baisse de près de 1,5% contre les devises américaine et britannique. A cette heure cependant, si l'euro gagnait par rapport à la veille environ 0,4% contre les dollars du Canada et de Singapour, il reste neutre (- 0,01% à 1,1104) contre le celui des Etats-Unis tout en reculant de l'ordre de 0,3% contre le sterling britannique et le yen nippon.

Les politiques monétaires sont toujours les grands déterminants des mouvements des paires de devises. Comme le fait remarquer Aurel BGC ce matin, “la devise européenne a été affectée par la publication des minutes (le compte-rendu) de la dernière réunion de la BCE, laissant la porte ouverte au rachat de nouveaux actifs.”

En effet, la BCE mène depuis près d'un an une politique massive d'assouplissement quantitatif consistant notamment à racheter 60 milliards d'euros d'actifs obligataires chaque mois. Ce faisant, la BCE “charge” et dégrade la qualité de son bilan, qui constitue la contrepartie ultime de la devise dont elle a la charge, l'euro, et donc la valeur relative de ce dernier.

Or le président de l'institution monétaire, Mario Draghi, a ces derniers mois prévenu qu'il se tenait prêt à faire encore plus si le besoin s'en faisait sentir. Par exemple en étendant lemontant mensuel des rachats. La prochaine réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, prévue le 10 mars, pourrait donc être l'occasion d'annonces nouvelles.

Même si tout le monde n'est pas d'accord à ce sujet : selon Saxo Banque, “les membres du conseil des gouverneurs ont exprimé des inquiétudes légitimes au regard du contexte macroéconomique mais ne semblent pas disposés, ou plutôt en mesure, de sortir un nouveau bazooka monétaire. L'exercice du 10 mars sera très difficile pour Mario Draghi qui est assuré de décevoir”.

Notons que le risque de voir le Royaume-Uni quitter l'Union européenne, à l'issue d'un référendum attendu a priori en juin, reste pesant pour la monnaie unique, même si la livre reste indépendante. En effet, une UE sans Royaume-Uni verrait se renforcer le poids relatif de l'Allemagne dans le reste de l'union et aussi dans la zone euro. Tout en portant en germe le risque de dislocation de l'ensemble.

Plus près de nous, les cambistes suivront, cet après-midi aux Etats-Unis, les dernières nouvelles sur le front de l'inflation aux Etats-Unis : au mois de janvier, le consensus s'attend à ce que l'indice des prix à la consommation ait baissé de 0,1%, le pétrole pesant encore. Hors énergie et alimentation, une hausse de 0,2% est cependant attendue. Reste que l'objectif d'inflation à moyen terme de la Fed est, lui, proche de 2%.

Que fera la Fed, qui devrait ces prochains mois continuer de relever ses taux directeurs comme elle l'a fait en décembre, pour première fois depuis 2006 ? Aurel BGC rapporte que “selon une enquête, réalisée auprès des économistes des primary dealers, le prochain mouvement de la banque centrale américaine sera une hausse de ses taux directeurs mais la probabilité d'un retour de la politique monétaire de taux zéro à horizon de deux ans a fortement augmenté.”

Et Aurel d'ajouter : “Le risque d'un retour à des taux zéro dans les deux prochaines années est désormais estimé à 25% environ, soit son niveau le plus élevé depuis que la Fed a commencé à poser cette question en septembre 2014.” A suivre.

EG

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