Marc Renaud (Mandarine Gestion) : « Nous visons 600 millions d'euros de collecte en 2011 »

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Trois ans après sa création, Mandarine Gestion affiche ses ambitions, notamment au niveau européen. D'autant que les investisseurs reviennent peu à peu sur les marchés actions selon Marc Renaud, président de Mandarine Gestion.

Mandarine Gestion fête ses trois ans d'existence. Depuis, une crise financière inédite est passée par là. Quel premier bilan tirez-vous ?

Marc Renaud : Malgré la crise, notre développement s'est déroulé dans des conditions très satisfaisantes. Nous gérons aujourd'hui 1,8 milliard d'euros d'encours et nous avons collecté 500 millions d'euros l'an dernier. Nos fonds phares -Mandarine Valeur et Mandarine Opportunités- figurent d'ailleurs parmi les plus gros collecteurs français de leur catégorie. Nous sommes une société de gestion dédiée au stock picking. Notre clientèle se répartit de façon équilibrée entre les investisseurs institutionnels (46% des encours) et la distribution (54%).

Que leur proposez-vous ?

M.R: Notre gamme de produits est clairement orientée sur les actions françaises et européennes : Mandarine Valeur (actions européennes value), Mandarine Opportunités (actions françaises de croissance) et Mandarine Unique (actions Small&Mid caps européennes). Nous avons initié un fonds flexible, en association avec Edmond de Rothschild AM (Edram), qui est exposé entre 0 et 60% aux actions. Mandarine Reflex est un fonds prudent qui répond à une demande de la clientèle.

Vous avez également fait le choix de l'investissement socialement responsable (ISR) mais les encours restent faibles. Quelle est votre philosophie en la matière ?

M.R : Les encours restent marginaux mais nous disposons d'une vraie expertise en la matière grâce à notre gérant Patrick Savadoux qui gère Mandarine Engagements, notre fonds ISR mais aussi notre fonds solidaire, Mandarine Capital Solidaire, un FCPR investi dans des entreprises de réinsertion. Ce compartiment a tout à fait sa place dans notre gamme.

Vos objectifs pour 2011 ?

M.R : Nous visons 600 millions d'euros de collecte avec en priorité le souci de la diversification de notre clientèle mais aussi l'accélération de notre déploiement commercial à l'international.

Quels sont vos projets en la matière ?

M.R : Nous allons renforcer notre bureau de Francfort et visons 100 millions d'euros de collecte en 2011. Pour l'Italie et l'Espagne, nous venons de signer avec UFG-LFP un partenariat de distribution des fonds Mandarine Valeur et Mandarine Unique. Aujourd'hui, l'international représente 20% de nos actifs. La mise en oeuvre de UCITS 4 va faciliter notre développement européen. Il y a de l'avenir pour les sociétés de gestion françaises! La réussite de Carmignac Gestion suscite de l'attrait pour les "boutiques" françaises.

Qu'attendez-vous des marchés pour les prochains mois ?

M.R : Nous sommes encore en phase de sortie de récession et les valorisations restent raisonnables. Le contexte est donc plutôt séduisant pour les marchés actions européens. Les investisseurs reviennent peu à peu sur les actions mais pour de mauvaises raisons : les placements monétaires ne sont plus rémunérateurs, les obligations sont moins attractives etc. En effet, nous ne sommes pas à l'abri d'un incident brutal. Les risques de nouvelle flambée du baril et de dérapage inflationniste, et ses conséquences sur les pays émergents, sont à prendre au sérieux.

Votre fonds Mandarine Valeurs est le plus emblématique de la gamme. Quelle est votre stratégie « value » actuelle ?

M.R : Depuis un an et demi, le marché s'est focalisé sur les cycliques industrielles. Ces sociétés ont bénéficié de la reprise et de leur exposition aux pays émergents mais elles ne sont globalement plus sous-valorisées malgré leur potentiel évident. En revanche, on trouve des valeurs sous-valorisées dans le secteur financier. Certes, il faut prendre en compte les contraintes réglementaires (Bâle III) et taxes à venir mais cela ne justifie pas de payer 0,5 fois en Bourse la valeur d'actif d'une banque (vs. 2,5 fois avant la crise, ce qui était aussi excessif). Certaines valeurs défensives restent également décotées parmi les pharmaceutiques ou les grandes majors pétrolières, ce qui n'est pas le cas des télécoms ou des "utilities" qui sont faiblement valorisées mais pour de bonnes raisons.

Propos recueillis par Julien Gautier


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