Marc Renaud (Mandarine Gestion) : " Nous poursuivons notre offensive à l'international"

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(NEWSManagers.com) - 2011 a été une année mécaniquement difficile pour les gestionnaires contrarian et value. Pourtant, compte tenu de la nature de sa gamme de fonds et de sa variété, Mandarine Gestion affiche à la fois une collecte nette et un repli limité de son bénéfice par rapport à 2010. Avec une expansion à l'étranger qui se poursuit méthodiquement.


Newsmanagers : Vous étiez à 2 milliards d'euros d'encours fin mai, mais vos actifs sous gestion ont nettement fondu depuis. Comment l'expliquez-vous ?


Marc Renaud : Nous sommes revenus à 1,4 milliard d'euros en fin d'année après un étiage à 1,3 milliard fin septembre. Nous avons eu quelques sorties, mais sur l'ensemble de l'année nous affichons des souscriptions nettes de l' ordre de 200 millions. En fait, les sorties ont eu lieu en deux temps : de septembre à novembre, elles ont été à 90 % le fait de " stop-loss" de la part de banques privées, tandis qu'en fin d'année, elles ont été surtout imputables aux multigérants. Ceci dit, par rapport à nos encours à fin 2010, qui étaient de 1,5 milliards d' euros, nous avons plutôt bien tiré notre épingle du jeu !


NM : Ce phénomène a-t-il affecté tous vos produits ?


M. R. : Non, le fonds de Joëlle Morlet -Selmer, Mandarine Opportunités, un fonds croissance, a réalisé une jolie collecte au quatrième trimestre, et une belle performance. D'ailleurs, il a désormais franchi le cap des 100 millions d'euros d'encours et il justifie maintenant d'un historique de performance de trois ans, deux conditions pour être visible sur les écrans-radar des sélectionneurs et des consultants. En ce qui concerne mon fonds, Mandarine Valeur, il est revenu de 1,3 milliard à 800 millions d'euros, mais cela est imputable à l'effet de marché : en d'autres termes je n'ai pas eu à " taper" dans le portefeuille pour en gérer des grosses sorties.


NM : Cette fonte des encours n'est-elle quand même pas un peu vexante, pour un gérant-vedette comme vous ?


M. R. : Je suis juste frustré, mais on sait que le style " value" concentre la décote là où il y a de la peur? En fait, les clients acceptent assez bien cette situation, à condition qu'on prenne le soin de la leur expliquer convenablement. En France, je suis assez connu pour être " value contrarian" et pour surpondérer les banques, un secteur qui a été massacré. Et je continue à y croire. En Allemagne en revanche, nous avions atteint, puis dépassé, les 100 millions d'euros. Mais nous avons eu la sortie d'un institutionnel qui a actionné le stop-loss parce que la performance était mauvaise. Cela nous a retardés, certes, mais ne remet pas en cause la stratégie. D'ailleurs, à Francfort nous venons de déménager pour améliorer les locaux, et devrions également recruter une personne en fonction de l' évolution du marché.


NM : Comment a fonctionné votre produit en coopération avec Edmond de Rothschild Asset Management ?


M. R. : Le fonds dont Françoise Rochette d'Edram, Mandarine Reflex, assure l'allocation d'actifs, a bien marché. Il se situe à 190 millions d'euros, ce qui est une belle performance, mais il faut reconnaître qu'il avait atteint un pic de 280 millions au premier semestre, avant de subir une baisse à partir d'août.


NM : Dans un tel contexte, la situation bénéficiaire de Mandarine Gestion ne peut que s'en ressentir?


M. R. : Nous avons, bien évidemment, gagné de l'argent. Un peu moins que les 5 millions d'euros de 2010, d'accord, mais nous devrions afficher un résultat équivalent pour 2011..


NM : Vous venez de mettre en ligne un site Internet trilingue : français, anglais, allemand. Cela signifie-t-il que vous poursuivez votre effort d'internationalisation. En êtes-vous toujours à un quart de vos encours en provenance de l'étranger ?


M. R. : Nous nous situons en ce moment entre 22 et 25 %. Et, oui, bien sûr, nous continuons notre offensive à l'international. Il est bénéfique d'apprendre d'autres pratiques, mais nous voulons le faire à notre rythme. Au passage: nous prévoyons que notre site sera également disponible avant la fin du premier semestre en espagnol et en italien? Nous sommes actifs sur huit pays.


NM : Concrètement, quelle est la répartition actuelle des actifs sous gestion ?


M. R.: Genève est actuellement notre plus gros marché à l'étranger, devant l'Allemagne. De plus, nous avons autour de 20 millions d'euros en provenance d'Italie, d'Espagne et du Portugal, où nous commençons à être distribués par La Française AM, et puis aussi 5 millions en Autriche, où nous venons de prendre pied grâce à un partenaire local.


NM : Nous ne sommes pas rendus aux 22-25 % du total ?


M. R. : Non, bien sûr, parce qu'il y a par exemple eu deux gros mandats britanniques, de Skandia, pour 100 millions d'euros.


NM : Quel est votre effectif, actuellement, à Paris ?


M. R. : Nous sommes désormais 20 " temps pleins.. Nous avons recruté un " middle office" en novembre pour renforcer notre organisation opérationnelle. Pour 2012, nous prévoyons un recrutement dans l'équipe de Joëlle Moret-Selmer, pour la zone euro ou l'Europe.


NM : Comment se répartit votre clientèle ?


M. R. : Elle se compose d'environ 50 % d'institutionnels et de 50 % de " retail" , entre CGP, banques privées et multigérants.


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