Marc Madiot vise 35 victoires en 2014

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Marc Madiot vise 35 victoires en 2014
Marc Madiot vise 35 victoires en 2014

Marc, vous avez vécu une très belle année 2013. Peut-être la plus belle depuis la création de l'équipe... 2013 est effectivement un excellent cru avec 33 victoires et deux maillots de champions de France (sur route et en cyclo-cross). On a aussi terminé deuxième et troisième sur le chrono (ndlr : championnat de France du contre-la-montre), on aurait donc pu faire le hat-trick. C'est une bonne année, mais vous allez me dire : Et le Tour de France ? . Nous n'avons pas été à la hauteur de ce que nous pouvions espérer. J'ai envie de vous dire que certes l'exposition sur le Tour de France est importante pour un partenaire, mais pour la vie et le devenir d'une équipe c'est toute la saison qui compte. Je suis extrêmement satisfait de l'attitude et de l'état d'esprit de mes coureurs tout au long de cette saison. Je tiens mes petites statistiques, et je peux vous dire que dans 95 à 98% des courses qui ont suivis le Tour de France 2013, nous avons été acteurs majeurs. Cela montre la progression et l'investissement de toute l'équipe. Il y a trois ans, on était relégués hors du World Tour. J'avais dit alors qu'il fallait redresser la tête. C'était l'époque on l'on parlait beaucoup dans le peloton « d'équipes française de merde » et de « coureurs français de merde ». Je pense qu'en deux bonnes saisons on a largement redressé la tête. Je suis fier de l'équipe. On peut encore aller plus loin, plus haut et être plus fort. Tout en respectant les règles mises en place. Quels sont les objectifs de cette nouvelle saison ? A la Française des Jeux on aime bien faire monter les chiffres. On va donc se fixer un objectif à 35 victoires. L'idée c'est d'être présent sur tout le calendrier. Faire ce qu'on sait faire sur les classiques flamandes, et essayer de se redéployer sur les épreuves ardennaises. Et puis bien évidemment, on essaiera d'être le plus opérationnel possible sur les trois grands Tours avec comme point d'orgue le Tour de France où on a une petite revanche à prendre. Je suis confiant, l'équipe en a les moyens. On a gagné en maturité et en cohésion. Avec un Thibaut Pinot 2014 différent de celui de 2013 sur le Tour de France et pourquoi pas dans le Top 10 ? Forcément, puisqu'il a gagné en maturité. On verra le résultat en fin d'année, cela ne va pas venir avec un coup de baguette magique mais l'idée est de progresser. Qu'il s'installe de façon durable avec les meilleurs en tête du peloton. Il termine 10eme du Tour de France 2012, là il est rentré dans le Top 10 du Tour d'Espagne (Ndlr : 7eme). A un moment ou un autre, cela devrait pouvoir le faire sur le Tour de France. En 2014 ou plus tard. Mais cela arrivera forcément.

« Il y a une vraie cohésion »

Paris ? Roubaix peut il être un objectif pour l'équipe ? Oui, mais si on peut en gagner avant et après, c'est aussi bien. Paris-Roubaix peut-il convenir dans l'avenir à Arnaud Démare ? C'est en tout cas son ambition... Avec l'évolution qu'il peut avoir, je l'espère, le souhaite et je le crois. Il a des qualités physiques au-dessus de la moyenne, une bonne pointe de vitesse, il est adroit, passe bien les pavés et il a cette sensibilité pour les classiques. A un moment ou à un autre, çà peut être productif. Comment vous situez-vous par rapport aux grosses équipes internationales ? Je pense qu'on se rapproche de ce qui se fait de mieux. Il y a 3 ou 4 équipes au-dessus du lot, parce qu'ils ont des moyens supérieurs. Mais en capacité de développement sportif, on a ce qu'il faut pour se rapprocher d'elles dans les années qui viennent. L'idée qu'on essaye de promouvoir, c'est de garder nos meilleurs éléments pour progresser.

La détection est un facteur important pour la FDJ... L'ADN de l'équipe, c'est de faire confiance aux jeunes et progresser avec eux dans le temps. Ce n'est pas un hasard si sur les 30 coureurs de l'effectif 2014, 18 sont passés pros à la Française des Jeux et 16 de ceux là n'ont pas connu d'autre maillot. Il y a une vraie cohésion qui s'installe dans le temps avec les coureurs. Quand on demande à un coureur de nous rejoindre, ce n'est pas seulement pour dire qu'on signe des néo-pros, mais pour s'installer dans le temps.

« Le cyclisme français a redressé la tête »

Vous allez être attendu cette saison... Depuis deux ou trois , le cyclisme français a redressé la tête. Il faut insister. Ce n'est pas parce qu'on est Français qu'on est plus mauvais que les autres. On est en capacité de faire des résultats dans tous les types de courses. Il y a un nouveau développement de la culture cycliste en France. Il y a une vraie éclosion de talents, notamment chez les sprinteurs. Surtout, j'ai l'impression que les jeunes ont pris conscience qu'il n'y avait pas que le Tour de France, mais aussi tout un calendrier qui permet de s'exprimer. Sur la dernière Vuelta, il y a eu quatre victoires d'étapes pour des Francais. Cela montre qu'on est en capacité de s'exporter et de réussir au-delà des frontières. On ne doit plus avoir peur de dire qu'on veut gagner des courses.

2013, c'est aussi la fin de carrière de Sandy Casar. Quel message voulez-vous lui passer ? Il y a de cela un an on fêtait le départ de Frédéric Guesdon, qui va nous rejoindre de temps en temps en tant que directeur sportif. Aujourd'hui on salue le magnifique parcours de Sandy Casar. Ce n'était pas un grand bavard, même un peu ronchon quelques fois à l'arrière du bus. En général, quand il commençait à être ronchon, c'est qu'il avait de bonnes jambes. Je me dois de le remercier publiquement, parce que dans les années difficiles il ne s'est jamais plaint de ne pas forcement être dans les mêmes conditions que les autres, et il s'est toujours employé à nous sauver la mise. Rien que pour son attitude et son obstination, j'ai envie de lui dire : merci Sandy.

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