Marc Fiorentino (Euroland Finance): "Il n'y a pas de plan européen"

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Pour Marc Fiorentino, président d'Euroland Finance, le plan européen n'est pas un plan de relance mais une annonce de marketing.

Comment analysez-vous le refus de l’Allemagne de se joindre au plan de relance européen ?

Marc Fiorentino : Tout d’abord il faut noter qu’il n’y a pas de véritable plan de relance européen. Il s’agit aujourd’hui d’une annonce marketing et cosmétique, mais qui n’a aucune réalité économique. Tout d’abord sur les 200 milliards d’euros annoncés, seulement 30 milliards sont du ressort de l’Union Européenne. Tout le reste n’est qu’une accumulation de sommes qui avaient déjà été prévues. Ce plan n’est rien d’autre qu’un effet d’annonce. Du point de vue anglo-saxon, la position prise est de dire que la situation est d’une gravité sans précédent, qu’il faut des plans de relance massifs pour éviter la déflation, même si cela implique une aggravation du déficit budgétaire et une explosion de leur dette. La position allemande est de dire que relancer l’économie en accentuant les déficits et en détériorant la dette, c’est créer la crise dans 5 ans.

En ayant un raisonnement comme l’Allemagne n’y a-t-il pas aussi un risque d’aggravation de la crise actuelle ?

M. F. : En apparence c’est un risque. En effet, compte tenu de la gravité de la crise, se poser la question de savoir ce que sera la situation dans 4-5 ans est un peu prématuré. Or il va tout de même y avoir un problème de financement des Etats sur le marché. L’Allemagne fait en quelque sorte un arbitrage entre un ralentissement économique fort et une crise de financement des Etats. En effet, si un pays n’arrive pas à organiser son refinancement, la situation peut devenir véritablement très grave.

Pourquoi l’Europe a-t-elle opté pour un plan si peu ambitieux d’après vous ?

M. F. : Le problème est qu’il n’y a pas de structure européenne capable de prendre une décision en matière de plan de relance. Il ne peut pas y avoir de solution européenne mais seulement des solutions nationales. Cette annonce marketing de plan de relance européen n’est qu’une réponse au plan américain, bien plus ambitieux. Il aurait fallu une agglomération de solutions nationales.

La France a annoncé 20 milliards d’euros pour relancer l’économie. Ce plan est-il suffisant ?

M. F. : Si la France délivre réellement 20 milliards d’euros, c’est très bien. En revanche, l’Etat avait annoncé un premier plan de 25 milliards d’euros pour les PME, somme qui n’a encore jamais été débloquée. J’ai donc des doutes par rapport au déblocage de cette somme de 20 milliards. Il y a eu beaucoup d’annonces, mais la question est de savoir combien il y a aujourd’hui en argent frais.

A l’inverse de l’Europe, le plan américain n’est-il pas un peu trop généreux (700 milliards de dollars avec le Plan Paulson, 700 milliards de dollars promis par Barack Obama et 800 milliards de dollars de la Fed), avec pour risque de mettre les banques littéralement sous perfusion ?

M. F. : Ce n’est pas trop par rapport à la crise. Le système américain repose sur le crédit et aujourd’hui il n’y a plus de crédit. La machine s’est totalement arrêtée. La seule solution ne peut être apporter que par l’Etat et c’est exactement ce qu’il fait.

Quelles sont vos perspectives pour 2009 ?

M. F. : Nous allons connaître une récession mondiale. Il n’y a pas de doute là-dessus. En revanche, les Etats-Unis auront quelques trimestres avec des bouffées d’oxygène.

Comment cela va se traduire sur les marchés actions ?

M. F. : Je confirme mon objectif d’un rebond technique à 4500 points dans les 6 mois.



Propos recueillis par Lucie Morlot


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