Marc Favard (Meeschaert AM) : « Il y a une fenêtre de tir sur les marchés actions »

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La fenêtre de tir reste favorable pour revenir sur les marchés actions et investir sur certaines valeurs sanctionnées de manière injustifiée selon Marc Favard, président du directoire et directeur des gestions chez Meeschaert Asset Management.

Les dernières statistiques mensuelles sur les ventes de logements neufs aux Etats-Unis ont fait état d'une progression plus forte que prévu. Obama évoque pour la première fois "le début de la fin" de la récession. L'économie américaine voit-elle le bout du tunnel selon vous ?

Marc Favard : On peut effectivement espérer que l'amélioration du marché de l'immobilier aux Etats-Unis constitue un catalyseur au second semestre. Le marché du crédit, la courroie de transmission financière, s'est remis à fonctionner : les primes de risques se détendent de manière significative. A cinq ans, on est passé en moyenne de 950 points de base en mars à 632 actuellement. Les fonds obligataires High Yield connaissent un retour en grâce. Autre élément rassurant, la politique monétaire va rester accommodante pendant un certain temps. C'est un élément favorable qui facilitera la reprise économique et contribuera à une mobilité plus grande des capitaux, des placements monétaires vers les actions ou les obligations. On peut tabler sur une embellie au second semestre mais les inquiétudes risquent ensuite de refaire surface.

Vous n'excluez donc pas un scénario en W ?

M.F : Les plans de relance vont produire tous leurs effets dans la deuxième partie de l'année. Ils vont se conjuguer avec un phénomène de restockage massif dans les entreprises après le violent mouvement de déstockage dont on sort à peine. Il faut enfin préciser que les effets de bases seront favorables dans la mesure où la crise a commencé en septembre 2008. Mais on craint effectivement les retours de bâtons. Les craintes sur l'accroissement de l'endettement des Etats pourraient ébranler la confiance dans la capacité des Etats à se financer à moyen terme.

Le marché a t-il intégré tous ces paramètres ? On a connu tout de même ces derniers jours une hausse importante et continue des indices. Trend haussier durable ?

M.F : On devrait continuer à recevoir et intégrer quelques bonnes nouvelles. Il y a une fenêtre de tir favorable pour les trois-quatre prochains mois. Or, le consensus des économistes reste très prudent. Le marché ne « price » pas encore un retournement du marché immobilier américain et craint toujours une hausse des taux à long terme. Beaucoup d'investisseurs ne sont pas encore revenus sur les actions. Si la peur a disparu, les portefeuilles restent largement sous-investis en actions.

Dans ce contexte, quelle est votre allocation d'actifs ?

M.F : Pour un portefeuille diversifié à cinq ans, on peut disposer d'une exposition à 60/65% sur les marchés actions, le reste devant être investi sur du crédit à horizon 2/3 ans.

Quels types de valeurs vous intéressent ?

M.F : Nous nous intéressons aux thématiques de « stress », c'est à dire les sociétés qui ont suscité beaucoup d'inquiétudes sur leurs bilans mais qui sont positionnées sur des secteurs porteurs et ont fait la preuve de leur résistance. Dans le secteur des boissons, je pense à des titres comme Pernod Ricard, valeur défensive bien implantée dans les pays émergents, ou Carlsberg qui affiche une valorisation inférieure à ses concurrents. Il y a eu des inquiétudes sur l'activité du brasseur parce qu'il est très exposé au marché russe ! Idem pour une valeur relativement endettée comme Veolia pour les utilities et qui est une bonne façon de jouer la thématique de l'économie verte. Le secteur automobile a subi un « stress » très intense et certaines valeurs n'ont pas encore rebondi comme l'équipementier Faurecia.

Et hormis les valeurs « stressées » ?

M.F : J'apprécie Eurotunnel mais pour les qualités de la concession. Le management a fait un excellent travail de restructuration de la dette. Dans l'aéronautique, je reste favorable à l'italien Finmeccanica et à EADS. Malgré les risques d'annulations de commandes, je pense que l'A380 sera un vrai succès commercial et générateur de fortes marges. Dans le secteur des technologiques, Gemalto devrait bénéficier de la croissance de la téléphonie 3G. La société est bien implantée dans l'univers bancaire et la sécurité. Du côté des éditeurs de logiciels, nous aimons bien SAP et Dassault Systèmes qui profitent de la récurrence de leur activité.

Propos recueillis par Julien Gautier

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