Manuel Veth : "Le pire tournoi en matière de hooliganisme depuis 1998"

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Manuel Veth : "Le pire tournoi en matière de hooliganisme depuis 1998"
Manuel Veth : "Le pire tournoi en matière de hooliganisme depuis 1998"

Ça y est, les Russes sont partis. L'occasion de faire le bilan avec un peu de recul sur les événements de Marseille, les racines et les motivations du hooliganisme russe, avec Manuel Veth, spécialiste de la question.

Avant le début de l'Euro, une carte circulait sur Twitter et expliquait comment les groupes ultras moscovites allaient se répartir la France, tu peux nous expliquer ?
Les ultras des grands clubs de Moscou se sont mis d'accord pour se partager le territoire français, en l'occurrence ceux du Lokomotiv, du Spartak et du CSKA. Ils ont pris chacun une zone. Le Lokomotiv par exemple avait tout le Sud-est. Et puis il y a une zone libre dans laquelle sont Bordeaux et Toulouse, dans laquelle tout le monde peut aller.

Comment ça s'est organisé ?
Ils ont organisé ça avant le tournoi, sur des forums essentiellement. Pas besoin de se voir en personne, il y a des forums d'ultras sur lesquels ils se donnent rendez-vous. Ils postent juste ce qu'ils vont faire. Ça marche comme transfermarkt où tu parles de transferts. Eux, ils coordonnent leurs actions à venir sur ces sites, où ils vont se retrouver, où ils vont se battre etc. Il y a en a plein sur Google, tu suis ultrazone sur Twitter, c'est très facile à trouver. Ces forums ne sont pas cachés.


Tu penses que la police française n'a pas assez surveillé en amont, qu'il y a eu des failles dans la sécurité ?
Si la police française a surveillé ses forums, elle devait savoir ce qui allait se passer, ce sont des infos qui sont très faciles à trouver. Je ne crois pas que cela soit juste de mettre cela sur le compte de l'incompétence de la police française, je pense qu'ils ont surveillé ces forums. Je pense en revanche que la task force a sous-estimé l'ampleur du problème, ils n'ont pas réalisé que Marseille était une boite de Pandore, une cocotte minute. Il y avait une réunion de facteurs explosifs réunis ensemble : les ultras locaux, les jeunes des quartiers, les fans anglais et les Russes, c'était un cocktail compliqué qui a sans doute été sous-estimé. Mais peut-être qu'il était juste impossible de faire mieux, de solutionner ce problème. A un degré moindre, il s'est passé la même chose à Lille. La différence, c'est peut-être aussi que les locaux n'ont pas provoqué et ne sont pas intervenus à Lille.

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