Manuel Valls veut réformer les statistiques policières

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MANUEL VALLS COMPTE ACCÉLÉRER LA RÉFORME DES STATISTIQUES POLICIÈRES
MANUEL VALLS COMPTE ACCÉLÉRER LA RÉFORME DES STATISTIQUES POLICIÈRES

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a annoncé mercredi l'accélération de la réforme des statistiques de la délinquance et dit sa volonté de mettre fin à la "culture du chiffre" mise en place sous l'autorité de Nicolas Sarkozy.

Présentant ses grandes orientations aux cadres de la police et de la gendarmerie, il a voulu lever les doutes sur ses intentions réformatrices et a insisté sur "l'urgence" d'agir pour faire reculer les violences.

"A la politique du chiffre, je veux substituer une exigence de sécurité", a-t-il dit, précisant que l'objectif était d'adopter un "nouvel outil de pilotage" qu'il veut plus pertinent que les précédents dès le 1er janvier 2013.

Manuel Valls a assuré qu'une large concertation aurait lieu avec l'Observatoire national de la délinquance (ONDRP), l'Insee, les parlementaires et des chercheurs.

Les nouveaux indicateurs, "plus affinés", devraient permettre de faire un tri plus pertinent au sein de la catégorie "violences", devenue un sujet de polémique politique permanent.

"Il faut sortir de l'instrumentalisation politique et médiatique permanente de données, trop hétérogènes pour être significatives", a-t-il dit.

La mise en place du nouvel outil pourrait être retardée par celle des nouveaux logiciels de rédaction de procédure, qui ne devrait être effective qu'à la fin 2013, a précisé le ministre.

Manuels Valls a également décidé de généraliser la pré-plainte en ligne engagée par le précédent gouvernement dès le 1er janvier, affirmant qu'il assumerait la hausse probable des statistiques de la délinquance qui en découlerait.

Rompant avec ses positions droitières de ces dernières semaines, Manuel Valls a tenu à se démarquer clairement, devant les cadres des forces de l'ordre, de Nicolas Sarkozy et de ses prédécesseurs.

Il a dit vouloir mener une politique de sécurité "réactive, mais sereine et inscrite dans la durée, sans céder aux effets d'annonce".

"Tout ne se fera pas en un jour, d'un coup de baguette magique", a-t-il dit en reprenant le leitmotiv du chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault.

Le ministre de l'Intérieur a également insisté sur le respect de la déontologie, précisant qu'il bannirait le tutoiement envers les jeunes faisant l'objet d'un contrôle.

"Si les forces de l'ordre doivent être protégées et respectées, elles doivent être, quant à elles, toujours exemplaires et respectueuses", a-t-il dit.

Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser

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