Manuel Valls va défendre ses choix économiques à Bruxelles

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MANUEL VALLS VA DÉFENDRE LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE DE LA FRANCE À BRUXELLESMANUEL VALLS VA DÉFENDRE LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE DE LA FRANCE À BRUXELLES
MANUEL VALLS VA DÉFENDRE LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE DE LA FRANCE À BRUXELLESMANUEL VALLS VA DÉFENDRE LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE DE LA FRANCE À BRUXELLES

par Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Manuel Valls va défendre mercredi à Bruxelles la politique économique de la France pour conforter le répit accordé au pays sur le front budgétaire et tenter d'apaiser la grogne de nombre de ses partenaires qui jugent cette clémence injuste.

Le Premier ministre devrait promettre de respecter la nouvelle trajectoire budgétaire définie par la Commission et les Vingt-Huit, qui reporte à fin 2017, soit après le quinquennat de François Hollande, l'obligation de ramener le déficit sous la limite de 3% du produit intérieur brut.

Il devra aussi convaincre l'exécutif européen, loin d'être unanime pour l'octroi d'un nouveau répit à Paris, que l'élan des réformes ne faiblira pas, alors que les annonces faites jusqu'à présent par le gouvernement n'augurent pas de bouleversement.

"Le Premier ministre rappellera le maintien d'un cap clair fondé sur une conviction: la France doit se réformer. Elle a commencé à le faire, elle va continuer et rien ne viendra interrompre ce mouvement", affirme-t-on à Matignon.

A quatre jours du premier tour des élections départementales en France qui pourrait se traduire dans un vote massif en faveur du Front national, Manuel Valls donnera aussi "sa vision de ce que doit être l'Europe, son projet pour l'Europe".

Il s'entretiendra avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avant de déjeuner avec le collège des commissaires -une première le concernant.

Sur de nombreux sujets comme la flexibilité accrue du marché du travail ou l'indemnisation du chômage, les dirigeants français ont souligné que les leviers étaient d'abord dans les mains des partenaires sociaux.

L'échec des récentes négociations sur le dialogue social laisse cependant au gouvernement une relative liberté pour élaborer la future loi du ministre du Travail, François Rebsamen, et placer le curseur où il le désire, notamment sur les "seuils" sociaux accusés de brider les embauches.

SOUTIEN DE L'ALLEMAGNE

Le gouvernement pourrait aussi passer de nouveau en force sur la loi Macron, grâce à l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution en deuxième lecture, pour la compléter.

Mais dans ce dossier comme pour la loi Rebsamen, rien de révolutionnaire n'a pour l'instant filtré.

Face aux commissaires européens, dont certains ont dit en privé leur irritation envers la France, Manuel Valls pourra appuyer sa démonstration sur l'analyse macroéconomique faite par la France depuis 2012: la nécessité d'ajuster la contrainte budgétaire pour ne pas tuer la reprise.

Une idée encore renforcée selon les Français par la panne d'inflation dans la zone euro mais qui ne l'a toujours pas emporté dans les instances européennes.

L'Europe et ses dirigeants, en majorité conservateurs, restent convaincus que les réformes structurelles telles l'assouplissement du marché du travail ou la baisse des dépenses publiques sont un préalable au redémarrage économique, comme le prouvent selon eux les exemples irlandais ou espagnol.

La Banque centrale européenne tire elle aussi dans ce sens et prévient que l'assouplissement de sa politique portera les pays qui se sont réformés sans faire de miracle pour les autres.

La France ne doit pas s'abriter derrière la bouffée d'air offerte par les baisses concomitantes de l'euro, du pétrole et des taux pour oublier de se réformer, a ainsi insisté Benoît Coeuré, membre français du directoire de la BCE.

Soucieuse de ménager Paris, Berlin a choisi d'accompagner François Hollande dans ses réformes sans s'opposer au choix de lui donner deux ans de plus pour rentrer dans les clous.

Un soutien crucial qui s'explique aussi par l'inquiétude que suscite à Berlin la montée du Front national.

Mais nombre de pays européens ont fait connaître leur mécontentement face à ce qu'ils considèrent comme un passe-droit, alors qu'eux-mêmes ont eu à appliquer à la lettre les règles européennes.

A ceux qui accusent Paris d'avoir bénéficié d'un traitement de faveur, l'entourage de Manuel Valls répond que "la France n'a bénéficié d'aucune exonération, d'aucun exemption".

(Edité par Yves Clarisse)

par Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Manuel Valls va défendre mercredi à Bruxelles la politique économique de la France pour conforter le répit accordé au pays sur le front budgétaire et tenter d'apaiser la grogne de nombre de ses partenaires qui jugent cette clémence injuste.

Le Premier ministre devrait promettre de respecter la nouvelle trajectoire budgétaire définie par la Commission et les Vingt-Huit, qui reporte à fin 2017, soit après le quinquennat de François Hollande, l'obligation de ramener le déficit sous la limite de 3% du produit intérieur brut.

Il devra aussi convaincre l'exécutif européen, loin d'être unanime pour l'octroi d'un nouveau répit à Paris, que l'élan des réformes ne faiblira pas, alors que les annonces faites jusqu'à présent par le gouvernement n'augurent pas de bouleversement.

"Le Premier ministre rappellera le maintien d'un cap clair fondé sur une conviction: la France doit se réformer. Elle a commencé à le faire, elle va continuer et rien ne viendra interrompre ce mouvement", affirme-t-on à Matignon.

A quatre jours du premier tour des élections départementales en France qui pourrait se traduire dans un vote massif en faveur du Front national, Manuel Valls donnera aussi "sa vision de ce que doit être l'Europe, son projet pour l'Europe".

Il s'entretiendra avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avant de déjeuner avec le collège des commissaires -une première le concernant.

Sur de nombreux sujets comme la flexibilité accrue du marché du travail ou l'indemnisation du chômage, les dirigeants français ont souligné que les leviers étaient d'abord dans les mains des partenaires sociaux.

L'échec des récentes négociations sur le dialogue social laisse cependant au gouvernement une relative liberté pour élaborer la future loi du ministre du Travail, François Rebsamen, et placer le curseur où il le désire, notamment sur les "seuils" sociaux accusés de brider les embauches.

SOUTIEN DE L'ALLEMAGNE

Le gouvernement pourrait aussi passer de nouveau en force sur la loi Macron, grâce à l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution en deuxième lecture, pour la compléter.

Mais dans ce dossier comme pour la loi Rebsamen, rien de révolutionnaire n'a pour l'instant filtré.

Face aux commissaires européens, dont certains ont dit en privé leur irritation envers la France, Manuel Valls pourra appuyer sa démonstration sur l'analyse macroéconomique faite par la France depuis 2012: la nécessité d'ajuster la contrainte budgétaire pour ne pas tuer la reprise.

Une idée encore renforcée selon les Français par la panne d'inflation dans la zone euro mais qui ne l'a toujours pas emporté dans les instances européennes.

L'Europe et ses dirigeants, en majorité conservateurs, restent convaincus que les réformes structurelles telles l'assouplissement du marché du travail ou la baisse des dépenses publiques sont un préalable au redémarrage économique, comme le prouvent selon eux les exemples irlandais ou espagnol.

La Banque centrale européenne tire elle aussi dans ce sens et prévient que l'assouplissement de sa politique portera les pays qui se sont réformés sans faire de miracle pour les autres.

La France ne doit pas s'abriter derrière la bouffée d'air offerte par les baisses concomitantes de l'euro, du pétrole et des taux pour oublier de se réformer, a ainsi insisté Benoît Coeuré, membre français du directoire de la BCE.

Soucieuse de ménager Paris, Berlin a choisi d'accompagner François Hollande dans ses réformes sans s'opposer au choix de lui donner deux ans de plus pour rentrer dans les clous.

Un soutien crucial qui s'explique aussi par l'inquiétude que suscite à Berlin la montée du Front national.

Mais nombre de pays européens ont fait connaître leur mécontentement face à ce qu'ils considèrent comme un passe-droit, alors qu'eux-mêmes ont eu à appliquer à la lettre les règles européennes.

A ceux qui accusent Paris d'avoir bénéficié d'un traitement de faveur, l'entourage de Manuel Valls répond que "la France n'a bénéficié d'aucune exonération, d'aucun exemption".

(Edité par Yves Clarisse)

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  • lorant21 le mercredi 18 mar 2015 à 09:08

    le choix de ne rien faire?

  • M2266292 le mercredi 18 mar 2015 à 08:59

    Il ne propose rien. Que va t'il faire? Il est aussi performant que le mal rasé. = 000

  • M9035148 le mercredi 18 mar 2015 à 08:46

    Flanby m'a dit : continuons à faire semblant.....

  • M9035148 le mercredi 18 mar 2015 à 08:45

    j'aime tout le monde , j'ai choisi de ne rien faire .....

  • M3182284 le mercredi 18 mar 2015 à 08:43

    "J'ai choisi de ponctionner 55% de la richesse du pays pour me faire réelire par le vote de 98% des populations musulmanes de France" :pouvez vous reformuler, Mr le directeur de cabiten?

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