Manuel Valls tente d'enrôler les partenaires sociaux

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MANUEL VALLS VA TENTER DE CONVAINCRE LES PARTENAIRES SOCIAUX
MANUEL VALLS VA TENTER DE CONVAINCRE LES PARTENAIRES SOCIAUX

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Trois jours après son discours de politique générale, Manuel Valls s'efforcera ce vendredi d'enrôler les partenaires sociaux dans le grand défi de son gouvernement, relancer l'emploi et l'investissement tout en contenant les dépenses publiques.

Le nouveau Premier ministre a hérité d'une feuille de route largement définie sous son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault, et mise comme lui sur le dialogue social pour l'appliquer.

Il a affiché mardi une volonté d'accélérer la mise en oeuvre d'un pacte de responsabilité qui suppose, en contrepartie de baisses de charges pour les entreprises, des négociations dans les branches sur l'emploi, l'investissement et la formation.

Il promet aux entreprises 20 milliards d'euros de crédit d'impôt compétitivité emploi (Cice), 10 milliards d'euros de baisses de cotisations et 8,5 milliards de réduction d'impôts.

A quoi s'ajoutera une diminution progressive du taux de l'impôt sur les sociétés et la suppression de plusieurs dizaines de petites taxes à faible rendement.

Un programme plutôt bien accueilli par les organisations patronales, même si le Medef se dit "vigilant" et souhaite un calendrier plus rapide, tandis que la CGPME regrette que ce pacte fasse, selon elle, la part belle aux grands groupes.

"L'Etat a pris ses responsabilités, aux employeurs de tenir leurs engagements", a lancé Manuel Valls mardi aux députés. "Les négociations doivent s'engager dans les prochaines semaines."

Il a précisé mercredi en conseil des ministres que ces négociations devraient aboutir à des objectifs quantitatifs et qualitatifs, notamment en matière d'embauche des jeunes et de gestion prévisionnelle des emplois.

CONFÉRENCE SOCIALE

Un "observatoire national tripartite" présidé par le Premier ministre veillera à la mise en oeuvre de ces engagements.

Le chef du gouvernement a précisé qu'une "grande conférence sociale" ferait le point en juin sur la dynamique ainsi créée.

Seuls deux syndicats, la CFDT et la CFTC, ont signé un accord avec le patronat sur les contreparties à négocier.

Ce qui n'empêche pas le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, de demander au gouvernement des précisions sur la mise en oeuvre du pacte et du futur observatoire.

CGT et Force ouvrière (FO) ont réaffirmé quant à elles leur opposition au pacte et aux 50 milliards d'euros d'efforts sur les dépenses publiques en trois ans promises par le précédent gouvernement et réaffirmées par Manuel Valls.

"Le choix qu'a fait ce Premier ministre, c'est de continuer les politiques précédentes, qui nous conduisent à l'échec et qui ont été refusées (...) lors des élections municipales", dit le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, qui annonce des actions revendicatives, notamment le 1er mai.

"Les contreparties relèvent de l'illusion (...) La logique d'austérité perdure", renchérit FO, qui craint une fragilisation de la protection sociale.

Pour ces deux centrales, les cinq milliards d'euros de baisse de cotisations salariales et d'allègements d'impôts promis pour les plus pauvres pèsent trop peu dans la balance.

Quant à la CFE-CGC, revenue sur sa décision initiale de signer l'accord sur le pacte avec le patronat, elle déclarait mercredi avoir le sentiment que "l'encadrement et la classe moyenne (continuaient) de se faire plumer".

Le syndicat de l'encadrement dit attendre de son rendez-vous avec Manuel Valls qu'il donne "de l'espoir et de la confiance" aux classes moyennes, aux techniciens et aux cadres.

SEUILS

Comme les autres syndicats, la CFDT et la CFTC s'interrogent sur le programme d'économies et demandent des précisions, en particulier pour les volets santé et prestations sociales dans lesquels Manuels Valls a annoncé 21 milliards d'euros de coupes.

Les syndicats sont pratiquement unanimes à faire d'un éventuel prolongement du gel du point d'indice des agents de la fonction publique un casus belli.

Sept syndicats appellent d'ailleurs les cinq millions de fonctionnaires français à manifester et à faire grève le 15 mai pour exiger l'ouverture de négociations salariales dans la fonction publique et des mesures de rattrapage.

Autre question en suspens: quel sera le sort de la promesse électorale de François Hollande, menacée par l'ampleur des réductions budgétaires envisagées, de créer 60.000 postes dans l'Education nationale pendant son quinquennat ?

Manuel Valls propose par ailleurs l'ouverture rapide de négociations sur la simplification et l'amélioration du fonctionnement des instances représentatives du personnel et la prise en compte des responsabilités syndicales dans la carrière.

Ces discussions porteront aussi sur les seuils d'effectifs, un frein à l'embauche, notamment dans les PME, qui se plaignent du supplément de contraintes entraîné par le passage à 10, 20 ou 50 salariés. Elles devront aboutir d'ici fin 2014.

Le Premier ministre demande enfin l'ouverture ce printemps d'une négociation sur le développement de la participation et de l'intéressement et sur la réforme de l'épargne salariale.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • coco123 le vendredi 11 avr 2014 à 09:18

    marine affolée par l arrivée de manu qu elle considère pire que le sarco fage ...

  • mlaure13 le vendredi 11 avr 2014 à 09:18

    Absolument OK avec la philosophie de Bruxelles, et de l’Allemagne..On est des traînes savates (PS et consort) le seul Pays des cigales du SUD, qui ne veut pas rentrer dans les clous de la sagesse par démagogie et mauvaise gestions des finances du Pays...Honte à nos dirigeants Mafieux/Rentiers et spoliateurs ...Vivement que nous soyons sous tutelle du FMI/UE !!!...

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