Manuel Valls révoque le policier Michel Neyret

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LE COMMISSAIRE MICHEL NEYRET RÉVOQUÉ
LE COMMISSAIRE MICHEL NEYRET RÉVOQUÉ

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a décidé vendredi de révoquer le policier Michel Neyret, mis en examen pour trafic de drogue et corruption, auquel il reproche de ne pas avoir eu un comportement exemplaire.

Le ministre devait trancher après l'avis d'une commission de discipline qui a préconisé la sanction la plus lourde à l'encontre de l'ancien n°2 de la police judiciaire de Lyon, écroué durant près de huit mois et placé aujourd'hui sous contrôle judiciaire en attendant son procès.

"Après avoir pris connaissance de l'avis du conseil de discipline de la police nationale, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a décidé la révocation du commissaire Michel Neyret", indique le ministère dans un communiqué.

Auparavant, Manuel Valls avait dit au micro de RTL: "J'agirai en regardant de près ce dossier, mais avec évidemment une idée principale, c'est que au-delà des carrières qui parfois sont de très grande qualité, à ce niveau-là, un policier ne l'a pas été."

Le commissaire Neyret ne l'a pas été, "je crois que c'est assez évident", a-t-il insisté.

Le dossier, une des procédures judiciaires les plus graves ayant jamais visé la police française, a été totalement validé par la cour d'appel de Paris.

Selon ses avocats, le commissaire Neyret admet certains faits qui lui sont reprochés, comme l'utilisation de drogue pour rémunérer des indicateurs et ce qu'il appelle un "péché d'amitié" avec certaines personnes. Mais il explique qu'il a agi dans le cadre de son métier de policier.

Après avoir eu son client au téléphone une fois connue la décision de Manuel Valls, un avocat de Michel Neyret a dit avoir "senti dans la voix de cet homme de l'émotion, de la tristesse mais aussi de l'amertume. Et cela se conçoit aisément".

"Cela signifie la négation de ce qu'il a accompli pendant 30 ans", a poursuivi Me Gabriel Versini.

"Comme si, en fait, il n'avait pas traversé 30 ans de vie policière, 30 ans de lutte contre la délinquance. C'est quand même lourd de signification", a-t-il ajouté.

L'accusation impute à Michel Neyret des faits - notamment le commerce de drogue - allant au-delà des pratiques habituelles envers des indicateurs.

L'ancien numéro deux de la PJ lyonnaise aurait tiré profit de renseignements tirés de fichiers de police et en aurait fourni à deux personnes réputées proches du milieu lyonnais.

Il aurait bénéficié d'un séjour dans un luxueux hôtel de Marrakech, de montres de prix et de la mise à disposition de voitures de luxe sur la Côte d'Azur.

Tout en assurant que Michel Neyret avait la volonté de "continuer à se battre", Gabriel Versini a déclaré: "Il est en train d'accuser le coup."

Thierry Lévêque, Gérard Bon et Nicolas Bertin, édité par Bertrand Boucey

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  • paumont1 le samedi 8 sept 2012 à 08:04

    cette histoire me fait penser, je ne sais pourquoi à un certain Nixon...

  • charleco le vendredi 7 sept 2012 à 21:45

    C'est l'éternel problème : pour piquer les voyous, ne faut-il pas être aussi voyou qu'eux? (dans le sens de malin). S'ils veulent mettre des enfants de coeur pour faire le boulot, on n'est pas dans la mouise! S'il avait donné ses cadeaux reçus à une oeuvre, ça serait sans doute différent. C'est quand même difficile de coffrer des types qui vous offrent des séjours gratos... c'est là qu'il faut être un peu voyou.

  • speedy36 le vendredi 7 sept 2012 à 20:10

    normal !!!! mais tout a fait humain, que valls lui a laissé le droit à la retraite, pas besoin de double peine -- un salarié de privé qui est pris la main dans la caisse, ne perds pas ses droits à la retraite !!!!