Manuel Valls inquiet de la manifestation contre le mariage gay

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VALLS INQUIET À LA VEILLE DE LA MANIFESTATION CONTRE LE MARIAGE GAY
VALLS INQUIET À LA VEILLE DE LA MANIFESTATION CONTRE LE MARIAGE GAY

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a redit samedi son inquiétude à la veille de la manifestation contre le mariage des couples homosexuels à Paris et a déconseillé aux familles de s'y rendre avec leurs enfants.

Le ministre de l'Intérieur a fait état de menaces d'actions de groupes d'extrême droite et de menaces de mort adressées à des personnalités impliquées dans le débat.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait auparavant mis en garde les responsables de l'UMP contre les risques de débordements.

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a condamné par avance toute éventuelle violence et dénoncé dans le même temps "cette façon de jouer sur les peurs", après les mises en garde de l'exécutif.

"Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur sont saisis de panique. Ils se livrent donc à des tentatives inacceptables de pression et d'intimidation pour tenter de décourager" les manifestants, écrit le président du premier parti d'opposition dans un communiqué.

L'UMP est divisée sur l'opportunité de manifester contre une loi déjà promulguée et certains de ses dirigeants ont jugé que le parti n'aurait pas dû appeler à défiler.

Trois cortèges doivent rejoindre l'Esplanade des Invalides. Quelque 4.500 policiers et gendarmes seront mobilisés pour prévenir les heurts avec des groupes d'extrême droite.

"Nous craignons des actions, des initiatives de groupes d'extrême droite", a dit Manuel Valls, dont les propos étaient diffusés sur France Info. "La vérité m'oblige à dire mon inquiétude face à ces menaces physiques, verbales, des menaces de mort qui ont concerné plusieurs personnalités."

"Je déconseille aux familles avec des enfants de se rendre à cette manifestation", a ajouté le ministre de l'Intérieur.

BARJOT MENACÉE

Samedi soir, une dizaine de sympathisants du "Printemps français", frange radicale du mouvement, a tenté de bloquer la circulation sur les Champs-Elysées, utilisant des fumigènes, a-t-on appris auprès de la préfecture de police. Ils ont été rejoints par plusieurs dizaines d'autres opposants au mariage gay. La police est intervenue et a procédé à une cinquantaine d'interpellations.

Frigide Barjot, figure médiatique de la mobilisation contre le mariage homosexuel, a annoncé vendredi qu'elle ne manifesterait pas, en raison de menaces de la part de radicaux qui jugent qu'elle a tenu des propos trop conciliants.

L'"union civile" qu'elle propose désormais pour les homosexuels, qui les priverait du droit à l'adoption, est considérée par certains comme une trahison et lui ont valu, selon elle, des menaces de mort.

Un responsable de l'organisation a cependant déclaré que celle qui a participé à toutes les manifestations, dont celle qui a réuni le 24 mars 1,4 million de personnes selon les organisateurs et 300.000 selon la police, manifesterait dimanche.

Jean-Marc Ayrault a assuré que "tout est fait pour assurer la tranquillité, la sécurité de cette manifestation", lors d'un déplacement en Seine-Saint-Denis, et a souligné la responsabilité de l'UMP.

"Je dis aux responsables de l'UMP qui ont voulu durcir le ton qu'ils prennent un risque, donc je les mets en garde", a dit le chef du gouvernement.

Jean-François Copé a pour sa part souligné que les manifestants seraient dans leur très grande majorité pacifiques et a dénoncé tout "amalgame". "Je condamne par avance toutes les formes de provocation, toutes les formes de tension, toutes les formes de violence", a-t-il dit.

Vendredi soir, une centaine de sympathisants du "Printemps français avaient manifesté devant le siège parisien du Grand Orient de France, supposé soutenir la loi, pour appeler à la résistance. Manuel Valls avait annoncé le matin même qu'une interdiction du "Printemps français" allait être étudiée.

La loi promulguée le 18 mai a fait de la France le 14e pays au monde à autoriser le mariage de couples homosexuels. Une première union sera célébrée le 29 mai à Montpellier (Hérault).

Jean-Baptiste Vey et Eric Faye, avec Nicolas Bertin

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  • M3366730 le samedi 25 mai 2013 à 19:49

    Il n'a qu'à faire son boulot !

  • mcarre1 le samedi 25 mai 2013 à 19:41

    "le printemps français" frange radicale? Par curiosité je suis allé sur leur site, ils prônent la non-violence! J'espère que les CRS seront tout aussi "radicaux" pour une fois.

  • _SOS_ le samedi 25 mai 2013 à 19:13

    Tous à paris demain !!!

  • _SOS_ le samedi 25 mai 2013 à 19:13

    "Je déconseille aux familles avec des enfants de se rendre à cette manifestation" : ben voyons !

  • .jpeg le samedi 25 mai 2013 à 16:31

    La crispation sur le sujet vient pourtant de leur manière de pratiquer. Il faut être gonflé pour dire aujourd'hui que le risque vient du fait des manifestations.

  • dhote le samedi 25 mai 2013 à 16:07

    Le gouvernement et tout le PS aimeraient bien cacher leur incompétence derrière des incidents de rue quitte à les provoquer.