Manuel Valls imprime sa marque au premier conseil des ministres

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MANUEL VALLS IMPRIME SA MARQUE D'EMBLÉE
MANUEL VALLS IMPRIME SA MARQUE D'EMBLÉE

par Elizabeth Pineau et Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a imprimé vendredi sa marque au premier conseil des ministres de son ère, mais son désir de cohérence devra composer avec le pouvoir discordant des fortes personnalités de son équipe et ses propres différences avec François Hollande.

Les 16 ministres du nouveau gouvernement, dont les nouveaux venus Ségolène Royal et François Rebsamen, ont sacrifié au rituel de la photo de famille avant de se déclarer en choeur "soudés", au "combat" et au "travail" devant les journalistes.

Ils seront rejoints par une dizaine de secrétaires d'Etat, nommés mercredi prochain et qui seront conviés deux jeudis par mois à une réunion de l'ensemble du gouvernement.

"Cohérence, efficacité, rapidité de l'action publique sont les enjeux de cette seconde étape du quinquennat", a dit François Hollande, qui a demandé aux ministres de se rendre sans tarder sur le terrain.

Le nouveau porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a parlé de "seconde étape" du quinquennat illustrée par "un gouvernement compact, une cohérence gouvernementale totale et surtout une volonté de donner aux Français le sens de l'action qui sera conduite avec un objectif : redonner de la confiance".

"VALLS DOIT FAIRE DU VALLS", DIT HOLLANDE

Le discours de politique générale du Premier ministre, mardi, "fixera les enjeux et les grandes lignes" de la politique gouvernementale et précisera la mise en oeuvre du "pacte de responsabilité et de solidarité", a-t-il ajouté.

Manuel Valls a obtenu le feu vert du conseil des ministres pour demander la confiance aux députés, une procédure permettant d'éviter un vote sur le seul "pacte" qui risque de provoquer une rébellion d'une partie de sa majorité.

Le président et le nouveau Premier ministre, deux personnalités très différentes, ont affiché leur complicité en posant pour les photographes à l'intérieur de l'Elysée.

"Valls doit faire du Valls. Il ne doit pas faire différemment. S'il est nommé, c'est pour faire ce qu'il sait faire", a dit François Hollande, cité dans Le Monde du 4 avril.

Les deux hommes ont opéré ensemble une rupture en demandant à leurs partenaires européens un nouveau délai, le troisième, pour ramener les déficits à 3% du PIB, un objectif qui devait jusqu'à présent être atteint en 2015.

Mais Manuel Valls, l'homme des transgressions avec ses critiques des 35 heures, a aussi fait montre d'indépendance en recevant jeudi l'homme d'affaires Matthieu Pigasse, banquier de gauche auteur d'un livre en forme de brûlot contre le chef de l'Etat dont il désapprouve les choix économiques.

Le Premier ministre, qui a ouvert les portes d'entrée de l'hôtel de Matignon, désormais visible de la rue, veut aussi révolutionner les prises de décisions, jugées trop lentes et trop complexes sous son prédécesseur Jean-Marc Ayrault.

ARBITRAGES "RESTREINTS" À MATIGNON

Les arbitrages devront faire l'objet d'un travail "en amont, très tôt", de manière "à ce que les arbitrages de Matignon soient restreints", expliqué Stéphane Le Foll.

Le nouveau gouvernement à peine nommé, des frictions sont apparues entre les poids lourds qui le composent.

Le portefeuille du Commerce extérieur, revendiqué par les ministères de l'Economie et des Affaires étrangères, a finalement été attribué à ce dernier, dirigé par Laurent Fabius.

Malgré les doutes exprimés depuis l'annonce d'un ministère de l'Economie et des Finances bicéphale, Arnaud Montebourg a promis un "tandem de choc" avec Michel Sapin.

"Nous sommes les deux jambes d'un même corps", a assuré le ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique devant une caméra de BFM-TV conviée dans sa voiture.

Connue pour son intrépidité, Ségolène Royal, nouvelle ministre de l'Ecologie, a surpris jeudi en se prononçant pour une "remise à plat" de l'"écotaxe", dispositif sur le principe du "pollueur-payeur" qui a provoqué une levée de boucliers à l'automne dernier, notamment en Bretagne.

L'ancienne candidate du PS à l'élection présidentielle de 2007 n'a pas dit un mot en marge du conseil des ministres.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • kwatao le vendredi 4 avr 2014 à 15:47

    sa marque ? le blabla et l'arrogance pour cacher l'absence totale de résultats ? oui c'est bien sa marque.

  • fgino le vendredi 4 avr 2014 à 15:02

    c'est vrai hollandouille a déjà perdu 2 ans de palabres pour simplement sortir le mariage Homo mais ça c'était la faute à SARKO puis ZAyrault alors avec Waltz ça va tourner plus vite !!