Manuel Valls hué lors de l'hommage aux victimes de Nice

le , mis à jour à 17:09
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    * Des cris "démission" visent Manuel Valls à Nice 
    * Les pompiers et policiers applaudis 
    * Les hommages spontanés se multiplient à Nice 
 
 (Actualisé avec réaction Manuel Valls) 
    par Matthias Galante 
    NICE, 18 juillet (Reuters) - L'hommage national aux 84 
victimes de l'attentat du 14 juillet a été marqué lundi à Nice 
par les huées qui ont visé le Premier ministre Manuel Valls sur 
la Promenade des Anglais, où une minute de silence a été 
observée. 
    C'est la première fois que des participants à une cérémonie 
en hommage aux victimes d'attentats, comme ceux de janvier et 
novembre 2015, expriment leur colère envers l'exécutif et, pour 
certains, l'ensemble de la classe politique.  
    Le Premier ministre a jugé ces comportements "indignes". 
    "La colère des Français, la peur, le désespoir, c'est à moi, 
c'est à nous de les prendre sur nos épaules. Des enfants sont 
morts, des familles ont été déchirées par la barbarie. Ma place 
était d'être parmi les Niçois. Mais il faut de la dignité", 
a-t-il dit à Nice Matin. "Les sifflets, les insultes, sont 
indignes dans une cérémonie de recueillement et un hommage aux 
victimes". 
    L'attaque commise par Mohamed Lahouaiej Bouhlel, qui a foncé 
au volant de son camion sur la foule rassemblée sur la Promenade 
des Anglais à l'occasion des festivités du 14-Juillet, a fait 84 
morts et plus de 300 blessés. 
    François Hollande a pour sa part observé cette minute 
nationale de silence Place Beauvau avec le ministre de 
l'Intérieur Bernard Cazeneuve. 
    A Nice, Manuel Valls a été d'abord hué à son arrivée sur les 
lieux, où se pressaient 42.000 personnes, selon la mairie. 
    Ce moment de colère a laissé place à de longs 
applaudissements en direction des pompiers et des forces de 
sécurité, puis à une Marseillaise reprise en choeur et au chant 
local "Nissa la Bella".  
    Mais lors du départ du Premier ministre, les sifflets ont 
redoublé, ponctués de "démissions" au passage de l'importante 
délégation d'élus nationaux, régionaux et locaux. 
    Des pancartes visaient également le chef de l'Etat, 
proclamant "Hollande démission". "Monsieur Valls, faites quelque 
chose, y en a marre !", a crié plus tard une femme alors que le 
Premier ministre s'éloignait. 
     
    "IL FALLAIT QUE JE SOIS LA" 
    "Ces attentats, ce sont des choses annoncées depuis 
longtemps. On baisse la tête, je suis en colère contre tous les 
gouvernements qui se succèdent depuis plus de dix ans", s'est 
écrié Yannick, quadragénaire parisien.  
    Un peu plus loin, devant le Palais de la Méditerranée à 
l'endroit où le tueur a été abattu, un mausolée symbolisant le 
meurtrier cristallise les tensions. 
    Il s'agit d'une sorte d'exutoire, affublé du mot "lâche" 
tagué sur le goudron, où les gens jettent des pierres, crachent, 
lancent les cigarettes. Et s'invectivent parfois en tenant des 
propos extrêmes.  
    Parmi la centaine de personnes présentes autour de cette 
stèle inattendue, un homme écoute, la voix tremblante. "Ma femme 
et mon fils sont morts à quelques mètres de là, tout s'est joué 
en si peu de temps", confie-t-il. 
    La cérémonie fait également office de début de thérapie pour 
des blessés. "Je n'étais pas sorti depuis quatre jours, explique 
Bruno 53 ans. Je suis tombé à cause d'un problème de hanche, ce 
qui m'a sauvé car le camion est passé tout près. Être dans la 
foule me stresse, mais il fallait que je sois là". 
   Des survivants présents sur place ont dit avoir trouvé un peu 
de réconfort dans les marques d'hommage spontanées qui se 
multiplient sur la Promenade des Anglais. 
   Des quantités impressionnantes de fleurs, de bougies et de 
petits mots parsèment les deux funestes kilomètres, en lieu et 
place des dépouilles retrouvées par les secours et où l'on 
devine encore les tâches de sang.  
   Les fleuristes niçois ont apporté leur touche avec des 
dizaines d'imposantes gerbes blanches déposées depuis l'hôpital 
Lenval où le terroriste avait entamé son périple meurtrier. 
"C'est pour redonner de la joie" indique Frédérique, l'une des 
commerçantes impliquée dans l'opération.  
 
 (avec Gérard Bon à Paris, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M3435004 il y a 5 mois

    Qui sème le vent récolte la tempête.

  • ANOSRA il y a 5 mois

    Normal, il a osé dire qu'il fallait s'habituer à ces risques d'attentat, curieuse façon de lutter efficacement contre le terrorisme alors qu'il se sait à l'abri à Matignon ou dans ses déplacements !

  • xk8r il y a 5 mois

    on a ce que l'on mérite

  • M940878 il y a 5 mois

    rien de plus logique