Manuel Valls frappe fort pour tenter de redonner confiance

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PARIS (Reuters) - Manuel Valls a présenté mardi devant les députés un programme daté et chiffré, fidèle aux promesses non encore tenues de François Hollande, mêlant mesures pour les plus modestes et respect des engagements budgétaires dans la durée.

Dans une déclaration volontariste de 47 minutes, le nouveau Premier ministre français a annoncé la redistribution de cinq milliards d'euros aux plus pauvres, une baisse des charges pour les entreprises et un élagage des collectivités territoriales.

Il a dans la foulée obtenu massivement la confiance de l'Assemblée nationale par 306 voix pour et 239 contre, les radicaux de gauche et une majorité des écologistes complétant le gros des troupes socialistes qui sont finalement restées solidaires, après avoir émis des réserves sur son profil.

Soucieux de répondre aux problèmes d'emploi et de pouvoir d'achat plutôt que d'aborder des questions sociétales qui ont dominé, et parfois brouillé, le début du quinquennat, Manuel Valls a dit vouloir tenir compte du message des élections municipales de mars marquées par une forte abstention, une débâcle du Parti socialiste et une poussée du Front national.

"Trop de souffrance, pas assez d'espérance, telle est la situation de la France", a dit Manuel Valls, une semaine jour pour jour après avoir succédé à Jean-Marc Ayrault.

"J'ai entendu leur voix. J'ai aussi entendu leur silence. Ils se sont prononcés contre l?impuissance politique. Ils veulent des résultats concrets en matière d'emploi, de lutte contre la précarité, de vie chère".

"LA CONFIANCE EST LA CLEF DE TOUT"

C'est "le coeur battant pour la France" que l'ancien ministre de l'Intérieur a demandé la confiance des députés, dont beaucoup à l'aile gauche du PS avaient exprimé leurs doutes.

"La confiance est la clef de tout. Je veux la donner à travers vous", a insisté le nouveau chef d'un gouvernement resserré de 16 ministres, qui sera complété mercredi par la nomination d'une dizaine de secrétaires d'Etat.

Manuel Valls s'est engagé à poursuivre le redressement des finances publiques d'ici 2017 sans casser la reprise économique.

"Je suis pour le respect de nos engagements, pour le sérieux budgétaire, pas pour l'austérité", a-t-il dit, confirmant que les dépenses publiques diminueraient de 50 milliards d'euros sur la période 2015-2017.

L'effort "partagé par tous" sera réparti à hauteur de 19 milliards entre l'Etat, l'assurance maladie (10 milliards) et les collectivités locales (10 milliards).

Alors que l'objectif d'un déficit public ramené à 3,0% du PIB semble difficile à atteindre pour 2015 comme convenu avec la Commission européenne, il a évoqué le "nécessaire équilibre" entre croissance et redressement des comptes publics que la France va "expliquer" à ses partenaires européens.

Manuel Valls a confirmé que les allègements sur le coût du travail seraient portés à 30 milliards d'euros d'ici 2016 dans le cadre du pacte de responsabilité.

Les cotisations sociales patronales seront supprimées au niveau du smic et le barème des allègements existants jusqu'à 1,6 smic sera modifié en conséquence. Travailleurs indépendants et artisans bénéficieront d'une baisse de plus de trois points de leurs cotisations famille dès 2015.

SUPPRESSION DE LA MOITIE DES RÉGIONS

Pour réduire le train de vie de l'Etat, Manuel Valls a annoncé la réduction, d'ici 2017, de la moitié des régions métropolitaines, actuellement au nombre de 22. La suppression des départements est annoncée pour 2021.

Le nouveau Premier ministre ne n'est pas attardé sur le contenu de sa politique de transition énergétique, "priorité" réaffirmée dont il a confié la conduite à Ségolène Royal après un refus des Verts de participer à son gouvernement.

Une véritable "stratégie bas carbone" sera présentée au Parlement, a-t-il toutefois annoncé.

Pour ce qui de la réforme des rythmes scolaires, dont la mise en oeuvre pose problème, Manuel Valls a promis un assouplissement du cadre réglementaire "après les concertations nécessaires avec les enseignants, les parents et les élus".

Le nouveau Premier ministre de 51 ans a conclu sa déclaration par un touche personnelle en évoquant son mentor, Georges Clémenceau, et en rappelant ses origines espagnoles.

"La France a cette même grandeur qu'elle avait dans mon regard d?enfant. C'est pourquoi j'ai voulu devenir français et être Premier ministre d'un gouvernement de la France."

L'opposition a annoncé qu'elle se battrait contre ce programme jugé insuffisant.

"Dites-vous bien que vous êtes aujourd?hui la dernière cartouche du Président Hollande", a déclaré François Sauvadet, président par interim du groupe UDI. "Si vous veniez à échouer dans les six prochains mois, alors il n?y aurait pas d?autre alternative que la dissolution de l?Assemblée nationale et le retour devant le peuple français."

(Service France, édité par Yves Clarisse)

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