Manuel Valls et Christiane Taubira au chevet de Marseille

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MARSEILLE (Reuters) - Manuel Valls et Christiane Taubira se sont rendus ensemble vendredi à Marseille pour faire front contre l'insécurité, plus que jamais d'actualité dans la cité phocéenne.

Le ministre de l'Intérieur avait déjà choisi Marseille pour son premier déplacement en province, en mai. Il y est revenu, en compagnie de la ministre de la Justice, pour lancer les zones de sécurité prioritaires et installer un préfet de police aux pouvoirs étendus.

"C'est le quatrième préfet en deux ans, on ne peut pas considérer que c'est la bonne méthode, il faut de la continuité", a-t-il expliqué. "Mais, à une nouvelle organisation, il m'a semblé qu'il fallait une nouvelle impulsion".

Manuel Valls a précisé la "feuille de mission" confiée à Jean-Paul Bonnetain, le nouveau préfet de police de Marseille, un poste créé dans le cadre du plan gouvernemental destiné à enrayer la violence endémique qui sévit dans la ville.

Contrairement à son prédécesseur, Alain Gardère, qui était préfet délégué, Jean-Paul Bonnetain est un préfet "de plein exercice" placé directement sous l'autorité du ministre de l'Intérieur et qui a compétence sur l'ensemble du département des Bouches-du-Rhône.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a également annoncé ce mois-ci l'envoi en renfort de 205 policiers et gendarmes ainsi que la création de deux zones de sécurité prioritaire (ZSP) dans les quartiers du nord et du sud de la ville.

Manuel Valls a précisé que ces renforts policiers, qui devraient se mettre en place "dans les prochaines semaines", seront des redéploiements de personnels volontaires.

"Il s'agit ici de lutter contre les criminalités, le néo-banditisme, ses trafics de drogue et d'armes qui visent à s'approprier le marché de la drogue et un certain nombre de territoires. Il s'agit aussi de lutter contre tous les effets d'un trafic qui génère beaucoup d'argent", a dit le ministre de l'Intérieur.

"Cela concerne aussi tous ces clients qui viennent se fournir et consommer dans les quartiers. Personne ne doit se sentir tranquille. Je parle des voyous et des caïds, mais aussi de ceux qui alimentent le trafic".

Il s'est déclaré conscient du "travail de très longue haleine" nécessaire pour mettre un terme à une "situation insupportable pour les Marseillais et intolérable pour le pays".

"Cela mettra du temps, je ne veux pas m'enfermer dans un calendrier. Mais en tout cas je veux des résultats, pas des chiffres mais des résultats", a conclu Manuel Valls.

Jean-François Rosnoblet, édité par Gilles Trequesser

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